Variations climatiques,
déclin des hydrocarbures,
énergie qui viendra des végétaux


Nos végétaux de cultures ont avant tout une utilité alimentaire : ils ont un métabolisme élaboré pour produire sucs et protéines savoureuses et nutritives. D'un point de vue énergétique, c'est un gros gâchis. Les substances énergétiques : cellulose pure et lipides.


2006, ça chauffe !


Les productions agricoles traditionnelles subissent le réchauffement qui s’emballe et les zones de production ne correspondent plus vraiment aux écosystèmes évolutifs (toujours plus haut, en altitude comme en altitude...). Les Anglais envisagent de planter des vignes, l’Espagne se tropicalise... Les bio majors, à l’affût, annoncent qu’ils ont des solutions génétiquement modifiées, tant pour des végétaux alimentaires que pour des productions à visée énergétique... Car c’est une nouvelle donne qui se profile pour l’agriculture : on attend désormais du monde paysan qu’il mette en production des plantes qui transformeront H2O + CO2 en substances qui se substitueront aux hydrocarbures déclinants.


Avec un baril à 30 dollars, c’était une plaisanterie. A 60 dollars, tout le monde en veut. Alors, on va chercher dans de vieux dossiers qui remontent parfois aux années 70, lorsque de doux rêveurs ou des inventeurs géniaux proposaient des énergies naturelles alternatives.


Les critères : pouvoir utiliser l’énergie solaire actuelle (qui aurait tendance à se renforcer), si possible en marge des productions en place, ne nécessitant que peu d’eau, et avec le meilleur rendement énergétique pour en tirer le substrat carboné : cellulose la plus pure possibles, huiles faciles à extraire, et avec une rotation des cultures la plus rapide... Le colza et le tournesol sont en piste en tant qu’oléagineux, et l’on teste tous les sous-produits agricoles pour en distiller de l’alcool-carburant. Mais ce sont de réelles ruptures qui s’annoncent, dans le choix des espèces végétales exploitées, comme dans les process de valorisation. Et l’on note un retour, prévisible, vers des types de végétaux les plus simples possibles, dont le métabolisme consiste en une croissance effrénée de matériaux simples et faciles à extraire. Bien sûr, au plus simple, on trouve les algues unicellulaires, les premiers végétaux installés sur Terre, championnes incontestées pour produire des huiles.

Pour la cellulose, ce sont les grandes herbacées (déjà présentes à l’Ere Primaire) qui portent le pompon, comme l’herbe à éléphants, ou Miscanthus. tonnes/an) mais aussi en Allemagne et au Danemark. On l’appelle herbe à éléphants, ou encore roseau de Chine. Cette plante est une graminée vivace à rhizome (puissante tige souterraine pérenne : il ne s’agit pas d’une racine) qui possède un métabolisme de photosynthèse très efficace permettant d’atteindre des rendements de 14 à 18 tonnes de matière sèche à l’hectare, selon la maturité de la plante et les conditions climatiques.

Pour un agriculteur céréalier, la culture du miscanthus est relativement simple. Après implantation des rhizomes au printemps, la plante pousse et se développe intensément jusqu’à 4 m de hauteur). A l’automne, la croissance est stoppée, et des feuilles se dessèchent et tombent pour former plante installe un rhizome de bonne qualité. Cette plantation n’est pas mécanisable. Les plants doivent être mis en terre à la main, dans un sol aéré et creusé de sillons.

Mais ces coûts de mise en place sont ensuite étalés sur (au moins) 20 ans, puisque les repousses annuelles ont lieu à partir du même rhizome, sans traitement particulier en engrais ou en phytosanitaire : c’est pratiquement un travail de forestier qui attend ces nouveaux céréaliers...

Cet article est extrait du numéro 48

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