Le brésil capture l'alcool


Créé en 1975, au lendemain du premier choc pétrolier, le programme national Pro- Alcool du Brésil a cherché à développer une alternative au pétrole.

Une filière de combustible renouvelable, fondée sur l’éthanol et obtenue à partir d’alcool de canne à sucre. Volontariste, mêlant aides directes aux producteurs sucriers et surtaxes du gazole et du super, un plein d’éthanol coûte presque 2 fois moins cher qu’avec de l’essence normale, l’initiative a permis au Brésil de maintenir une -relative - indépendance énergétique. Aujourd’hui 22 % des véhicules, majoritairement des poids lourds, roulent à l’alcool. De quoi rendre le pays autosuffisant sur 70 % de ses besoins en transports routiers.

Dans les faits, cette expérience grandeur nature de biocarburants n’est pas si idyllique.

Elle est tout d’abord très polluante. “Chaque litre d’éthanol produit 13 litres de résidus hautement polluants et rejetés dans les cours d’eau” rapporte Novethic. Grassement subventionnée, la culture de canne à sucre s’est répandu sur toutes terres disponibles.

Sinon plus. Profitant aux grands propriétaires terriens et bousculant l’agriculture vivrière des petits exploitants. Enfin, la qualité de l’éthanol produit est à ce point disparate, inégale, que le secteur de la voiture individuelle préfère les modèles à essence.

Des écueils à méditer pour toute politique industrielle de distillation de la biomasse. La mise au point d’un moteur bi-carburant - le “Flexfuel”, qui fonctionne autant à l’essence qu’au l’alcool hydraté - va peutêtre changer la donne. En parallèle à la flambée des cours du pétrole, durant les huit premiers mois de l’année 2004, 24 % des voitures neuves vendues au Brésil étaient équipées de ce nouveau moteur. D’abord réticents, Volkswagen, Fiat, Ford, Renault ont sorti des modèles à motorisation bi-combustible.

Début novembre, la première Clio “Flexfuel” est sortie des chaînes de montage. Des versions Scenic et Logan suivront en 2005. Un premier avion fonctionnant à l’éthanol, l’Iparema, a été conçu par le constructeur brésilien Embraer.

La production actuelle de l’éthanol est répartie entre 320 usines, qui traitent 389 millions de tonnes de cannes à sucre. Soit 40 % de la production mondiale. Le Brésil s’est fixé l’objectif d’augmenter sa production de biocarburant de 55 %. C’est à dire passer de 154 millions d’hectolitres à 240 millions. Marché visé : l’exportation. Destination la Chine par exemple.

Cet article est extrait de effervesciences

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