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cette rubrique n' en est qu' à
ses débuts et vous y trouverez progressivement:
- des articles parus dans des numéros d' Effervesciences
désormais épuisés
- des articles originaux proposés par nos lecteurs
Actuellement à la consultation:
rapports entre Genèse et
Science
les bières artisanales
la cicatrisation: le
retour des vieux remèdes
RAPPORTS ENTRE
GENESE ET SCIENCE
par J.T. THIRION
contact: jthirion@club-internet.fr
Comment concilier les connaissances scientifiques
et les premiers chapitres de la Genèse ?
Les " évolutionnistes" et les "créationistes"
purs et durs comme on en rencontre aux USA ?
On ne peut faire que des hypothèses sur les 11 premiers
chapitres de la Génèse : il n'y a aucune preuve pour
les étayer.
Il est surprenant d'entendre les arguments très 19ème
siècle utilisés dans des milieux chrétiens
pour contrer les milliers de données scientifiques accumulées
par des milliers de chercheurs !
Par exemple pour le CHAPITRE 1 de la GENESE où l'on voit
la création faite en 6 jours alors que les données
géologiques montrent qu'elle s'est étalée sur
des centaines de millions d'années.
LES TEMPS : LES 6 JOURS MIS PAR DIEU POUR FAIRE LA CREATION,
PEUVENT ETRE DES CENTAINES DE MILLIONS D'ANNEES POUR LA TERRE.
La théorie de la relativité qui introduit l'idée
"d'espace-temps" explique très bien ceci : il suffit d'imaginer
2 "entités" se déplaant l'un par rapport
à l'autre.
Supposez que l'un se déplace à une vitesse proche
de celle de la lumière (ici " l'Esprit de Dieu "
-qui se mouvait au dessus des eaux,v.2- par exemple) et l'autre
à une vitesse très faible (notre terre en l'occurrence).
Remarque au passage : la vitesse de la lumière dans le vide
est une constante fondamentale de notre univers et une limite vers
laquelle une masse (matière) peut tendre mais non l'atteindre...
à moins de se transformer elle-même en lumière
(les photons n'ont pas de masse).
Pour le premier "objet" envisagé ici, l'espace
parcouru en un TEMPS TRES COURT, une seconde par exemple, va être
immense : son temps "s'écoule" très lentement.
Pour l'autre ce sera le contraire : l'espace parcouru durant la
même seconde va être infime, il en résulte que
le TEMPS mis pour parcourir la même distance va être
TRES GRAND.
Son temps va donc " s'écouler" très vite
dans le même espace.
IMAGE : si 2 jumeaux se trouvaient dans ces situations,
l'un serait encore en train de finir sa première seconde
alors que le second serait déjà mort depuis longtemps,
même après une longue vie (son temps s'est écoulé
très vite) !
Ainsi, on comprends que 6 jours pour Dieu (dans ses 3 aspects pour
chacun de ces "jours" : PAROLE, il dit...ESPRIT, il fit...
PERE, il vit -la conformité à son dessein-) aient
pu être des millions d'annees pour la terre ! Millions d'années
que le géologue peut mesurer en étudiant les terrains
et le paléontologue en y dégotant ses fossiles !
Simplement les "jours pour Dieu" ont sur terre
des durées qui sont des "ères géologiques".
Ces ères sont étendues sur des centaines de millions
d'années au début et de plus en plus courtes ensuite
au fur et à mesure du développement de la vie (comparaisons
entre les créations de chaque "jour" de Gen.1,
et les fossiles trouvés dans les différentes couches
géologiques : il semble que les "jours", comme
les ères, raccourcissent, ce qui montre, plus encore, la
très relative valeur du temps côté divin : il
ira même jusqu'à s'incarner en un homme soumis au temps
terrestre...).
Il faut remarquer que dans Génèse 1 il n'est question
que de Dieu (créant), donc de Sa "perception" du
temps et pas de celle d'un "terrien" ! Or dans les interprétations
en vogue, nous raisonnons en terriens et nous pensons à 6
jours(même de 1000 ans, soit 6000 ans), ce qui est incompatible
avec les observations bien sûr !
LA CREATION DES ESPECES : Je ne crois pas à l'évolution
de la vie telle qu'on l'enseigne généralement !
IMAGE : si on regarde des photos de voitures centenaires,
puis d'autres 40 ans plus tard, puis 20 et enfin actuelles, on remarque
: "Ah! oui, a évolué !". De notre point
de vue extérieur ça peut sembler vrai, mais du point
de vue des concepteurs et constructeurs, ils savent bien que cela
leur a demandé inventions, nouveaux plans, remplacements
d'organes par d'autres plus performants, etc
Il y a, en fait,
"création" de chaque modèle !
C'est vrai pour le vivant je pense : on voit une "évolution"
là où Dieu a créé chaque être.
C'est un déploiement chronologique de ses créations
qui donne une impression d'évolution !
L' embryologie appuie l'idée d'évolution:
tous les embryons, de mammifères par exemple, se ressemblent
d'abord et ce n'est que peu à peu qu'ils se différencient.
Mais n'est-ce pas normal qu'il n'y ait le même processus de
fabrication, les mêmes étapes fondamentales ?
Des "matériaux" et "systèmes"
de base doivent exister pour créer des "constructions"
diverses et plus "élaborées" ensuite !
Par ailleurs pour que tout soit cohérent, compatible, mangeable
et puisse vivre ensemble, n'est-ce pas normal que les composants
biologiques soient les mêmes ? Il y a ici aussi, la réalité
connue de nous et celle élaborée par Dieu... celle
vue par nous, observateurs terrestres limités et celle créée
par Dieu...
Adam et Eve : Pour Dieu, "Adam est la figure de Celui qui devait
venir (Christ)" (Rom.5 : fin v.14). Le véritable premier
homme est celui-ci donc (c'est à dire avec un CORPS, une
AME et surtout un ESPRIT -voir 1 Thess. 5 : 23- à l'image
de Christ). Mais pour nous qui retouvons des os, quelques peintures
et objets "d'homo-sapiens des cavernes", il est plus ancien
35000 à 120 000 ans).
Pourtant si les oeuvres et objets cet homo-sapiens témoignent
qu'il avait une intelligence et des sentiments développés
(soit une psychée -ou âme- plus développée
que les animaux supérieurs), qu'en était-il de son
esprit, cet "organe" qui permet de saisir les choses de
Dieu ?
Etait-il formé au-dedans de lui ?
Aucuns animaux, même pas les singes, ne montrent de désir
d'adorer un dieu, mais l'homme si! La preuve ? Il dresse des autels,
pour toutes sortes de dieux, partout dans le monde : ceci montre
bien qu'il y a quelque chose de plus en lui !Car "Dieu est
Esprit et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit..."
dit Jésus à la samaritaine, dans Jean 4 .
Il est évident qu'il nous faut un "organe" de même
nature que Dieu pour pouvoir l'appréhender, soupçonner
son existence : notre esprit ! Pour voir, n'avons-nous pas
des yeux ? Pour entendre des oreilles, pour manger et digérer
: un estomac ? Eh bien l'esprit, c'est un organe que Dieu a créé
en nous pour nous permettre d'être sensible à Lui !
En ce sens le "sapiens des cavernes" ne serait pas un
homme : "Qurr ? Aurrgh ? Noooun !" ? Désolé, il semble
bien que non mon gars, en tout cas pas le modèle définitif
(parfait en Christ, dont Pilate a dit : "voici l'homme")...
"Nous sommes une nouvelle créature" (lié à
la capacité d' être uni à Christ en esprit,
de pouvoir communiquer avec Dieu) dit la Bible, ce que développe
d'une autre façon, le chapitre 2 de la Génèse.
On y voit, entre-autre, la capacité de choix de l'Homme (les
2 arbres) : Dieu ou pas c'est une nouveauté importante par
rapport au "Sapiens du paléolithique" -dont "l'organe
spirituel" devait être inadéquat, ou/et... "occupé
par d'autres puissances spirituelles, angéliques', sapiens
qui seraient ainsi devenus après la mort, les démons
?
Beaucoup des propos que je viens de développer ne sont que
des idées, mais je n'ai pas trouvé d'autres moyens
pour concilier les premiers chapitres de la Génèse
avec les observations scientifiques. Autrement les 2 approches s'excluent.
REMARQUE (à lecture facultative) : Il est assez curieux
de retrouver ici une sorte de dualité entre un "continum
évolutif" -vu par l'homme- et une "singularité"
finie -réalité voulue et créée par Dieu-,
dont on retrouve le principe en physique quantique, même
dans ses lois d'exclusions mutuelles! Celui qui arrivera à
les combiner par la transformation de la "théorie de
la relativité" en principe universel, capable de montrer
que la dualité résulte de deux façons de voir
la même réalité, l'une à basse vitesse
avec de l'énergie condensée en particules, l'autre
à une vitesse voisine de celle de la lumière, fera
une belle découverte!
En gros il faudrait trouver que la matière et les champs
sont la même chose vue de 2 façons. De plus, pour
l'observateur se trouvant dans un des cas, il est plus facile de
"voir" la situation symétrique.
Ainsi celui qui est à la vitesse de la lumière
voit la "singularité", un très court instant
comme un tout fini et limité, alors que celui qui est à
basse vitesse voit le "continum". Un peu comme si
celui qui est en mouvement rapide "voyait" celui qui est
relativement "immobile" et comme si ce dernier ne perçevait,
lui, qu'une image uniforme du premier (exemple d'une hélice
d'avion en rotation rapide : un seul objet circulaire et un peu
flou est perçu par notre oeil).
Ces dernières remarques évoquent fortement la théorie
de la "super-symétrie" qui fait correspondre
à chaque particule -à un fermion, tel que le
proton par exemple- un compagnon "super-symétique"
-donc ici un boson, tel le photon- !
Ainsi par le biais de vitesses relatives d'entités respectivement
très lentes et très rapides, on pourrait sans doute
montrer qu'il s'agit d'une même réalité perçue
de 2 manières, équivalentes à 2 états
physiques différents. Par exemple, un même élément
dans un état solide et dans un état liquide !
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LE RETOUR DES BIERES ARTISANALES
A côté des bières industrielles, fabriquées
selon des technologies implacables et sous tendues par un marketing
très attentif aux goûts et aux humeurs, il existe des
" niches" de produits et de terroirs que peuvent exploiter
habilement des entrepreneurs désirant créer des mini-brasseries
artisanales.
Le processus d'élaboration des bières est en fait
très simple : des céréales sont soumises à
l'action de l'eau et de la chaleur pour donner des sucres fermentescibles
qui se transforment pour partie en alcool. Les grains de céréales
(l'orge, le bléÉ) sont composés d'une enveloppe cellulosique,
qui contient des grains d'amidon. Ces grains sont eux-mêmes
composés de deux types de glucides : l'amylose (enchaînements
de molécules de glucose non ramifiés) et l'amylopectine,
un polymère de glucose aux nombreuses ramifications, plus
difficile à hydrolyser. Lorsque les grains d'amidon sont
hydratés et chauffés, il se mettent à gonfler
en incorporant des molécules d'eau, et se rejoignent pour
fusionner. Parallèlement, les enzymes présents dans
le germe dégradent l'amidon en molécules simples,
le glucose pour l'amylose et les dextrines pour l'amylopectine :
on note à la surface de l'amidon des petites cavités,
voire des galeries qui érodent peu à peu l'amidon
jusqu'à sa disparition. Ces sucres simples sont prêts
à servir de substrat à des levures, qui vont produire
de l'alcool. Selon l'espèce de céréale,
le type de macération (température, duréeÉ)
et le genre de levure de fermentation, on aura des bières
bien différentes en goût, en mousse et en degré
d'alcool.
Selon les archéologues, les premières bières
ont été le fait des agriculteurs des bords de l'Euphrate
qui laissaient macérer les grains des premières céréales
cultivées dans de l'eau, et agir des levures de contamination
naturelle pour obtenir un liquide savoureux, euphorisant et hygiénique
(du fait de son acidité, les micro-organismes pathogènes
ne pouvaient s'y développer).
Les recettes ont alors évolué avec une sélection
des céréales (orge en tête) les plus adaptées,
et des méthodes de macération, de chauffage toujours
plus affinées.
Enfin , au XIXème siècle, avec le pasteurisme,
la bière devient un produit industriel dont on maîtrise
parfaitement les souches des levures de la fermentation.
UN PRODUIT INDUSTRIEL PARFAITEMENT MAITRISE
La plupart des bières sont préparées à
partir de grains d'orge, qui sont d'abord maltés,
c'est à dire trempés dans des bacs, ce qui entraîne
un début de germination productrice d'enzymes, puis chauffées
dans un processus appelé touraillage, aux alentours de 80¡
C (un peu plus poussé pour les bières brunes) : on
obtient alors le malt.
Ensuite intervient une phase cruciale dans l'élaboration
de la bière : le brassage . Le malt est concassé
et réhydraté à des températures selon
plusieurs paliers, pour faire jouer différentes enzymes spécifiques
des hydrolyses recherchées (50 ¡ C pour les protéinases,
62 ¡ C pour les beta amylasesÉ). Puis il est filtré pour
en extirper les drêches qui pourront servir à l'alimentation
animale. L'extrait aqueux restant reoit alors le houblon qui cédera
son goût et son amertume, et subit une ébullition destiné
à stériliser le produit, et à stabiliser les
protéines par collo•dation.
Il existe de nombreuses qualités de houblons que les brasseurs
utilisent selon l'espèce, le mode de conservation, la partie
de la plante.
A côté de la saveur et l'amertume, le houblon développe
des arômes désagréables de foin et de fromage
qui disparaissent lors de l'ébulition. Le liquide de brassage
subit en fin d'ébullition une centrifugation pour purifier,
puis un refroidissement brutal destiné à obtenir le
substrat prêt à la fermentation, le môut, à
la température adéquate pour le développement
des levures choisie pour la bière fabriquée.
Jusqu'au XIXème siècle, l'ensemencement en levures
se faisait au petit bonheur la chance, gr‰ce à des micro-organismes
commensaux présents dans l'air, ou avec des levures gardées
de cuvées précédentes. Cette méthode
traditionnelle est toujours utilisée en Belgique par les
producteurs de bières lambic qui ont chacun leurs secrets
et leurs tours de main. Les industriels, eux, ont bien sûr
en éprouvettes les souches précises de levures correspondant
aux bières en élaboration : - pour les bières
blondes et légères, les bières Lager, on utilise
une levure qui se développe au fond de la cuve à température
basse (5 ou 6¡) : le Saccharomyces Carlsbergensis (isolé
il y a 100 ans par un chercheur des brasserie CalsbergÉ). C'est
ce qu'on appelle la fermentation basse, qui dure plusieurs
mois.
Pour les bières plus fortes, traditionnellement brassées
en Grande Bretagne ou en Belgique (ex : la Trappiste), les
levures de type Saccharomyces ceravis¾ se développent plutôt
en surface, à température plus haute (23 ¡) et pendant
15 jours maximum.
Lorsque le brasseur estime que la fermentation est à point,
il reste à centrifuger le produit, afin d'éliminer
le précipité des levures, à filtrer le liquide
restant, et à pasteuriser. C'est d'une part une obligation
légale, mais c'est surtout la seule manière de fixer
la bière définitivement, sans possibilité de
fermentation parasitaire.
Les bières légères sont généralement
pasteurisées après mise en bouteille, par un procédé
UHT semblable à celui des laiteries. Les bières
plus élaborées sont plutôt pasteurisées
avant le conditionnement, mais lors de la mise en bouteille, elles
sont à nouveau ensemencées en levures particulières
(secret absolu !), en sucres et en arômes de fruit : le brasseur
entretient cette seconde fermentation en bouteille pendant environ
deux mois à 20¡ C.
C'est ainsi que les artisans brasseurs, réalisent
des bières très typées au goût de cerise,
de pêche, de mirabelleÉ Et ces artisans brasseurs, ils commencent
à se développer sérieusementÉ Tout d'abord
en Angleterre, dans les années 70 avec un succès croissant
(on en compterait maintenant environ 200), puis en Allemagne o
existait bien sûr une solide tradition brassicole. En France,
le marché est certainement plus fluet et les initiatives
sont moins nombreuses (moins d'une quinzaine de mini-brasseries
en exploitation).
Pourtant, si l'on regarde les exemples à l'étranger,
on s'aperoit que ces entreprises sont tout à fait rentables.
Les exploitants servent entre 150 et 2 000 litres de bière
par jour, à des prix variables, mais avec une marge bénéficiaire
de l'ordre de 25 %. Pour cette raison sans doute, les créations
de mini-brasseries sont souvent le fait de financiers qui
s'attachent les services de professionnels de la bière et
de la restauration. C'est que les frais d'installation sont lourds
: compter 500 000 à 1 million de francs pour trouver un fond
bien placé, qu'il faudra équiper entièrement
avec un matériel de brasserie qui, neuf, coûtera environ
2 millions de francs ! La décoration de ces établissements
est généralement de style rustique (poutres apparentes,
rideaux et nappes à carreauxÉ), alors que la partie brasserie,
doit apparaître comme un véritable laboratoire, d'une
propreté absolue.
Une signalétique précise permet aux consommateurs
d'observer et de comprendre les différentes étapes
de l'élaboration d'une cuvée de bière.
On est entre le tourisme industriel et la sortie entre amisÉ
En général, les exploitants de brasseries artisanales
servent une bière trouble, non filtrée. Les consommateur
n'en sont pas gênés : ils savent qu'il ne s'agit que
de résidus de levure et de protéines, sans aucun danger,
mais qu'à l'inverse la bière étant consommée
très vite après son élaboration, elle ne contient
ni conservateur ni bicarbonate.
Les artisans-brasseur réalisent des cuvées de 500
à 3 000 litres, selon leur clientèle et leur équipement,
ce qui permet une offre diversifiée d'environ cinq à
sept bières différentes. Dans tous les cas, la brasserie
sert également des repas, succincts parfois ou gastronomiquesÉ
il est facile de proposer des assiettes de charcuterie et de fromageÉ
La restauration représente en moyenne 30 % du chiffre d'affaires
d'une brasserie.
La vente de bière en bouteilles est également
d'un bon appoint, mais les chiffres varient énormément
d'un exploitant à l'autre. La plupart des brasseries se sont
installées en centre-ville, là o la densité
de population ciblée est la plus importante : étudiants,
célibataires urbains, groupes d'entreprises, touristes.
Mais il existe un créneau pratiquement inexploité
que nous a dévoilé un jeune diplomé de l'INSA
: Christophe Batz. Ce fils d'agriculteur, a qui revient naturellement
de reprendre l'exploitation familiale en Quercy (vaches laitières,
veaux fermiers et melonsÉ) est en fait un passionné de bière.
Diplome en poche, il a calculé que l'exploitation connaissait
chaque année une nouvelle baisse de rentabilité. Y
aurait-il une place pour lui dans cinq ou dix ans ? C'est alors
qu'il décide de monter une brasserie artisanaleÉ à
la ferme : les b‰timents existent, ainsi qu'une bonne partie du
matériel de brassage, car selon lui on peut récupérer
une bonne partie du matériel de la laiterie pour élaborer
des cuves de bière. Ce qui fait tomber l'investissement de
2 millions au quart de cette même somme. Christophe Batz pense
ainsi valoriser les b‰timents et le matériel actuel, mais
aussi les productions locales. Il a déjà préparé
des bières au melon et aux pruneaux comme ce brasseur corse
qui propose un bière aux chataîgnes. L'écoulement
de la production se fera sur le sîte, gr‰ce à la création
d'un gîte rural, d'un bar, de visites guidées, mais
aussi par l'intermédiaire de marchés et d'expositions
locales.
Les composantes du goût sont constituées par
quatre sensations principales : acide, salé,
amer, sucré. Ces divers effets se manifestent
à des endroits fort variés de la langue et du palais
gr‰ce à 2 000 papilles gustatives : - la saveur "
sucrée Ó sur le bout de la langue. - Les saveurs " acide
Ó (arrière) ou " salée Ó avant ne se peroivent qu'avec
les bords. - Les saveurs " amère Ó ou " acre Ó se réfugient
à l'arrière.
Le corps d'une bière est caractérisé
par l'effet des protéines, du sucre non fermenté et
par la teneur en alcool. Une bière trop vide, trop légère,
pauvre en extrait et alcool sera aqueuse. L'amertume perue par
la langue doit être fine, délicate et elle doit disparaître
rapidement et surtout ne pas subsister au fond de la gorge.
Un élément nettement perceptible du goût est
l'acide carbonique. Le CO2 apporte la fraîcheur, ce léger
picotement dans la bouche, sur la langue, dans la gorge. Il rend
la bière plus agréable, peut couvrir de légers
défauts, réchauffe l'estomac et exerce sur la digestion
la même influence que le CO2 des eaux minérales. Une
faible teneur induit une bière plate et fade.
Les deux défauts principaux de goûts sont :
- l'arrière goût de levure (cellule qui se sont désagrégées)
- le goût d'oxydé que prend la bière quand elle
est exposée trop longtemps au soleil, ou quand elle est soumise
à une pasteurisation excessive.
Les levures, la vigne et le riz
Depuis des siècles, la vinification a reposé sur la
fermentation du jus de raisin par des micro-organismes présents
sur les grains de raisin juste cueillis. Ces levures, très
diverses selon la vigne, le climat, la saison, sont peu à
peu tuées par l'alcool qu'elles ont synthétisé
: la fermentation se stabilise naturellement.
Les nouvelles techniques de vinification mettent en jeu des levures
sélectionnées (nous retrouvons Saccharomyces cerevisi¾)
et un contrôle de la température des cuves (entre 7
et 14 ¡ selon les raisins et les objectifs Ïnologiques), dans certains
cas un rajout de sucres pour nourrir les levures et " faire monter
Ó le degré d'alcool.
Le saké est plus proche de la bière, puisqu'il
repose sur le trempage et la germination du riz et de son hydrolyse
par le champignon aspergillus oryzae à 35 ¡ pendant
5 jours, le temps d'obtenir des sucres fermentescibles sur lesquels
pourra dans un second temps se développer notre fameux Saccharomyces
cerevisi¾ qui produit jusqu'à 20 % en volume d'alcool, sur
environ trois semaines.
Il est remarquable que pour la phase " alcoolisation Ó la Nature,
toujours économe lorsqu'il s'agit d'enzymes, nous a légué
un Saccharomyces polyvalent et universel.
Pour en savoir plus : - " Idées Lucratives Ó N ¡
100 ( tél : 03 89 24 04 64). - " Pour la Sciences
Ó N ¡ 227 (Les bières lambic) - et hors série Sciences
et Gastronomie.
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Plaies, ulcères, escarres
CICATRISATION :
LE RETOUR DES VIEUX REMEDES
La cicatrisation des plaies est un phénomène
complexe de réparation des tissus, qui dépend d'un
phénomène antérieur, l'inflammation,
lequel met en Ïuvre des mécanismes immunitaires, nerveux,
hormonaux et locaux qui, bien que parfaitement connus, n'ont pas
donné lieu à d'importantes avancées thérapeutiques.
D'o l'intérêt de réétudier les vieux
remèdes, à la lumière des nouvelles connaissances.
La peau constitue une barrière anatomique et physiologique
séparant l'organisme de son milieu extérieur, le protégeant
des agressions physiques, chimiques et microbiennes, et lui permettant
également de percevoir la chaleur, le froid, la douleur,
et les sensations de toucher et de pression. Il s'agit d'un tissu
complexe d'origine embryologique diversifiée : les
cellules épidermiques (kératinocytes) sont
d'origine ectodermique (le feuillet externe de l'embryon) alors
que les mélanocytes (cellules assurant la pigmentation
protectrice contre les rayons solaires) sont, tout en étant
mêlés aux cellules précédentes, originaires
de la crête neurale (futur tissu nerveux) et sont arrivés
dans l'épiderme par migration, au début de la vie
fÏtale.
Sous la membrane basale, le derme est essentiellement un tissu d'origine
mésodermique (fibroblastes sécrêteurs de
collagène, cellules immunitaires, vaisseaux sanguins et lymphatiques)
sauf les afférences nerveuses qui sont bien sûr d'origine
neurale.
La peau est donc en quelques sorte un résumé de
l'organisation générale d'un être vivant,
et chacun de ses constituants sera sous l'influence d'effecteurs
biologiques (hormones, neuromédiateurs, etc.) spécifiques.
L'épiderme, le tissu supérieur, est composé
de kératinocytes qui se multiplient au sein de la couche
basale, et forment un tissu à la fois élastique et
solide gr‰ce à des jonctions entre cellules extrêmement
solides : les desmosomes.
Sur cinq à six couches cellulaires, les kératinocytes
perdent peu à peu de leur substance, s'applatissent, contractent
leur noyau : ils constituent alors la couche cornée,
un tapis de cellules mortes prêtes à se décoller
de l'épiderme pour constituer le furfur (en langage
plus direct, les pellicules). Entre les kératinocytes, des
cellules mobiles, les sentinelles du système immunitaire,
qui se sont développées dans la mÏlle osseuse et qui
sont venues échouer dans l'épiderme pour récupérer
des antigènes extérieurs (virus, bactéries,
haptènesÉ), les ingérer et les fragmenter en peptides,
qu'elles présenteront aux lymphocytes après une migration
inverse vers le ganglion lymphatique de drainage de la zone anatomique
concernée.
Ces cellules de Langerhans ont été peu étudiées.
Elles sont pourtant fondamentales car ce sont les seules cellules
immunitaires qui peuvent " initier Ó les lymphocytes T na•fs,
ceux qui n'ont jamais encore été sollicités.
D'o une importance nouvelle qu'on donne à la peau comme
effecteur immunitaire.
Insérées entre les kératinocytes de la membrane
basale, des cellules géantes, les mélanocytes envoient
vers l'extérieur des prolongements tentaculaires qui leur
permettent d'entrer en contact ténu avec une quinzaine de
kératinocytes.
Les mélanocytes, en sécrétant un pigment protecteur
contre les UV, la mélanine, permet de protéger
le derme de l'action immunodéprimante de ces rayons solaires,
en particulier les macrophages qui patrouillent en permanence dans
tous les tissus sous-jacents.
Le derme est constitué, essentiellement d'un gel nourrissier
composé d'eau (85 %) et de glycoprotéines :
la substance fondamentale. Elle hydrate et fournit en nutriments
les cellules de la couche basale, ainsi que toutes les cellules
mobiles du derme.
Les fibroblastes, cellules caractéristiques de ce
tissu, produisent la substance fondamentale, mais également
des fibres élastiques et de collagène qui donnent
la résistance et l'élasticité de toute la peau.
Un étirement excessif de la peau, par exemple lors d'une
grossesse, peut déchirer le derme : la cicatrice qui s'ensuit
est une vergeture.
La peau est un admirable organe protecteur. A l'extérieur
un film cutané superficiel (le manteau "acide Ó) recouvre
entièrement l'épiderme. Issu de sécrétions
(sébum, sueur) il a des qualités bactéricides
permanentes (sauf shampooings ou lavages trop violents ou trop rapprochés).
Pourtant, quelques substances peuvent forcer ce barrage mécanique
et chimique : les substances liposolubles (gaz, vitamines,
stéro•des), les solvants organiques, les sels de métaux
lourds.
Cette sélectivité d'absorption a des conséquences
bioélectriques : imperméables aux cations, elle absorbe
les anions et apparaît ainsi chargée négativement.
En cas d'inflammation, cette charge de surface s'inverse, et elle
devient électropositive, ce qui constitue un mode
d'investigation clinique. Lors d'une agression chimique ou d'un
traumatisme, la peau se voit amputée d'un certain volume
de tissu, et une réaction inflammatoire s'enclenche qui va
dans un premier temps constituer un symptôme d'alerte (rougeur,
douleur), puis un temps de détersion tissulaire et de défense
anti-infectieuse, enfin un temps de réparation : la cicatrisation.
Les plaies les plus simples sont les coupures nettes, plus ou moins
profondes, ou bien les abrasions de l'épiderme lors d'une
brûlure ou d'une éraflure : ce sont des exulcérations,
qui n'atteignent que l'épiderme. La cicatrisation dans ce
cas est rapide et ne laisse pas de trace. Inversement, en cas de
perte de substance plus importante, atteignant le derme, une ulcération
s'installe et le tissu de comblement laissera une cicatrice indélébile.
Si l'ulcération atteint le tissu graisseux de l'hypoderme,
la cicatrisation est plus problématique : les défenses
immunitaires cellulaires sont dispersées, les apports capillaires
limités, les fibroblastes inactivés, on a alors une
escarre.
Lors d'une exulcération, seules quelques couches de cellules
épidermiques sont atteintes et cette abrasion légère
n'entame pas la membrane basale. Il se produit une perte de liquides
cellulaires et intercellulaires qui se dessèchent en surface
et forment une couche protectrice. Une congestion des vaisseaux
sanguins permet une sortie locale de plaquettes sanguines et formation
d'un caillot (ou clou) plaquettaire. Ces plaquettes en milieu inflammatoire
libèrent une cytokines, le PDGF (platelet derived
growth factor), facteur stimulant la croissance des fibroblastes
et des kératinocytes. Le facteur de croissance n'est pas
le seul en jeu : toutes les cellules lésées libèrent
différentes cytokines stimulantes ou anti-infectieuses (interférons),
qui installent une coopération étroite entre les
différents acteurs cellulaires de la cicatrisation :
- la migration des kératinocytes de la basale qui se détachent
et viennent par mouvements amibo•des reconstituer un tissu épidermique
solide ainsi qu'une membrane basale productive.
- production de substrat dermique (substance fondamentale, fibres
de collagène, d'élastine) par les fibroblastes.
- au bout de quatre à six jours, et en l'absence d'une infection
locale qui relancerait l'inflammation, ou d'une action d'antiseptiques
trop violents, des chalones inhibitrices sont produites, les multiplications
cellulaires se ralentissent : c'est la fin de la cicatrisation de
première intention, avec la croûte protectrice qui
s'effrite et laisse une zone non marquée, pratiquement invisible.
Lors d'une importante perte de substance, la cicatrisation est nettement
plus lente, et laissera une zone scléreuse, mal irriguée
et mal innervée : c'est la cicatrisation de seconde intention.
Nota : La durée et l'hygiène de la plaie, donc
les aléas infectieux, peuvent avoir une grande importance
: une plaie fine, sans perte de substance, mais relativement profonde,
non suturée avant trente minutes, subira certainement un
développement microbien dans le liquide suintant, qui relance
l'inflammation : on risque alors d'avoir un fort ralentissement
du processus de réparation et une cicatrice de seconde intention.
Lorsque l'inflammation atteint le derme, un phénomène
supplémentaire survient : les capillaires sanguins, lésés
ou non, subissent l'action de cytokines qui à la fois en
augmentent le calibre (d'o possibilité accrue de sortie
des cellules amibo•des de la lignée blanche du sang) et en
stimulent les cellules, pour entraîner l'édification
de néocapillaires en direction des tissus nécrosés.
L'ensemble du caillot fibrinoleucocytaire (clou plaquettaire infiltré
de globules blancs) est alors colonisé par des nouveaux capillaires,
ainsi que par des fibroblastes qui ont migré du derme vers
la région lésée. D'o production de fibres
collagènes, et néo épidermisation latérale
à partir de kératinocytes issus de la membranes basale.
Ces kératinocytes, qui assurent le véritable comblement
de la plaie, ne peuvent s'installer que sur un tissu sain et bien
irrigué : le tissu de granulation, o se mêlent
leucocytes, macrophages, fibroblastes pour former le substrat initiateur
de la néo épidermisation.
Ce processus de cicatrisation pourra être ralenti par un
effet de terrain, et par une éventuelle surinfection.
- Certaines maladies héréditaires, rares, mais incurables,
reposent sur un défaut de production des fibres élastiques
ou collagènes, ou sur des hypertrophies capillaires.
- De nombreuses maladies acquises sont responsables de retards de
cicatrisation, en particulier du fait de désordres micro
vasculaires : diabète, lupus erythèmateux, sclérodermie,
périartérite noueuse, etcÉ Les troubles circulatoires
entraînent des troubles divers, depuis les plaies aux extrémités
pour les artérites, jusqu'aux Ïdèmes des jambes pour
les varices, entraînant des réactions fibreuses chroniques
et des nécroses locales.
- Les sujets soumis à une corticothérapie prolongée
subissent une atrophie dermique et une grande fragilité de
la peau et des muqueuses. - Les traitements anticancéreux
(antimitotiques, rayons) ont un effet local de brûlure, et
diminuent la capacité de multiplication des fibroblastes
et des kératinocytes.
- Après soixante ans, le derme s'amincit, la peau est plus
fragile (mais les délais de cicatrisation restent courts).
- Les infections constituent la plus grande cause des retards de
cicatrisation. Avec des germes très bien identifiés
(staphylocoque pour la peau, helicobacter pour la muqueuse stomacale)
qui relancent ou font perdurer l'inflammation locale, pour transformer
une plaie en ulcération profonde beaucoup plus longue à
guérir.
Les remèdes cicatrisants
L'objectif des remèdes à visée cicatrisante
est multiple : il s'agit de protéger cette zone tissulaire
en plein remaniement, à la fois des germes infectieux et
des traumatismes physiques, tout en apportant une action eutrophique
continue.
Une constante impérieuse : ces produits ne doivent en aucun
cas être irritants, car, ils relancent alors la lésion
des tissus et retardent encore le processus de reconstruction.
Les anti-infectieux sont essentiellement des antiseptiques. De bonne
diffusion, n'entraînant pas d'antibiorésistances, le
Dakin, la Chlorhexidine, la Bétadine, sont les plus employés
en per et post opératoire, ou en médecine de ville.
La Rifamycine (antibiotique) est sans doute plus efficace sur les
staphylocoques de surinfection.
Pour certains cas particuliers (voir les ulcères à
Helicobacter), le traitement antibiotique à lui tout
seul permet d'entraîner la cicatrisation.
Les produits absorbants et protecteurs sont des hybrides pansements/médicaments,
qui permettent gr‰ce à des substances collo•des en gel, à
la fois de "pomper Ó l'excédent des liquides de suintement,
de maintenir une action antiseptique, et de protéger les
nouveaux tissus, très fragiles, des actions physiques (en
particulier du grattage, car ces remaniements tissulaires entraînent
une forte démangeaison).
Ces produits, très utiles pour les escarres, sont efficaces
mais chers.
Les substances eutrophiques permettent une cicatrisation
plus rapide en " poussant Ó les cellules (fibroblastes, kératinocytes)
à une multiplication plus rapide.
Nous sommes là au royaume de la phytothérapie, avec
des plantes à l'action anti-inflammatoire (Arnica), puis
des substances végétales qui régulent la cicatrisation
(Centella). On dénombre au moins cinquante végétaux
aux vertus cicatrisantes.
Tous ces produits sont des médicaments "officiels Ó estampillés
par l'Académie de Médecine. Pourtant et avec l'augmentation
de la moyenne d'‰ge des populations, il est impératif de
chercher des remèdes qui " marchent mieux Ó. Là encore,
laissons les laboratoires inventer de nouveaux concepts (laserthérapie,
cures de rétinolÉ) ou de nouvelles moléculesÉ
Beaucoup plus simplement nous ferons dans Effervesciences,
une petite revue de détail des méthodes utilisées
autrefois et pratiquement oubliées. Alors qu'elle ont une
grande efficacité, mais un défaut majeur : elles ne
sont pas brevetables, et ne peuvent pas rapporter d'argent.
A - Le chlorure de magnésium : cette substance simplissime
a été l'objet d'un engouement sans précédent
dans les années 50. A prendre en cures de plusieurs semaines,
(1litre par jour environ), le chlorure de magnésium avait
la réputation de protéger l'organisme, voire de guérir,
contre la redoutable poliomyélite. Il s'en est vendu
des tonnes, par petits sachets, jusqu'à l'arrivée
du marketing médicalÉ et de la vaccination anti-polio. C'est
un médecin hospitalier de renom, Pierre Delbet, qui
en découvre les effets comme antiseptique local.
En 1889, l'ère pastorienne a commencé, et l'on irrigue
les plaies à l'aide de multiples désinfectants. Pourtant,
si les gangrènes cessent en effet, les cicatrisations sont
longues, plus longues qu'auparavant. Pierre Delbet entrevoit une
explication : ces antiseptiques ont certes une action contre les
germes. Mais si les cellules de la peau étaient encore
plus sensibles que les bactéries, si l'action caustique de
ces antiseptiques " brutaux Ó (acide picrique, formolÉ) entraînait
en fait plus de mal que de bien ? Delbet s'attelle à
cette t‰che, et en 1891, publie une communication qui fait un certain
bruit. Il démontre que " le lavage du péritoine avec
les antiseptiques favorise l'infection Ó.
En fait, rien ne bouge pendant des années, faute d'avoir
trouvé de meilleurs produits. Et c'est en 1914, ayant à
gérer les milliers de blessés des carnages de la Marne,
que Delbet va dans l'urgence voir cristalliser sa trouvaille. Metchnikoff
avait montré le rôle des globules blancs pour lutter
contre l'infection. Et Delbet constate que les antiseptiquesÉ tuent
les globules blancs avec les bactéries. Commence alors un
jeu de patience qui consiste à tester l'action de plusieurs
antiseptiques, à diverses dilutions, pour trouver quel est
le seuil d'efficacité anti-infectieuse sans être cytotoxique.
Et c'est le chlorure de magnésium à 12,1 % qui, selon
sa propre expression, " donne des résultats extraordinaires
Ó.
C'est en 1918 qu'il publie un gros ouvrage : Ô Biologie de la
plaie de guerre Ó, qui met en avant ce produit et toutes les
facettes de son utilisation. Par la suite, ce produit fut utilisé
en intraveineuse, puis en potions à boire, avec un succès
gigantesques (quoique très critiqué par les médecinsÉ)
mais comme " cytophyllactique Ó général, en particulier
contre la poliomyélite (travaux du Docteur Neveu).
Actuellement, le chlorure de magnésium n'est pratiquement
plus utilisé en dermatologie, sauf par certains vétérinaires
en médecine équine. Le chlorure de magnésium
est mélangé à la teinture d'iode et constitue
un antiseptique très économique, non caustique, et
tout à fait efficace.
B - L'argile. Il s'agit sans doute du plus vieux remède
pour soigner les plaies. Les animaux " le savent Ó, qui en cas de
blessure enduisent spontanément la zone lésée
de boue jusqu'à cicatrisation complète.
A ce sujet, une anecdote : dans l'île de Ceylan, au XIXe siècle,
des naturalistes anglais remarquaient qu'à une certaine saison,
des milliers d'oiseaux se précipitaient le long d'une falaise
argileuse dont ils picoraient le flanc à qui mieux mieuxÉ
Pourquoi diantre ingérer cette argile, qui ne peut qu'encombrer
leur jabot ? Ce n'est qu'un siècle plus tard qu'on comprit
(après quelques autopsie) que ces oiseaux, à cette
époque de l'année, n'ont à leur disposition
que des baies extrêmement acides, qui leur provoquent inflammation
et ulcères du jabot. Or, l'argile de cette falaise était
une variété des plus pures et des plus absorbantes,
la smectiteÉ celle que l'on trouve dans la pharmacie familiale
sous la marque Smecta ! Si les naturalistes anglais avaient été
un tant soit peu clairvoyants on aurait gagné un siècle
sur le traitement des gastro-entérites !
Avec l'engouement pour les " médecines naturelles Ó, l'argile
a de nombreux partisans. Un livre sur ses utilisations a récemment
passé le cap des 900 000 exemplaires !
Pour les plaies, l'argile doit être utilisé après
détersion et antiseptie, elle permet l'effet collo•de d'absorption
des suintements, et elle aurait également un effet magnétique.
Mais certaines règles doivent être suivies pour obtenir
un maximum d'efficacité. Ainsi, l'argile est préparée
dans un récipient non métallique. On ne le
mélange pas à l'eau : on verse celle-ci par dessus
et la p‰te doit se former d'elle-même. Il est souhaitable
de le laisser reposer avant emploi, au soleil pendant une heure.
Les molécules de silicate d'aluminium vont, à
l'hydratation se réorganiser selon des lignes de force magnétiques,
entraînant une action secondaire eutrophique. Enfin, on
ne laisse pas le cataplasme pendant plus de deux heures.
C - Le miel et les produits de l'apiculture. Parmi les
pansements végétaux et les liniments traditionnellement
utilisés pour cicatriser les plaies, les substances sucrées
ont toujours tenu une place prépondérante. Par exemple,
les rondelles de pommes placées pour recouvrir des plaies,
de la p‰te de coings, ou simplement du mielÉ Et c'est le miel qui
est employée systématiquement dans le très
officiel service de chirurgie viscérale du Pr Descottes,
au CHRU de Limoges.
Au début, vers 1984, ce médecin a procédé
de faon empirique, mais a immédiatement constaté
le bien fondé de cet usage : des plaies propres, qui ne
s'infectent pas et qui cicatrisent plus vite.
Puis le Pr Descottes a affiné cette méthode, en choisissant
en particulier certains miels artisanaux non chauffés, non
exposés aux UV de la lumière solaire, en rajoutant
pour tel usage (le " staph Ó ou staphylocoque doré est très
sensible aux essences de thym) des huiles essentielles aux propriétés
maintenant bien codifiées.
Au total, plus de quatre cents patients répertoriés,
et des résultats cliniques tout à fait honorables
: si l'on compare (en moyenne) l'effet cicatrisant du miel, du Debrisan
(pansement p‰teux à base de dextranesÉ nous restons dans
les glucidesÉ) et de la traditionnelle biogaze, on obtient un résultat
de 0, 78 cm2 avec le miel pour 0,42 cm2 avec le Debrisan et 0, 39
cm2 avec la biogaze.
Comment expliquer un tel effet ?
- Le miel contient diverses substances possédant des qualités
bactéricides. L'enzyme glucose-oxydase, en particulier,
produit en présence de la paroi bactérienne, de l'eau
oxygénée qui la traverse tue le micro-organisme. Selon
l'origine des fleurs butinées, le miel contient des huiles
essentielles (action bactéricide bien connu) et des traces
de propolis, cette cire que les abeilles utilisent pour colmater
les interstices de la ruche et qui a des effets anti-infectieux
puissants, mais aussi antifongiques et antigerminatoires pour les
grains de pollen.
Certains phytothérapeutes utilisent d'ailleurs des crèmes
à base de propolis pour les érythèmes fessiers
et les plaies difficiles.
- Le miel possède, selon sa provenance, un pH situé
entre 5, 2 et 5, 6 soit une acidité idéale pour
gêner le développement des bactéries, mais pas
assez acide pour favoriser (comme le font certains topiques à
base d'acides lactique et salicylique) le développement de
levures pathogènes.
- Sont également présents des flavono•des qui ont
une action stimulante sur la circulation périphérique.
- Mais la principale action du miel, est sans doute tout simplement
due à un effet osmotique. Le miel liquide est une
solution extrêmement concentrée de petites molécules
de sucres. Or (NATURE, 378, 364 1995), deux chimistes anglais
ont montré que des solutions concentrées (ils ont
essentiellement travaillé sur Nacl) ont le même effet
perturbateur qu'une forte augmentation de pression, jusqu'à
1 000 atmosphèresÉ
On obtient ainsi une précipitation puis, une cristallisation
des protéines (c'est " l'effet saumure Ó bien connu
des amateurs de morueÉ), et un compactage des molécules d'eau
autour des ions de la solution (voir Effervesciences n¡ 1
et 3).
Dans le miel, on aurait le même effet de pression sur les
bactéries et d'appel des molécules d'eau alentours
(les liquides de suintements), sans avoir l'effet cautérisant
des sels minéraux.
D'ailleurs, ce qui est le plus étonnant pour les nouveaux
soignants autour du Pr Descottes (infirmières, médecins
de villeÉ) c'est de voir entièrement disparaître
le miel placé pour combler une plaie, entre deux changements
de pansement : il ne reste plus rien, et les bourgeons charnus
n'en sont que moins gênés pour se développer.
D - Le sang total et le plasma sanguin. Effervesciences
à déjà présenté (n¡2 et 3) certaines
possibilités thérapeutiques du sang (hypersensibilités,
viroses) sous forme d'injections autologues.
Sur une plaie, la simple application de sang (sang total ou plasma)
sur des ulcères non cicatriciels, permet d'apporter un nettoyage
du tissu fibronécrotique et un développement tissulaire
de grande qualité (TRIQUET, RUFFIEUX, DERMATOLOGY 1994 -
Vol 189).
Le sang hépariné est appliqué à même
la plaie sous un pansement hydrocollo•de.
Appelée par ses auteurs THT (Topical Haemotherapy),
cette méthode permet en 10 jours d'éliminer tous les
tissus nécrosés et d'obtenir un bon tissu de granulation
sur 75 % de la surface de l'ulcère.
Là encore, cette démonstration majeure de l'intérêt
des liquides biologiques en thérapeutique est complètement
passée inaperue. Par les labos, c'est normal, mais par les
médecins ?
Pour les biologistes, ces résultats sont bien normaux. En
effet, dans le sérum, sont présentes en concentration
physiologique de nombreuses substances naturelles favorables à
une bonne détersion, puis à un développement
cellulaire optimal :
- la transferrine (également présente dans
le lait et le mucus bronchique. Effet bactéricide direct
et effet chelateur du fer.
- L'alpha 1 antitrypisme. Effet neutralisant sur les micro-organismes.
- Le complément, actif par la voie alterne sur les bactéries.
- Le lysosyme : pouvoir agglutinant et bactériolyse.
- La tufsine : potentialise la phagocytose et la cytotoxicité
naturelle.
- La fibronectine chimiotactique (attire les leucocytes)
et activatrice des fibroblastes ainsi que des monocytes.
E - Les placentas frais . Appliqués immédiatement
après accouchement sur une zone nécrosée préalablement
nétoyée et parée, a toujours donné des
résultats très positifs.
Il s'agit bien sûr d'un traitement d'exception.
F- Le petit lait. Comme le sang, le petit lait contient
de nombreuses substances bactéricides, comme la fibronectine,
la lactoferrine, le lysosyme et des oligosaccharides
qui se lient à la surface des micro-organismes, et les empêchent
d'adhérer aux cellules dermiques.
G - Les larves de LUCILIA SERATA: Déjà évoquées
dans Effervesciences n¡1, ces larves de mouches introduites
dans une plaie et recouvertes d'un tissu perméable à
l'air, permettent un nettoyage parfait de tous les tissus nécrosés,
gr‰ce à des enzymes de digestion particulièrement
efficaces. Utilisés par les médecines traditionnelles,
ce type de soin a été proposé dans les années
30, puis oublié.
Des chercheurs américains (Sherman et Rogers)
veulent relancer ce procédé.
H - Et bien d'autresÉ Ce petit dossier n'est bien sûr
pas exhaustif.
Nous n'avons en effet pas évoqué les bienfaits
de certaines eaux thermales ( la Roche Posay, la Bourboule,
Avène, etc.), parfois améliorés par l'action
de poissons " nettoyeurs de plaies Ó qui broutent les tissus
mortifiés ( bains de Kangal en Turquie), ou encore
de certaines poudres végétales ( Mimosas de
Tépèzcohuite) riches en tanins et flavono•des.
Conclusion
Pour une pathologie aussi répandue, aussi coûteuse
en soins et aussi douloureuse pour les malades que les ulcères
et les escarres, les thérapeutiques actuelles sont d'un conformisme
étonnant quant on voit les possibilités réelles
de traitements tout simples qui ont montré leur valeur au
sein du monde médical.
En ces périodes d'économies drastiques sur les soins,
c'est peut-être pour de pragmatiques raisons de budget qu'on
les verra mises en Ïuvre.
L'ULCERE ET L'HELICOBACTER
C'est depuis 1983, qu'on a fait la relation directe entre la présence
au sein de la muqueuse gastroduodénale de la bactérie
Helicobacter, et de la maladie ulcéreuse gastroduodénale
ainsi que de la majorité des gastrites chroniques.
Cette bactérie qui résiste à la défense
(HCl et pepsine) de la muqueuse, colonise celle-ci et produit in
situ de l'ammoniac, des cytotoxines et des protéases. D'o
lésions inflammatoires et, à la longue, des ulcères.
Un congrès mondial de gastro-entérologie (1990) a
proposé un traitement de référence qui comporte
14 jours de traitements d'un sel de Bismuth (effet de soulagement
et de cicatrisation) et de deux antibiotiques, permettant une éradication
dans 90 % des cas.
Ce protocole est appliqué dans le monde entier sauf en
France, o le Bismuth (sous nitrate) est interdit en spécialitésÉ
depuis 1979.
Pour quelques intolérances nerveuses (spécifiques
aux franais ?) s'arrêtant avec le traitement, on prive les
malades franais du meilleur remède des inflammations de
la muqueuse digestivesÉ mais on les gave d'anti acides et " d'anti
pompes à protons Ó sur des périodes bien plus longues.
LA PEAU, CA SE CULTIVE
Lorsque la peau est détruite sur une large surface (en particulier
lors de brûlures), il faut en urgence reconstituer le " manteau
magique Ó de l'organisme que constitue la peau.
La greffe de peau a ses limites, et en tolérance lorsque
la greffe repose sur un donneur autre qu'un jumeau, et en surface
lorsqu'on réalise une autogreffe.
Reste une solution : la culture de cellules du brûlé
lui-même, sur une trame de polymères biodégradables
(utilisés comme fils chirurgicaux résorbables).
Ce procédé n'est actuellement qu'au stade expérimental,
on fait " pousser Ó séparément les kératinocytes
de l'épiderme et les fibroblastes du derme, et on les place
simultanément dans le bon ordre au moment de la greffe.Aux
Etats-Unis, on envisage le traitement des ulcères variqueux
pour 1998.
En France, bonne nouvelle, la jeune société BIOMEDIA,
installée à Boussens en Haute Garonne, développe
actuellement une gamme de facteurs de croissance d'origine végétale,
qui primitivement ont été mis en Ïuvre pour des cultures
cellulaires destinées aux vaccins, mais qui ont montré
sur les cellules de la peau la possibilité d'une multiplication
à forte cadence permettant d'espérer fabriquer
de la peau autologue en quelques jours.
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