Sans doute la première source d' énergie
utilisée par les hommes, la géothermie repose sur la
capacité permanente, pour les couches de l' épiderme
terrestre, de réchauffer de l' eau infiltrée.
De nouvelles techniques permettent de profiter des moindres gradients
thermiques ou au contraire de rechercher profondément des capacités
énergétiques de grande ampleur.
La géothermie peut se définir simplement comme l'exploitation
de la chaleur contenue naturellement dans le sous-sol.
Cette chaleur est produite pour l'essentiel par la radioactivité
naturelle des roches constituant l'écorce (ou croûte)
terrestre. Elle provient également, pour une faible part,
des échanges thermiques avec les zones internes de la Terre,
dont les températures s'étagent de 4 300 °C à
1 000 °C.
Gradient géothermal et
flux de chaleur terrestre
La présence de chaleur dans le sous-sol se traduit par des
manifestations de surface (volcans, fumerolles, geysers, sources
chaudes, ...) bien connues, mais aussi et surtout par une augmentation
constante de la température avec la profondeur.
Cette augmentation de température ou gradient géothermal
est en moyenne de l'ordre de 30°C par km et peut atteindre dans
certains zones (zones volcaniques notamment) jusqu'à plusieurs
centaines de °C par km. plusieurs centaines de °C par km.
Le flux de chaleur terrestre - c'est à dire la quantité
de chaleur, par unités de surface et de temps, transmise
des profondeurs vers la surface - est de l'ordre de 0,060 W/m2 ;
son intensité est ainsi environ 7 000 fois moins importante
que celle du flux de chaleur dû au rayonnement solaire. Contrairement
à l'énergie du soleil, l'énergie géothermale
est donc plus une énergie stockée qu'une énergie
renouvelable. Son potentiel, théoriquement disponible, reste
cependant absolument considérable.
Gisement géothermal
La chaleur terrestre n'est en principe exploitable que lorsque
les formations géologiques qui constituent le sous-sol renferment
des aquifères dans lesquels circule de l'eau.
L'eau présente - et qui s'est réchauffée au
contact des roches - peut alors être captée au moyen
de forages. On véhicule ainsi la chaleur emmagasinée
des profondeurs vers la surface pour ensuite l'exploiter.
C'est la raison pour laquelle on parle de ressources géothermales
ou de gisement géothermal.
Un gisement géothermal est constitué de trois
éléments principaux :
- une source de chaleur
- une roche réservoir
- un fluide
La source de chaleur peut être, soit simplement le flux de
chaleur terrestre local, soit une intrusion magmatique à
très haute température (> 600 °C), relativement
proche de la surface (moins de 5 km).Le réservoir est une
formation rocheuse perméable, appelée aussi aquifère,
et dans laquelle doit circuler un fluide.
La perméabilité est soit :
- une perméabilité de pores (le fluide géothermal
imprègne les pores de la roche dans lesquels il circule -
cas du calcaire, du grès, ...),
- une perméabilité de fractures ou de fissures (le
fluide géothermal circule dans la roche fracturée
ou fissurée - cas du granite par exemple).
Le fluide géothermal se présente, selon la
température et la pression dans le réservoir, soit
sous forme de vapeur, soit sous forme de liquide ou soit sous la
forme d'un mélange des deux. Les fluides géothermaux
sont le plus souvent des eaux dites "météoriques"
(eau de pluie, généralement) qui ont pénétré
et circulé dans la croûte terrestre et se sont réchauffées
au contact des roches. Ils contiennent des éléments
chimiques dissous (sels minéraux, gaz) acquis au cours de
la circulation du fluide au contact de la roche réservoir.
Les premières formes d'utilisation de la géothermie
se perdent dans la nuit des temps (sources chaudes pour leurs vertus
curatives, cuisson et séchage des aliments grâce aux
fumerolles, récupération de soufre...), mais ce n'est
qu'au début du XXème siècle - avec notamment
les premiers essais de production d'électricité sur
le site de Larderello en Toscane en 1904 - qu'un développement
industriel de la géothermie commence sérieusement
à être envisagé.
La géothermie va progressivement se développer dans
plusieurs directions ; la grande variété des ressources
géothermales existantes offrant la possibilité de
couvrir un grand nombre d'usages et cela à l'aide de nombreuses
techniques de valorisation.
LA PRODUCTION D'ÉLECTRICITÉ
Nature des ressources exploitées
C'est principalement la domaine de la géothermie haute énergie.
Les ressources géothermales exploitées sont contenues
dans des gisements situés à une profondeur généralement
comprise entre 1 000 m et 3 000 m.
Le fluide géothermal y circule dans des fractures et se présente
le plus souvent sous la forme d'un mélange d'eau et de vapeur
d'eau, à une température comprise entre 200 et 350
°C (Cf. page précédente le schéma d'un
gisement géothermal dit de " haute énergie ").
Ces gisements se rencontrent dans des zones de volcanisme actif
ou ancien ou dans des zones de tectonique active (c'est à
dire aux frontières des plaques tectoniques). Exemple : "la
ceinture de feu" - zone qui circonscrit l'Océan Pacifique
avec la présence d'une activité volcanique (et géothermique)
en Nouvelle-Zélande, en Indonésie, aux Philippines,
au Japon, au Katchamka, dans les îles Aléoutiennes,
en Alaska, Californie, Mexique, Amérique centrale, et dans
la Cordillère des Andes.
Les mêmes zones, mais un peu moins chaudes peuvent donner
lieu à des gisements dits de moyenne énergie. Les
ressources géothermales se présentent alors sous forme
d'eau chaude dont la température est comprise entre 90°C
et 180°C. Elles peuvent être exploitées pour des
usages thermiques, mais elles le sont le plus généralement
pour de la production d'électricité.
Les principales techniques utilisées
Deux techniques de conversion thermo-électrique sont utilisées
:
la technique du cycle à vapeur d'eau, où le fluide
géothermal est directement utilisé pour produire de
l'électricité par détente dans une turbine
de sa fraction vapeur. Cette technique est utilisée pour
la valorisation des gisements haute énergie.
La puissance électrique unitaire des installations varie
de quelques MW à plusieurs dizaines de MW.
á la technique du cycle de Rankine à fluide organique (ou
cycle à fluide binaire) - pour la valorisation des ressources
de moyenne énergie.
Le fluide géothermal cède préalablement sa
chaleur à un second fluide - présentant la propriété
de se vaporiser à faible pression. En se détendant
dans une turbine, ce second fluide assure alors la conversion thermo-électrique
de l'énergie qu'il a reçue.
La puissance électrique unitaire des installations varie
de quelques centaines de kW à quelques MW.
Situation de la filière
La production d'électricité d'origine géothermale
est une activité présente dans une vingtaine de pays.
La puissance mondiale installée s'élève à
environ 10 000 MW, pour une production annuelle de l'ordre de 50
TWh ; ce qui fait actuellement de cette énergie la troisième
source de production d'électricité d'origine renouvelable
après l'hydroélectricité et la biomasse.
En France, ce secteur d'activité concerne plutôt les
DOM (Martinique, Guadeloupe et Réunion), avec notamment le
site de Bouillante en Guadeloupe (15 MW installés).
LES USAGES THERMIQUES
Nature des ressources exploitées
Contrairement aux ressources précédentes, les ressources
géothermales exploitées pour des usages thermiques
se rencontrent plutôt dans des zones géologiquement
stables ou calmes.
Les différents types de gisements exploités sont
les suivants :
á Dans les grands bassins sédimentaires, la succession des
terrains montre la présence fréquente de couches poreuses
et perméables (calcaires, grès, conglomérats,
sables, ...) contenant des aquifères.
La température du fluide géothermal peut être
comprise entre 50 et 100 °C pour des profondeurs de l'ordre
de 1 000 à 2 500 m.
Ces gisements sont de grande extension et ils offrent généralement
une grande continuité horizontale, ce qui permet d'extrapoler
les données connues en un site à d'autres sites voisins.
Leur exploitation est uniquement à usages thermiques (chauffage
d'habitations, de serres agricoles, pisciculture, utilisation dans
des processus industriels, ...) ; on parle dans ce cas là
de géothermie basse énergie.
L'exemple type est le réservoir du Dogger dans le Bassin
Parisien : situé entre 1 500 et 2 000 m de profondeur, il
s'étend sur environ 15 000 km2. L'eau qu'il renferme présente
une température moyenne de 70 °C et des débits
voisins de 200 m3/h par puits (voire plus) . Cette ressource est
principalement exploitée pour des utilisations de chauffage
urbain avec réseau de chaleur (plus de trente installations
sont actuellement en service).
Plus près de la surface, des nappes aquifères peu
profondes dont la température est comprise entre 10 et 30
°C peuvent être également exploitées au
moyen de pompes à chaleur, généralement pour
le chauffage et/ou la climatisation d'immeubles. C'est le domaine
de la géothermie très basse énergie.
Les gisements de basse et très basse énergies sont
largement répandus à la surface du globe terrestre.
C'est ce type de gisements que l'on trouve majoritairement en France
avec deux bassins sédimentaires importants (le Bassin Parisien
et le Bassin Aquitain) renfermant à différentes profondeurs
plusieurs réservoirs, et en surface de nombreuses nappes
aquifères (nappes alluviales des grands fleuves - Rhin, Seine,
Rhône - nappes de la craie, nappes des calcaires de Beauce,
etc.)
Les principales utilisations
Les usages thermiques de la géothermie sont très
nombreux.
Le chauffage des bâtiments
Le chauffage de bâtiments par géothermie peut être
assuré soit de façon centralisée par le biais
de réseaux de chaleur (on valorise plutôt dans ce cas
des ressources géothermales basse énergie), soit de
façon plus individuelle (sont alors valorisées des
ressources plus superficielles par le biais de pompes à chaleur).
Les réseaux de chaleur géothermiques
Le chauffage des habitations, à l'aide de réseaux
de chaleur, est le premier poste d'utilisation de la géothermie
en France (environ 150 000 logements sont ainsi chauffés).
C'est un secteur important pour quelques pays dans lesquels existent
des ressources à proximité de zones largement urbanisées,
comme en France, en région parisienne, ou en Islande, à
Riekjavik.
Pour fixer un ordre de grandeur, une opération-type de la
région parisienne permet de chauffer environ 4 000 à
5 000 logements. Outre le chauffage, ces opérations peuvent
aussi couvrir des besoins en eau chaude sanitaire.
Les pompes à chaleur sur eau de nappe
L'utilisation de ressources géothermales dont la température
est inférieure à 30 °C (cas des nappes superficielles
ou nappes phréatiques, et des nappes peu profondes) nécessite
l'emploi de pompes à chaleur, compte tenu du faible niveau
de température de la ressource.
Une pompe à chaleur (ou PAC) est un système thermodynamique
qui permet de prélever de la chaleur à bas niveau
de température (cas des ressources géothermales précédemment
citées) pour la transférer dans un autre milieu à
un niveau de température plus élevé. On assure
ainsi le chauffage de locaux.
Une pompe à chaleur peut aussi fonctionner dans l'autre sens
- on parle, dans ce cas, de pompe à chaleur réversible
- elle peut assurer alors la climatisation ou le rafraîchissement
de ces mêmes locaux (prélèvement de chaleur
dans les locaux - d'où rafraîchissement - et rejet
de la chaleur prélevée dans la nappe).
En France, on dénombre plusieurs milliers d'installations
de ce type. Elles concernent principalement les grand et moyen tertiaires
(immeubles de bureau, bâtiments de santé, hôtellerie,
voire grandes surfaces commerciales) - et depuis plus récemment,
l'habitat collectif.
Parmi les opérations emblématiques de cette technique,
on peut citer par exemple, le bâtiment abritant le Parlement
Européen à Strasbourg, l'immeuble du siège
de la société Avantis à Lyon, plusieurs tours
du quartier de la Défense, sans oublier bien évidemment
la Maison de la Radio à Paris.
Le chauffage de serres
La chauffage des serres constitue une cible privilégiée
pour la géothermie dans la mesure où les besoins en
énergie y sont élevés. Ainsi sous nos latitudes,
il faut en moyenne 200 tonnes de fioul par hectare et par an pour
les cultures maraîchères et environ 400 tonnes/ha/an
pour les cultures florales ; la croissance optimale des plantes
est fonction de la température et varie selon le type de
culture - par exemple, l'optimum de croissance s'obtient à
14 °C pour la laitue, 20 °C pour la tomate, 28 °C pour
le concombre.
Plusieurs opérations de ce type existent en France (à
Aigueperse, Lodève, Lamazère par exemple).
Le chauffage de bassins de pisciculture ou d'aquaculture
La pisciculture est également une application bien adaptée
à la géothermie. Une augmentation de la température
de quelques degrés et surtout son maintien à un niveau
constant produit un accroissement du métabolisme chez les
poissons et les crustacés.
De plus, pour les animaux de nos climats qui passent durant l'hiver
par un stade de repos physiologique, le maintien dans une eau chaude
aura pour conséquence de prolonger toute l'année leur
possibilité de croissance. A titre d'exemple, le maintien
d'un bassin d'élevage de saumons à 15°C permet
leur mise sur le marché dans un délai de 6 à
12 mois.
Comme pour le chauffage de serres, plusieurs opérations
existent aussi en France - notamment en région Aquitaine
- L'installation la plus importante est celle de Mios le Teich près
du Bassin d'Arcachon où sont élevés des esturgeons
à la fois pour la consommation de leur chair et pour la fabrication
de caviar.
En permettant la création de telles activités, qu'il
s'agisse de pisciculture ou de cultures sous serres - elles-mêmes
créatrices d'emplois - la géothermie participe aussi,
outre son intérêt énergétique, au développement
économique local.
A titre d'exemple, une exploitation de pisciculture (élevage
de poissons d'ornement d'eau douce) créée en 2001,
à Argelouse dans les Landes, et utilisant un ancien puits
pétrolier, réhabilité, délivrant de
l'eau chaude à 50 °C pour alimenter 10 000 m2 de bassins
d'élevage a permis la création, à terme, d'une
quarantaine d'emplois.
Situation de la filière géothermie-chaleur
En 2000, la puissance thermique mondiale installée était
de l'ordre de 16 000 MW. Elle se trouvait répartie dans plus
de cinquante pays, avec comme pays leaders les Etats-Unis (33 %
de la puissance mondiale installée), la Chine (17%), l'Islande
(9%) et la Turquie (5%).
Cette puissance installée correspondait à une production
d'énergie annuelle évaluée à 45 TWh,
plaçant, pour les usages thermiques, la géothermie-chaleur
au deuxième rang des énergies renouvelables, après
la biomasse.
En 2000, l'Union Européenne projetait un doublement de sa
capacité installée pour 2010.
L'élargissement récent de l'Union Européenne
aux pays d'Europe Centrale, dont certains sont dotés de ressources
géothermales basse énergie très importantes
(Hongrie, Slovaquie, en particulier), devrait contribuer à
atteindre cet objectif.
GÉOTHERMIES DES ROCHES PEU OU PAS PERMÉABLES
La plupart des formations rocheuses qui constituent la croûte
terrestre sont peu ou pas perméables, c'est à dire
qu'elles ne renferment pas d'eau en quantité suffisante pour
permettre, par le biais de forages, l'extraction de la chaleur contenue
dans le sous-sol.
En l'absence d'eau naturelle, deux voies sont cependant possibles
pour permettre cette extraction :
- installer dans le sol des capteurs enterrés (réseaux
de tubes) dans lequel va circuler, en circuit fermé, un fluide
caloporteur. La chaleur captée est alors transférée
par le biais d'une pompe à chaleur au milieu à chauffer.
C'est le domaine des pompes à chaleur dites " à
capteurs enterrés " .
- Recréer les conditions de réservoirs géothermiques
naturels (par fracturation hydraulique de formations rocheuses peu
perméables, afin d'en augmenter la perméabilité)
dans lesquels serait injectée depuis la surface de l'eau
qui serait ensuite récupérée chaude après
son passage dans le réservoir créé.
C'est le domaine de la géothermie profonde des roches fracturées.
LES POMPES À CHALEUR SUR CAPTEURS ENTERRÉS
Les capteurs peuvent être implantés horizontalement
ou verticalement (dans ce dernier cas, on parle de sonde géothermique).
Les capteurs horizontaux sont constitués par une ou plusieurs
boucles de tuyauteries en polyéthylène dans lesquelles
circule de l'eau glycolée (eau complétée à
30% de glycol). Ce circuit est relié à la pompe à
chaleur à laquelle il cède l'énergie du sol
qu'il a captée.
Les capteurs sont disposés dans le sol, soit en décapage,
soit en tranchée, à une profondeur d'au moins 60 cm.
Des distances minimales sont à respecter entre les tubes
et entre chaque tranchée ainsi qu'avec les autres éléments
du site (arbres, réseaux enterrés, ...).
Le domaine d'application privilégié de cette technique
est celui du chauffage des maisons individuelles, sachant que la
surface disponible pour le captage doit correspondre à 1.5
ou 2 fois la surface à chauffer, sous peine d'une extraction
trop importante d'énergie par mètre carré de
terrain ou par mètre de tube et donc de problèmes
de fonctionnement.
Lorsque la surface de terrain disponible pour implanter les capteurs
n'est pas suffisante, il est possible de disposer les capteurs non
plus horizontalement, mais verticalement.
Le capteur est inséré dans un forage, suivant une
configuration 2 tubes (dite en U) ou 4 tubes (dite en double U),
d'un diamètre compris entre 25 et 40 mm.
Le forage - lui-même d'un diamètre de 110 à
125 mm - est ensuite rempli avec un mélange de ciment et
de bentonite qui stabilise le trou dans sa géométrie
originelle.
La profondeur du forage peut atteindre jusqu'à 200 m et en
fonction de l'importance des besoins à couvrir il est possible
d'installer plusieurs capteurs (et donc forages) sur le même
site ; on parle alors de champs de sondes.
Le domaine d'application des capteurs verticaux concerne aussi
bien le chauffage en maison individuelle que celui des logements
collectifs, ou d'immeubles du petit ou moyen tertiaire.
Une technique dérivée de la sonde géothermique
est le pieu énergétique.
Certains bâtiments nécessitent, pour des raisons de
portance, d'être construits avec des fondations sur pieux
en béton.
Les pieux étant préfabriqués en usine, le principe
des pieux énergétiques consiste à y intégrer
lors de leur fabrication un système de captage de l'énergie
(tube en polyéthylène noyé dans le pieu renforcé
par une armature en fer et dans lequel il est possible de faire
circuler de l'eau ou de l'eau glycolée). Le système
de captage est connecté à une pompe à chaleur.
La longueur minimum des pieux est de l'ordre de 6 m et la longueur
maximum de 14 m, en fonction du diamètre du pieu. Lorsqu'il
est nécessaire de créer de très longs pieux,
les parties les plus basses ne sont pas utilisées pour des
fins énergétiques.
Le principe de fonctionnement est le même que celui des sondes
géothermiques présenté ci-avant.
Ce type de système s'applique à des immeubles de taille
relativement importante (exemple : immeubles de bureau) et lorsque
sont à satisfaire des besoins de chauffage en hiver et de
rafraîchissement, l'été.
En mode rafraîchissement, la pompe à chaleur est généralement
court-circuitée et l'eau présente dans les émetteurs
de chaleur est véhiculée vers les capteurs des fondations
par un simple circulateur. Cette opération permet ainsi de
rafraîchir le bâtiment tout en assurant une recharge
thermique des capteursChauffe-eau thermodynaniques
Il existe également sur le marché des chauffe-eau
permettant de satisfaire de façon indépendante des
besoins en eau chaude sanitaire et fonctionnant sur le même
principe des pompes à chaleur sur capteurs enterrés
destinées au chauffage.
Particulièrement économiques en coût d'exploitation
(COP compris entre 3 et 4) ces appareils assurent la totalité
des besoins en eau chaude sanitaire, et cela tout au long de l'année.
De plus, ils peuvent être dotés d'une régulation
leur permettant de ne fonctionner qu'aux heures creuses de tarification.
Situation du marché des pompes à chaleur sur capteurs
enterrés
Les pompes à chaleur sur capteurs enterrés sont des
systèmes connus depuis plusieurs dizaines d'années.
A titre d'exemple, la première pompe à chaleur sur
capteurs enterrés horizontalement, recensée dans la
littérature, est celle qui fut installée en 1945 aux
Etats-Unis chez un particulier d'Indianapolis.
Leur développement industriel et commercial remonte au milieu
des années 70 à l'époque du premier choc pétrolier.
Mais c'est au début des années 90, que le marché
commence à réellement s'installer grâce à
la mise en uvre dans quelques pays de politiques publiques
de soutien aux énergies renouvelables et de lutte contre
l'effet de serre.
Au plan européen, les pompes à chaleur sur capteurs
enterrés sont aujourd'hui bien implantées dans des
pays comme la Suisse ou la Suède, et leur diffusion est amorcée
depuis quelques années dans des pays comme l'Allemagne, l'Autriche,
la France ou les Pays-Bas.
Ainsi, en Suède, 95 % des maisons neuves sont équipées
d'une pompe à chaleur sur capteurs verticaux.
Ces systèmes se développent bien également
en Amérique du Nord.
Aux Etats-Unis, par exemple, des programmes de soutien public et
privé ont été initiés avec l'objectif
d'atteindre un nombre annuel de nouvelles installations de 400 000
à l'horizon 2010.
En France, le marché est émergent et commence à
occuper une place intéressante en terme de parts de marché
occupées (près de 10 000 installations ont ainsi été
réalisées en 2003).
LA GÉOTHERMIE PROFONDE DES ROCHES FRACTURÉES
Comme indiqué précédemment, la géothermie
profonde des roches fracturées consiste à recréer
les conditions de réservoirs géothermiques naturels.
" Sur le papier ", le concept à mettre en uvre
est simple.
Il s'agit dans un premier temps d'accroître la perméabilité
de formations rocheuses peu ou pas perméables - situées
à une profondeur suffisante pour obtenir des températures
intéressantes - en fracturant la roche par injection d'eau
sous très forte pression, dans un ou plusieurs forages.
Dans un second temps - un réseau de fractures suffisamment
dense et étendu étant ainsi créé - il
suffit alors d'y faire circuler de l'eau depuis la surface pour
qu'elle se réchauffe au contact des roches et de récupérer
ensuite cette eau réchauffée pour l'utiliser à
des fins de production d'électricité ou de chauffage.
La faisabilité technique d'un tel concept - imaginé
à l'origine par les Américains au début des
années 70 - n'est pas encore acquise.
Plusieurs programmes de recherche - déjà bien avancés
en termes de résultats acquis - sont en cours de par le monde,
dont celui conduit au niveau européen sur le site de Soultz-sous-Forêts
en Alsace.
Un pilote scientifique composé de trois forages profonds
de 5 000 m - forés dans le granite - y est en cours de réalisation.
Ce pilote doit faire l'objet d'une expérimentation de longue
durée au cours des trois années à venir et
si les résultats sont concluants conduire à la réalisation
d'un prototype industriel de production d'électricité
d'une puissance de plusieurs dizaines de MW.
Les enjeux des recherches entreprises sont considérables,
non seulement d'un point de vue énergétique mais aussi
d'un point de vue environnemental.
Il s'agit en effet d'utiliser une énergie sans émissions
polluantes, dont le potentiel est énorme et dont l'exploitation
pourrait participer pleinement à la notion de développement
durable et à la préservation des ressources énergétiques
fossiles.
Pour résumer
Le schéma présenté ci-après permet de
visualiser ce qui vient d'être exposé.
Il traduit toute la diversité que recouvre l'exploitation
de la chaleur contenue dans le sous-sol.
Diversité des ressources exploitables - Diversité
des applications (la géothermie est probablement, de toutes
les énergies renouvelables, avec la biomasse celle qui offre
le plus grand spectres d'usages) - Diversité des technologies
de valorisation mises en uvre - Diversité dans la taille
des opérations (du chauffage de l'habitat individuel aux
réseaux de chaleur urbains, et de la production d'électricité
décentralisée pour alimenter un village à celle
connectée aux grands réseaux de distribution, par
exemple).

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