Les turlupins de l'histoire



Ils ont brodé une histoire plus merveilleuse, avec pour lien magique Rennes le Château, siège de secrets terribles et dangereux…


Les turlupins de l'histoire.


A partir de quelques faits réels, d'épopées historiques, de complicité entrecroisées et souvent divergentes, et il faut le reconnaître d'un talent réel pour la mystification, toute une chaîne d'auteurs se disant historiens ont brodé une histoire évolutive qui peut encore réserver des surprises…
Lorsqu’en octobre 1945, Noël Corbu s’installa le long des remparts de Rennes le Château pour un pique-nique dominical, savait-il qu’il allait bouleverser sa vie, ainsi que celle de centaine d’habitants du villages, et enflammer l’imagination de millions de personnes sensibilisées à “l’Or de Rennes” par des dizaines d’articles, d’opuscules ou d’ouvrages publiées dans le monde entier ? Certes, au su de son passé, on imagine mal que ce pique-nique était fortuit.

Noël Corbu, brillant touche-à-tout, fabricant de nouilles pendant la guerre, romancier à ses heures, s’était installé dans le village voisin de Bugarach, à la Libération. Toujours est-il qu’il connaissait l’instituteur de Rennes le Château... qui lui parla de l’histoire de l’Abbé Saunière... qui n’était pas encore celle de” l’Abbé cousu d’or”...

Voici donc la famille Corbu, le nez au vent, qui vient installer son campement, par hasard, à deux pas d’une certaine Villa Bethania. Pour remplir sa carafe d’eau, Corbu sonne à la porte : il fait alors la connaissance d’une vieille dame, l’ancienne dame de compagnie de l’Abbé Saunière, celle qui à sa mort, à reçu tous ses biens en héritage, mais qui vit maintenant dans un dénuement certain : Marie Denarnaud. La discussion s’engage.

De conviviale, elle devient amicale et les Corbu sont conviés à revenir... De fait, en quelques mois, cette vieille dame solitaire tombe littéralement dans les bras de la famille Corbu, au point, le 26 juillet 1946, de la présenter devant le notaire, comme légataire universelle (de ce fait, elle déshéritait sa famille) contre une pension et des bons soins

Ainsi, notre Corbu peut maintenant consulter toutes les archives de l’Abbé Saunière. D’autant qu’après une équipée marocaine qui tourne mal, Corbu décide de s’installer définitivement à Rennes. Pendant trois ans (Marie Denarnaud meurt en janvier 1953), Corbu dissèque et reclasse tout ce qui traîne dans le domaine, sonde les murs et les planchers et tente de tirer les vers du nez de Marie.
En vain... Mais désormais grisé par ce qu’il considère comme la chance de sa vie, Noël Corbu transforme le domaine en restaurant (“La Tour”), et pour attirer le client dans ce lieu désert, il entame la mise au point d’une légende mirifique, celle de l’Abbé Saunière découvreur d’un trésor. Les visiteurs se pressent à Rennes, plus pour écouter Corbu que pour déguster ses plats. En 1956, “La Dépêche du Midi”, en trois articles, lance un mouvement qui ne s’éteindra plus... Béranger Saunière passe à la postérité.

Histoire de Saunière selon Corbu


Né en 1852, dans un village de l’Aude, et aîné de sept enfants, Béranger Saunière fait des études laborieuses au séminaire. Il est ordonné prêtre en 1879, un an après son frère cadet Alfred dont nous aurons à reparler...

D’abord curé du Clat (1882), un village on ne peut plus tranquille, Saunière est nommé curé de Rennes le Château en 1886. Presbytère quasi en ruine, église très abîmée, c’est une pauvre paroisse, avec un pauvre curé qui “touche” républicainement 75 francs par mois. Un traitement qui lui est en plus suspendu quelques mois plus tard pour un prêche musclé et ouvertement anti-républicain.

Cet article est extrait du numéro 46

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