ENIGMES HISTORIQUES
- Mystérieuses constructions sous-marines au large du Japon.
- Un jour, si la Gaule m'était contée…
- La gestation d'une nation.
- Les balbutiements d'Europa.
- Ambitions lointaines et territoires nouveaux.
- Liberté, égalité, fraternité… mais aussi Sociétés.
- Les turlupins de l'histoire.
- Histoires secrètes de l'immigration.

 

 

 

Temple, palais, citadelle… ?
Mystérieuses constructions sous-marines au large du Japon.
Certains n'y voient qu'un récif immergé aux formes étonnantes. Mais la majorité des archéologues sous-marins sont convaincus. D'une découverte historique majeure… dans le grand silence de la Science officielle.
Ce n’est qu’en mars 1995 qu’un plongeur japonais à la recherche d’épaves de la seconde guerre mondiale, et dans une zone plutôt obscure et soumise à des courants violents, s’éloignait de son groupe et s’approchait d’un amas de rochers qui l’intriguait. En venant au plus près, il découvrait alors une structure colossale formée de blocs énormes, régulièrement disposés, en forme apparente de pyramide tronquée, légèrement couverte de corail.
Dans les jours suivants, il replongeait avec des appareils photos, et, les courants sous-marins s’étant calmés, il pouvait alors parcourir l’ensemble de ces “ruines” et ramener des photos qui allaient aussitôt faire le tour de l’Archipel Nippon. En quelques semaines, des centaines de plongeurs curieux, photographes, scientifiques convergeaient en permanence sur ce “spot” qui bien sûr intriguait tout le monde.
Les hypothèses étaient diverses, les discussions très vives.Ou bien l’Homme n’avait rien à voir. Et il n’est pas interdit d’y voir là une accumulation naturelle de blocs selon des dispositions géométriques régulières. Après tout, il y a bien des coulées de basaltes, cristallisés en aiguilles hexagonales, il y a bien des synclinaux sédimentaires torturés par des pressions telluriques, qui présentent des formes régulières étonnantes...Ici, c’est du granite qui apparaissait sous le corail. Une roche solide, susceptible d’être fragmentée lors de tremblements de terre...
Mais franchement, quand on voit l’empilement régulier de ces blocs, leurs arêtes impeccables, la “logique”qui réunit des murailles, des escaliers, des portes, des esplanades... On glisse vite vers une recherche bien différente :
“ Qui a pu extraire, puis assembler ces blocs, et secondairement, pour quel usage ?
Il faut alors procéder par élimination : Par exemple, mettre très vite de côté les tenants (nostalgiques de la dernière guerre) d’une base secrète de sousmarins japonais.
Si cette hypothèse était parfaite pour un scénario de “ Blake et Mortimer “, elle était immédiatement réfutée par les connaisseurs en bunkers et par les géologues. Plus sérieuse est l’hypothèse d’une citadelle moyenâgeuse engloutie à la suite d’un séisme. De fait, il existe sur l’île d’Okinawa plusieurs bâtiments à fonction militaire comme le château de Nakagusuku, dont l’aspect général (murailles à pans inclinés, disposition en haut d’un tertre, escaliers) peut ressembler à ces structures sousmarines.
Mais d’une part, il aurait fallu plutôt qu’un tremblement de terre, un effondrement de toute une portion de la côte pour retrouver intacte la disposition des murailles... Ces citadelles d’Okinawa à qui l’on donne 1 500 à 1 200 années d’âge correspondent à des périodes historiques, et aucun texte ne relate un tel cataclysme... Alors, il faudrait remonter bien plus haut dans le temps, mais cette fois ci évoquer une civilisation qui n’existe pas dans les livres... académiques.
D’autant qu’en quelques mois de recherches, ces structures équivalentes étaient mises à jour non seulement au large de Yonaguni, lieu de la première trouvaille, mais également autour des îlots de Kerama et Aguni... Au total (et toujours dans l’optique de bâtiments érigés par l’Homme), une véritable ville sousmarine, au fond du Pacifique.
Mais revenons à la structure principale : posée un monticule à quarante mètres sous la surface, elle mesure quinze mètres de hauteur pour 80 x 30 m de dimensions horizontales. On y distingue des voies régulièrement pavées, s’entrecroisant, parfois équipées de marches d’escaliers et de portes monumentales. Certaines débouchent sur ce que certains ont décrit comme des places entourées de stèles dressées. Mais aucun interstice, aucune entrée, aucun moyen de pénétrer à l’intérieur de cette gigantesque structure. Alors ce n’est pas un bâtiment habité, mais simplement un lieu de rencontre.

Un lieu sacré ? pour une population disparue?
On fit alors un parallèle avec des mines situées elles aussi en bordure du Pacifique, mais bien conservées au Pérou, à quelques kilomètres au sud de Lima : le site de Pachacamac. On y retrouve le même aspect général de construction massive en gros blocs de pierre dressés. A priori, pas de fonction militaire pour ces constructions pré-inca (environ 2 000 ans d’âge), mais plutôt un rôle religieux, un centre de pèlerinage pour des foules venant de toute la région.
Deux autres site préinca, dont le Temple du Soleil des peuples Moche, célèbre pyramide en terrasse, présentent également une ressemblance sérieuse avec les structures sous-marines de Yonaguni.
Et sur l’île polynésienne de Tonga, deux bâtiments de huit mètres de haut (burden of Mani, et Haamonga-a-Mani), construits en blocs énormes (dont l’un de 109 tonnes...) alignés sur le solstice d’été... Incontestablement, des individus, sur toute l’étendue de l’Océan Pacifique (mais quel était le périmètre à cette époque ?) ont su déplacer et assembler des blocs énormes pour ériger et bâtir des structures imposantes.
Alors on prend mieux en considération les légendes et les traditions des peuples du Pacifique, avec un thème récurrent de mère patrie disparue au cours d’une catastrophe, engloutie sous les flots, et de rescapées s’éparpillant d’île en île pour en perpétuer le souvenir et entretenir la culture. En Hawaï, le survivant s’appelle Kuamu ou simplement Mu. Et un chant ancestral s’appelle Kumulipo, qui décrit le grondement du ciel, le tremblement du sol, et l’arrivée massive de flots bouillonnants, les ravages parmi la population, engloutis dans leur immense majorité. Les recherches océanographiques, à l’occasion de l’installation de multiples câbles sous-marins, les millions d’observations en période de guerre, n’ont jamais permis de retrouver des souvenirs, des traces tangibles d’une telle catastrophe.
Et si l’on revient à notre “ citadelle “ de Yonaguni, elle semble intacte, tous les blocs de granite étant “ soigneusement” disposés pour former une cohérence géométrique, voire fonctionnelle. Certes, la “ communauté scientifique “ admet une remontée des eaux de quarante mètres, mais sur des durées très importantes (dizaines de milliers d’années).
Là encore, ça ne “ colle “ pas. La “ pyramide immergée “ est maintenant livrée au tourisme sous-marin. Des centaines de plongeurs ramènent de belles photos. Par bonheur, il n’y a rien à saccager, rien à piller parmi ces blocs gigantesques. Mais ne serait-il pas temps qu’une équipe scientifique équipée, motivée et compétente, prenne le taureau par les cornes pour faire avancer nos connaissances ?

Extrait d'Effervesciences N°33 Vous pouvez commander ce numéro ICI

 

 

Un jour, si la Gaule m'était contée…
Loin du folklore scolaire ou les barbares sont présentés comme des brutes hirsutes aux mauvaises manières d'ogres velus, loin des clichés historiques ou Gaulois, Goths, Huns, Franc et compagnie sont demeurés figés dans le rôle d'envahisseurs incultes face aux héros romain dûment propriétaire civilisé, il existe aujourd'hui la possibilité de poser un autre regard sur ces pages surchargées du journal de "voyage" d'un territoire que l'on aurait pu intituler :
Un jour, si la Gaule m'était contée…

Les proto-Celtes : des ancêtres bien dérangeants !
De récentes et perturbantes découvertes archéologiques (poteries particulières appelées “vases campaniformes” attestent qu’une culture pré-celtique dense et organisée, descendante de peuples cavaliers dits “indoeuropéens” a peuplé notre prétendue Gaule au moins (!) 2500 av. J.-C et ce jusqu’en Europe centrale. Le chercheur espagnol Pedro Bosch-Gimpera contribua, par exemple, à répandre l’idée que cette migration venue d’Asie aurait même pu se faire dès le VIIe millénaire avant J.C.
Ces deux points de vue sont, de toute manière, parfaitement compatibles si on comprend qu’en fait il y eut plusieurs phases migratoires. Attention: ces proto-Celtes ne sont pas les plus anciens sur ces terres mais il est certain qu’ils étaient là bien antérieurement aux dates historiquement rabâchées, soit autour de 500 av.J.C. en référence aux écrits de Grecs comme Hécatée de Milet ou Hérodote d’Halicarnasse. Un des grands spécialistes des Celtes, Venceslas Kruta, écrit même : “ ...Le IIIe millénaire av. J.C. constitue indiscutablement un moment de rupture nette et radicale dans l’évolution des sociétés de l’Europe ancienne...” De plus en plus de voix, dont celles d’universitaires pourtant consensuels, s’élèvent pour affirmer que la Gaule est une pure création politique de Jules César. Dans la foulée, il faut mentionner qu’il n’y a d’ailleurs pas une Gaule mais plusieurs !
Enfin, à l’intérieur de cet espace géographique au demeurant riche, civilisé et bien quadrillé ( il existe déjà de multiples grands axes routiers celtes rebaptisés, vous avez deviné... voies romaines ) vivent côte à côte environ au moins 60 peuples celtes ...dont nos célébrissimesGaulois...

Entre l’imaginative bande dessinée de la Gaule des Gaulois et le mythe cruel des Grandes Invasions barbares, une histoire différente se faufile un passage vers nos mémoires déformées ou amnésiques grâce, entre autre, aux travaux d’historiens anglosaxons et allemands, aux recherches d’archéologues et d’ethnologues à l’esprit ouvert.
Mais ce réveil mémoriel nécessite un changement de vocabulaire. Par exemple, “migration” remplace “invasion” et “intégration” doit se substituer à “occupation”. Cela ne change rien à la rime de ce véritable poème épique qu’on nomme l’Antiquité mais cela bouleverse complètement son sens et l’impression qu’il nous laisse.Et si ce que vous avez appris comme étant l’époque des “Grandes Invasions” n’était, en réalité que celle des Grandes Migrations ?

Existe-t-il un mythe Gaulois et un mystère Franc ?
Avant les Gaulois, de nombreuses peuplades venues du Nord et de l’Est occupaient ce territoire . L’histoire officielle n’a pas retenu leurs noms et leurs origines, mais nous en voyons les vestiges, entre autres les “pierres levées”. Les Sages et les Druides déclarèrent à l’envahisseur romain qu’elles étaient là depuis toujours, “depuis que la terre existait” !
Il y eut aussi une forte population “Ligure” venue d’Italie jusqu’en Provence et qui peu à peu s’intégra aux Celtes. Les Gaulois sont en réalité le plus riche et le plus nombreux des peuples Celtes. Son importance était d’ailleurs telle que les Grecs et les Romains appelaient globalement les Celtes : Gaulois.
Sans garantir que toutes ces tribus vivaient en parfaite harmonie les unes avec les autres, il est clair qu’elles s’entendaient suffisamment pour commercer non seulement entre elles, mais encore avec le reste du monde et, notamment, avec les îles britanniques, la vallée du Danube, avec le pourtour méditerranéen et le Moyen-Orient, essentiellement d’ailleurs colonies romaines dont de nombreux comptoirs commerciaux étaient établis en Gaule dans les villes principales.
C’est un peuple extrêmement métissé aux racines très anciennes qui plongent dans la mémoire oubliée de l’histoire des civilisations… Les Celtes n’ont jamais eu de cohésion véritable mais deux composantes récurrentes à leurs origines obscures et disparates, la langue et le druidisme fournissent une sorte de carte d’identité commune.
Il faudra quatre siècles à Rome pour remplacer le celte par le roman qui sera la base du français, cependant qu’un celte mâtiné de latin perdurera dans les campagnes. Le breton en est un descendant. Mais il en sera différemment du druidisme et ce malgré les persécutions car il était la pierre angulaire et l’essence même des sociétés celtiques.
En effet, de récentes découvertes archéologiques mettent enfin en lumière une culture bien plus vaste et bien plus sophistiquée que les clichés enfantins véhiculés par les livres d’histoire ! Un exemple en est le tombeau de Vix, sépulture de Childéric le père de Clovis, découvert accidentellement par un terrassier en 1653 et qui contenait, entre autres objets ornementaux ou guerriers, une baguesceau en or portant l’emblème d’une abeille et 300 abeilles d’or aux ailes de grenat munies d’agrafes.
On reviendra plus loin sur ce dernier détail lourd de sous-entendus. Les Francs, de leur côté, sont étroitement liés à la culture hébraïque. La Lorraine, qui se trouvait autrefois dans l’ancienne Austrasie, est criblée de noms de lieux et de villes aux origines hébraïques tels que: Sathan, Bââlon, Avioth, le mont Sion, etc.
Mais qui sont donc vraiment ces Francs à l’origine non seulement de l’étrange lignée Mérovingienne mais aussi du nom même de ce pays: la ? En ce temps là, environ à la fin du Vème siècle alors que l’empire romain n’est plus qu’un géant moribond, royaume Wisigoth du sud de la Gaule est inversement en pleine expansion. Pour les Goths, même situation !
Grands voyageurs, on ne peut affirmer clairement leur source, de toute façon très antique elle aussi...
Quoi qu’il en soit, ce sont eux qui, à ce moment de l’Histoire, sont quasi maîtres de l’Europe de l’Ouest à travers les deux branches de leur famille : les Ostrogoths au Nord et les Wisigoths au Sud. Ce dernier territoire, véritable mono bloc allant de la Loire à l’Andalousie avec pour capitales Toulouse et Tolède est hautement civilisé grâce à leur influence. Dans un de ses livres Ferdinand Lot écrit même à ce sujet :
...il semble que le monde romain va, en Occident, poursuivre ses destinées sous le protectorat de la plus civilisée des nations, le grand peuple des Goths....Mais le reste de la Gaule devait former un état romano-gothique gouverné par la dynastie des Balthes. Le peuple élu, c’était celui des Wisigoths...
Seulement voilà, en quelques années seulement, ce grand et puissant peuple va perdre l’essentiel de son royaume gaulois sous les assauts d’une obscure tribu venue du Nord: les Francs ! Pourquoi ? Même si le nom de Franc ne cesse d’entretenir la controverse, il semble cependant juste de dire qu’il descend du germanique “wrang” participe passé du verbe “wringen” et qui signifie “ceux qui ont erré en tous sens”. Rien que ce sens transporte en lui un lourd bagage de nomadisme et de migrations anciennes. Diverses recherches historiques, ethnologiques, sémantiques et archéologiques ont permis de tracer une sorte de carte routière de leurs migrations successives jusqu’à cette page de l’Histoire.


Un peu d’éthymologie
Le mot druide a une racine sanscrite. Peu banal n’est-ce pas pour une culture celte donc d’origine nordique ? Il se rattache à deux mots dont l’ensemble veut dire “homme savant”. L’étymologie, la sémantique sont de précieux outils pour retrouver son chemin dans les labyrinthes des migrations et des mélanges ethniques. Une des premières manifestations du métissage
culturel est la déformation des mots et des noms par le mixage linguistique. On rencontre la même situation avec ce peuple des Francs tellement méconnu.

Les Francs ne sont pas un peuple
en fait, mais une confédération de plusieurs tribus parmi lesquelles, les Ripuaires, les Chamaves, les Sicambres appelés aussi Saliens, etc. C’est justement cette dernière qui nous intéresse car elle est la seule à fonctionner à la manière d’une caste. L’ensemble de ces tribus la considère comme “à part”, sacrée d’une certaine façon et capable de donner des rois !

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La gestation d'une nation.
Un nouveau livre d'histoire début à Clermont Ferrand, le 27 Novembre 1095. Le Pape Urbain II y prononce une déclaration de guerre qui sera à l'origine d'une longue période de fanatisme et de cruauté accomplis au nom de Dieu, mais aussi de façon bien imprévisible, d'un processus migratoire, commercial et culturel à l'instar des vases communicants. Des croisades médiévales aux innombrables guerres de religion, du schimes des papes à la guerre de Cent ans, de la sainte Inquisition à la Saint Barthélémy, se dessine, sous influence de l'église… la gestation d'une nation.

Et des Francs firent souche en Orient.....
Les lames de fond de l’immense déferlante catholique qui s’abattit sur l’Europe, le Moyen-Orient et déjà une partie de l’Asie, quand sonnèrent les cloches des Croisades, transportent violemment gens et connaissances sur des rivages inattendus, autour de cette mer méditerranée du Xie siècle, depuis longtemps déjà carrefour de civilisations et enjeu stratégique où s’agitent chrétiens d’Occident, Byzantins et musulmans. La France féodale va, par exemple, accueillir des Juifs venus d’Italie, d’Espagne et du bassin du Rhin, ou encore des Arméniens de Cilicie dont le dernier souverain Léon V de Lusignan était d’ailleurs français. Inversement, ces guerres saintes offraient l’occasion miraculeuse d’une occupation, le plus loin possible (!), à des soldats, chevaliers et suzerains désoeuvrés, en mal de querelle et dont la distraction première consistait alors à s’entre-tuer allègrement, à piller, violer et trucider à tour de bras dans les provinces laminées de France.
Devenus ensuite croisés, templiers (moines soldats), guerriers de Dieu, ils découvrent des pays magnifiques et des civilisations qui faute de calme respiraient malgré tout luxe et volupté ! On ne le rabâchera jamais assez, ce sombre Moyen Age a connu bien des lumières et fut, notamment en Orient, une époque de magnificence et d’échanges. L’Occident est à ce moment là notamment très “tendance” dans la riche Constantinople.
La Normandie a été envahie par beaucoup de peuples : Saxons, Bretons, Vikings.Les Vikings pénètrent réellement partout. Le voyage coule dans leurs veines aussi bien que leur sang. En Europe Orientale, par exemple, ils sont connus sous le nom de Varègues et forment la garde d’élite rapprochée des empereurs byzantins.

Quand les Vikings deviennent les Normands
Qui sont-ils exactement ? C’est là aussi un peuple très ancien dont une des étapes géographiques fut la Scandinavie. Leur nom vient, pour certains, du mot “vika” qui signifie “aller à l’aventure” et pour d’autres d’une expression en norrois, leur langue, qui veut dire “ guerriers de la mer”. Les vikings s’attaquent aux cités de l’Empire carolingien en déclin (Hambourg, Dorestad, Rouen, Paris, Nantes, Bordeaux). Ils se sont faits aussi une spécialité des raids guerriers, pillant les villes portuaires et les riches abbayes.
Ils encerclent Paris durant l’hiver 885-886 ! En effet, leurs bateaux très rapides sèment la terreur vers Bordeaux et surtout sur la Seine qui est un fleuve marchand drainant un fief opulent : le marquisat de Neustrie. Celui-ci appartient à une puissante famille de l’aristocratie franque, les Robertiens. Une sorte d’alliance mixte de paix et de protection sera signée avec leur chef: Rollon, en 911, sous forme d’un traité leur accordant de vastes territoires en France septentrionale (une part de la Neustrie), l’actuelle Normandie le “pays des Normands” où ils s’établiront, prenant alors ce nouveau nom qui veut dire “ hommes venus du Nord “. Rollon devient alors le Comte Robert le premier de la lignée des Ducs de Normandie. Un de ses héritiers futurs, Guillaume le conquérant, prendra possession, en 1066, du trône d’Angleterre et deviendra alors bien plus riche et influent que le Roi de France !

Vikings, Celtes,Bretons : 3 Peuples mais une même origine !
Ne croyez pas que Vikings, Celtes et Bretons soient des entités différentes. Bien au contraire, ils ont une origine commune, indoaryenne (elle-même fille d’une race plus lointaine...) installée un certain temps dans le Caucase. Celle-ci est profondément inscrite dans le patrimoine et la géographie de la France actuelle. Abraham-Hyacinthe Anquetil-Duperron, cet esprit libre hors du temps, n’a-t-il pas clairement ouvert, fin du 18è siècle, la voie aux futurs “ orientalistes “ qui, après lui, vont devoir s’incliner devant l’indéniable parenté de tous les peuples issus de l’ancien monde ? Parmi eux, ces normands: la famille des Burnouf et du Méril qui écrira en Août 1839, dans le journal de l’arrondissement de Valognes : “ Tous les peuples qui ont renversé l’Empire romain et ont renouvelé la face de l’Europe, Francs, Goths, Burgondes, Lombards, Angles, Saxons, Scandinaves ou Normands, appartenaient à la même race. C’étaient les enfants d’une même famille venus depuis un temps immémorial de l’Asie centrale dans les régions du Nord. Ce fait est établi par la conformité de leurs langues, de leurs moeurs et de leurs usages... “
Toutes ces tribus ont en effet, conservé beaucoup de choses en commun. Leurs mythologies partagent une même structure, les aspects matériels de leurs cultures sont très proches, et une même conception héroïque de la vie les unit. Voici quelques exemples à approfondir, si le cœur vous en dit...

l’alphabet runique
Il s’agit d’un langage extrêmement ancien dont le caractère profondément sacré accompagnait les rituels divinatoires. Les druides l’utilisaient au delà du niveau du son ou du sens des mots. Chaque signe de cet étrange alphabet était implicitement un porteur de message divin, un vecteur de connaissance cachée.
“ La langue originelle Nord-Atlantique repose sur des liaisons purement symboliques “ Herman Wirth . Les runes étaient d’ailleurs couramment employées en héraldisme, la mystérieuse science des blasons qui fleuriront partout au sein de toutes les familles.

le culte de l’arbre
Il s’appelle Yggdrasill ou frêne de Odin pour les Vikings. Ce grand arbre-monde, traversait le temps et l’espace, perpétuellement attaqué par Nidhogg, le serpent du mal. La fontaine de Mimir, source de la sagesse cachée, coulait sous une de ses racines. Chez les Celtes, c’est Bile ou If de Magna, le roi des Arbres ou arbre primordial lequel intégrait en lui les qualités du chêne, du pommier sauvage et du noisetier. Ils personnifient tous deux la matrice vivante dans laquelle le Cosmos est contenu le pouvoir secret des pierres.
Le culte viking se tenait à l’extérieur, sous des arbres tutélaires, près des sources sacrées ou bien à l’intérieur d’un arrangement sacré de pierres. Le culte celte, rendu par les druides, se nourrit aussi des pierres et de l’eau de certaines sources. C’est un rituel sacré de la Nature. Il existe des pierres runiques, c’est à dire gravées de runes, des pierres à cupules qui sont souvent criblées de trous plus ou moins larges et profonds, à priori pour recueillir un liquide, eau ou sang ? Un exemple se trouve en Velay, à l’est de Tombarel, en bordure de la rivière Veyradeyre l’art étrange des nœuds Celtes, Bretons et Vikings ont merveilleusement dessiné, gravé et martelé des entrelacs sur le papier, les métaux, le bois ou la pierre.
A la cour de Manuel Comnène, soit entre 1143 et 1180 environ, les tournois et autres divertissements chevaleresques sont à la mode et essaiment dans toute l’Europe de l’Ouest. Mais de manière générale, le prosélytisme du moment n’empruntait pas que des paroles d’évangiles car les croisés ont aussi été l’instrument de la propagande des institutions et des pratiques de la féodalité qui regroupaient un certain art de la guerre où cheval et armure étaient de véritables héros et où la conception des fortifications était érigée en science.


Un extraordinaire croisement de “courants” culturels se met en place.
L’architecture en est un tableau très démonstratif. Tandis que l’influence byzantine nous laisse, en matière d’environnement religieux, l’usage de la coupole, des instruments et des vêtements sacerdotaux, l’Occident dessine sur les paysages de Turquie, du Liban, de Syrie et de Palestine, les sobres courbes romanes et la minérale dentelle gothique.... Les Francs vont s’installer tant bien que mal en Orient, notamment en Syrie et Palestine, dans le sillage de Godefroy de Bouillon et de ses seigneurs à partir de 1099. L’impact artistique, scientifique et philosophique qu’une telle rencontre culturelle déclencha en Occident est fondamentalement incalculable.
Indifféremment baptisés Maures, Sarrasins ou Arabes, ces guerriers puissants envahirent la France au VIIIe siècle, dans la foulée de leur conquête de l’Espagne.
Historiquement, il y eut trois vagues d’attaques successives qui se répartirent sur trois longs siècles. Les deux premières ressemblaient davantage à des raids qui se heurtèrent aux troupes résolues d’un royaume pourtant très divisé. Cependant, la Provence, et plus généralement le sud du territoire, fut fortement marquée de leur invasion.
C’est la dernière qui eut lieu vers 885, au moment où ils prirent possession des montagnes des Maures (Fraxinet), qui fut déterminante. La côte sud de la Gaule passe alors complètement sous autorité arabe mais leur influence se fait néanmoins sentir jusqu’en Bourgogne. Bizarrement, et c’est fondamental, la présence arabe ne devint pas une immigration au sens humain et social du terme.
Elle exerçat en réalité un curieux impact, à la manière de la crue d’un fleuve qui, au premier niveau semble tout noyer sur son passage, mais dépose et abandonne en réalité un limon fertile là où, auparavant, ses eaux avaient effrayé tout le monde ! L’étrange alchimie de la rencontre des antiques connaissances véhiculées par la civilisation arabe avec l’intellect curieux et disponible des juifs d’Espagne et du sud de l’ancienne Gaule fut une explosion culturelle aux répercussions profondes et durables ! En Espagne, l’Empire des Omeyyades, l’émirat de Cordoue, puise son extraordinaire prospérité de 755 à 1031 dans l’or du Soudan. Cette prospérité rejaillira indirectement sur tout le sud grâce à l’ouverture d’esprit d’hommes et de Il est intéressant de rappeler les termes longtemps jugés excessifs de Foulcher de Chartres dans son “ Historia Hierosolymitana” :
“...Dieu a transformé l’Occident en Orient... celui qui habitait Reims ou Chartres se voit citoyen de Tyr ou d’Antioche. Nous avons déjà oublié les lieux de notre naissance, déjà ils sont inconnus à plusieurs d’entre nous, ou du moins ils n’en entendent plus parler ; tels d’entre nous possèdent déjà en ce pays des maisons et des serviteurs qui lui appartiennent comme par droit héréditaire ; tel autre a épousé une femme qui n’est pas sa compatriote... l’un cultive les vignes, l’autre des champs...”
Entre deux guerres, nobles seigneurs et chevaliers, n’hésitaient pas à conclure avec leurs ennemis des liens solides aboutissant souvent à de vraies alliances. Ils apprirent, dans la grande majorité, à comprendre leurs us et coutumes, leurs diverses religions (maronite par exemple) et même leurs langues !

Tous les chemins partent de Rome
Le pape Urbain II obéit à l’appel de Dieu...à sa manière....Il déclare ainsi : “Turcs et Perses, Arabes et Agaréens ont envahi Antioche, Nicée et Jérusalem elle-même qu’ennoblit le tombeau du Christ, ainsi que plusieurs autres villes chrétiennes, et déjà ils ont déployé des forces immenses dans le royaume des Grecs. Maîtres incontestés de la Palestine et de la Syrie qu’ils ont déjà soumises, ilsont détruit les basiliques et immolé les Chrétiens comme des bêtes. Dans les églises où jadis le sacrifice divin était célébré par les fidèles, les païens ont fait des étables pour les animaux...”

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Les balbutiements d'Europa.
Du bas Moyen Age à la Renaissance : une période d'environ trois siècles, où l'étranger passe par tous les extrêmes. De l'intégration à l'exclusion, de l'accueil ouvert à la pure xénophobie, toujours en filigrane dans cette société en germe d'une unité nationale, l'homme ne manque pas de motif pour pourchasser un horizon où croyant trouver Dieu, il rencontre l'Autre ! Il est " l'homo viator", le voyageur, à pied ou à cheval qui de ses deux dimensions originelles : son village et le royaume va devoir, par foi ou besoin, en intégrer deux autres celles appartenant à cet étranger qu'il rencontre partout.Les balbutiements d'Europa.

La Chrétienté latiniste : l’ancêtre dévote de l’Europe financière :
Nous sommes à une nouvelle charnière historique. Il commence à exister une sorte de conscience nationale qui relie ces populations que tout semble apparemment opposer : Picards, Normands, Languedociens, Champenois, Flamands, Bretons, Provençaux, etc.Plus globalement d’ailleurs, ces peuples occidentaux du Moyen ge se reconnaissent une appartenance européenne avant la lettre, un lien moins monnayable que l’euro mais d’une valeur plus stable, il s’agit de l’état de “chrétienté”. A la fois trait d’union et frontière de l’esprit, il poussera nombre de ces gens, gueux ou seigneurs, sur les routes d’Europe et d’Orient. Marc Bloch écrit à ce propos :
“ ...L’intéressant, c’est que s’établit malgré tout, malgré le cloisonnement politique, une convergence évidente de civilisation, de culture. Le voyageur, sur le chemin de tel pèlerinage (celui de Saint- Jacques-de-Compostelle par exemple) ou en déplacement d’affaires se sent chez lui aussi bien à Lubeck qu’à Paris, à Londres qu’à Bruges, à Cologne qu’à Burgos, Milan ou Venise. Les valeurs morales, religieuses, culturelles, les règles de la guerre, de l’amour, de la vie, de la mort sont partout les mêmes, d’un fief à l’autre quels que soient leurs querelles, leurs révoltes ou leurs conflits. C’est pourquoi, il y a vraiment une Chrétienté une... “

Quand l’Angleterre et Europa aimaient parler français
Ce vaste territoire qui se revendique peu à peu comme “ Europa “ aime le français. C’est incontestable et significatif du contexte de l’époque où la France joue un rôle pulsionnel dans ces courants entrelacés de connaissances et de commerces. Le comte Florent V de Hollande avait appris le franc.
La chevalerie franque a introduit une foultitude de mots en Allemagne. Martin du Canal écrit en 1267 sa “ Chronique de Venise “ entièrement en français, suivi en cela plus tard par Marco Polo qui publiera dans la même langue le récit de ses voyages…On pourrait faire une longue liste énumérative.... Et qu’en est-il de l’Angleterre ? Bien après la montée de la lignée normande, mi-viking, mi gauloise, sur le trône d’Angleterre, une succession d’expéditions militaires anglaises, grosso-modo entre 1337 et 1475, raviva dans la passion et l’ambition les liens étroits qui ont toujours unis ces deux pays. Ce long siècle de querelles est passé à la postérité sous le nom de Guerre de Cent Ans.
Il faut savoir que déjà, avant la guerre de cent ans, les Français ont été expulsés d’Angleterre et de même, les Anglais de France. Ce contexte de règlement de compte provoquait souvent des arrestations. Les taverniers avaient d’ailleurs l’obligation de déclarer qui ils hébergeaient. Pourtant, tous les rois d’Angleterre d’Henri II (1154) jusqu’à Henri VI (mort en 1471) épousèrent des princesses francophones et, dans les dots de ces alliances, se trouvait une suite de familiers et de serviteurs particulièrement importante !
Au XIIIe siècle par exemple, l’influence de la parentèle d’Éléonore de Provence, épouse d’Henri III, ajoutée à celle des Lusignan, les demi-frères du roi, était telle que les barons anglais s’en alarmaient. Cependant, l’histoire ayant beaucoup d’humour, ces mêmes barons anglais inquiets prirent pour chef, le moment venu, un autre français: Simon de Montfort ! Beaucoup d’immigrés français faisaient partie du Tiers Etat anglais et se regroupaient par quartier (processus au demeurant fréquent, quel que soit le pays d’accueil et l’origine des migrants).
C’est le cas des parents de St Thomas Becket puisque son père était de Rouen et sa mère de Caen. De telles concentrations d’étrangers focaliseront parfois la vindicte de la populace appauvrie à la fois par la peste et la guerre. Le peuple ayant toujours besoin d’un bouc émissaire rejettera violemment l’origine de ses maux sur ces étrangers, les pillant et les tuant lors, notamment, des émeutes de 1381, un peu à la manière d’un sacrifice expiatoire.
Parallèlement, le monde religieux anglais est pétri de français car, bizarrement, il manipule mal le latin. C’est ainsi que les augustins, dominicains et franciscains ont très souvent recours au français dans leurs écrits ou leurs sermons. Autre domaine où la langue et l’influence française fut durable et caractéristique est celui du Droit. Il faudra d’ailleurs que l’Angleterre attende le XVIème siècle pour avoir un manuel de droit imprimé en anglais !
Et encore, le français n’en disparaît pas pour autant. L’héraldisme en conserve, de nos jours encore, une trace vivace avec des devises comme: “Dieu et mon droit “ devise des souverains anglais ou bien, “ Honni soit qui mal y pense “ devise de l’Ordre de la Jarretière....
De cette très importante souche française naquit une mode intellectuelle du français. Ainsi, cet extrai traduit des “ Contes de Canterbury “ de Chaucer (né et élevé dans un quartier d’immigrés francophones à Londres) où une Prieure s’efforce d’avoir les “ belles manières “ de la haute société : “ ...Elle avait pour nom Dame Églantine, Chantait à merveille hymnes et matines Qu’elle entonnait savamment par le nez.Elle parlait un français des plus raffinés, Le français qu’on apprend à Stratford-at-Bow Car du français de Paris elle ignorait le moindre mot.... “
Pour Gérard de Galles, afin de s’assurer une bonne situation, il faut être capable de manier également latin français. Mais, attention, pas n’importe lequel ! Non. Il faut apprendre le français de France, “ élégant, travaillé, fort éloigné de la mixture grossière “rude feculentum” du français quotidien des Anglais, ainsi qu’il l’exprime lui-même...
Parmi les causes de ce déclin progressif du français en Angleterre se trouve la Guerre de Cent Ans qui, évidemment, en faisant flamber le patriotisme anglais réduisit presque en cendres l’engouement pour la culture En 1337, il est en effet française tellement boudé que le Parlement oblige nobles et bourgeois à faire apprendre le français à leurs enfants pour les rendre davantage capables d’aller se battre (et donc se faire tuer!?) en France ! On peut douter de l’intérêt culturel de la chose....à part mourir un peu plus savant ?

Les contradictions du Grand Turc : épouvantail religieux ou bouffonneries orientales La Méditerranée a connu bien des tempêtes et des batailles mais cette époque en ébullition qui traverse les XVème et XVIème siècles est exceptionnelle d’insécurité. Marchands, voyageurs et marins tremblent car les menaces sont partout ! A l’Est, elles viennent de la marine ottomane qui, entre autre, veut récupérer les possessions génoises et vénitiennes de la mer Égée.
A l’Ouest, elles jaillissent du Maghreb où, à partir de 1502 les frères Barberousse (nom dérivé de la déformation l’aîné qui arborait en effet une impressionnante barbe rousse !) qui sont déjà redoutablement célèbres à travers toute la Méditerranée comme corsaires affidés à Constantinople, vont installer leur quartier général.
Dès que l’aîné des frères nommé s’empare Si le mot “Europa” est très peu usité, celui de “ Christianitas “ est couramment employé pour définir ce vaste royaume de la chrétienté latine qui s’étend de l’Atlantique à la Sicile et s’étire jusqu’aux frontières de l’Empire byzantin.
Les seigneurs sont déjà très mobiles par goût, moyens et traditions. Les voyages à l’étranger font partie de leur apprentissage.
De plus, qu’il s’agisse d’un voyage plaisir ou d’un déplacement militaire, le jeune seigneur y trouve souvent femme et soit se fixe à l’étranger soit ramène son épouse (et sa culture !) en France. Le règne mérovingien a laissé de toute manière à l’intelligentsia une grande facilité à tisser des liens internationaux grâce au latin parlé dans l’ensemble du “regnum”.Sans tomber dans la naïveté d’une mémoire idéalisée, il est juste de préciser encore que les multiples
échanges entre monastères, les parcours incessants des “clercs”, les circuits de “compagnonnage” des artisans, les pèlerinages à l’instar de celui de Compostelle, achèvent de donner une ouverture européenne à ces infatigables voyageurs de jadis qui se fixaient ici ou là, qui nouaient contacts et amitiés avec des hommes d’autres territoires, rentrant chez eux fatigués mais différents, changés, par cette diversité qui s’est mêlée à la poussière et à la boue du long périple.

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Ambitions lointaines et territoires nouveaux.
La France entre dans une nouvelle phase croissance pleine d'ambivalence, d'avances et de reculs. Elargissement des frontières, conquêtes de terres exotiques et lointaines, effervescence commerciale, artisanale et artistique, alliance politiques inattendues sont la toile de fond d'un tableau haut en couleurs.
Ambitions lointaines et territoires nouveaux.
Le code Noir Devant l’ inflation des émancipations d’esclaves dans sa commune, le maire de Nantes réclame, en 1716, qu’il soit interdit aux Noirs d’épouser des Françaises. Le Conseil Royal d’Etat intervient alors pour régir l’entrée des Noirs en France. Il cède devant les pressions influentes des colons et leur accorde alors d’importantes concessions.
Par exemple, le mariage mixte n’est pas interdit mais il est tributaire de sévères restrictions, notamment la nécessité du consentement expresse du “maître”. La plupart des Français ignorent l’existence du Code Noir qui “ fonde le non-droit à l’état de droit des esclaves noirs, dont l’inexistence juridique constitue la seule et unique définition légale “. Son article 44 stipule: “ Déclarons les esclaves être biens meubles “ Cette phrase se passe de commentaire, ce me semble !! Ce texte, introduit à la Cour du Roi Soleil en 1685, traverse sans encombre la Révolution pour n’être aboli qu’en 1848, au début de la seconde République.
En effet, contradictoirement, la révolution des Droits de l’Homme ne méritera souvent ce titre grandiloquent que sur le papier. Car, dans les actes, les esclaves noirs auront encore bien moins de perspectives et de protections après 1789 et surtout à partir de l’arrivée de Napoléon au pouvoir.
Nous voici à un nouveau croisement historique, capital pour l'enchaînement des évènements qui se préparent. La France arrive à un carrefour où convergent soudain desroutes venues de tous les horizons. Pour des motifs très différents et en quelques décennies seulement, des populations disparates viennent s'installer un peu partout sur le sol français. C'est un patchwork décousu de cultures, une mixture improbable d'origines et de traditions très diverses que l'on peut, grosso-modo, classer par type :
- aristocrates de divers pays (et leurs entourages ), du fait des mariages exotiques des rois.
- Lombards venus en France pour des motivations économiques et politiques.
- Hollandais et Flamands, conséquence des grands travaux d’Henri IV et des guerres de religion.
- Maîtres artisans et ouvriers spécialisés italiens au moment de la création des manufactures royales par Colbert.
- Juifs espagnols et protestants irlandais fuyant les persécutions religieuses.
- mineurs et métallurgistes d’Allemagne qui viendront par la suite.
- peuples noirs, esclaves ou colonisés, moyens et résultats des démarches colonisatrices.
Au coeur même de cette agitation bouillonnante de gens et de rêves existent...les grands ports maritimes qui se révèlent, une fois de plus, de fiévreux portails d’échanges cosmopolites. Nombreux sont, à cette période là, les ports français qui agissent comme autant de “vortex” de communications avec des terres lointaines; Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Le Havre et Dieppe sur la côte atlantique et Marseille (depuis 1481) sur la Méditerranée. Cependant, Nantes se détache de tous les autres par son importance tant économique que sociale sur cette tranche particulière du Temps.
Nantes, un creuset des métamorphoses de la France à venir ... :
A lui seul, Nantes est un meltingpot de cultures et de peuples disparates, très représentatif de cette France qui change de couleur et de visage au fur et à mesure de la poussée irrésistible du commerce et des échanges nés des pseudo “découvertes” d’aventuriers marins, scientifiques ou religieux, mais aussi des exils de populations en butte aux querelles et aux persécutions religieuses. Jugez plutôt : Dès le XIIIème siècle, les Lombards s’y installent. Comme ils sont chrétiens, ils n’ont aucun mal à s’intégrer rapidement. Au début, leur activité est centrée autour du trafic de l’or et de l’argent mais, progressivement, leurs échanges s’élargiront bien au delà du domaine bancaire. A partir des années 1420-1450, c’est le tour des Espagnols avec une migration essentiellement composée de juifs “ marranes “ c’est à dire convertis (officiellement), de gré ou de force , au christianisme. Ils portent donc de nouveaux noms aux intonations plus “catholiques”. Rapidement, ils se taillent une belle place au soleil du commerce nantais. Avec l’Édit de Nantes, en 1598, s’achèvent les guerres de religion sur le sol de France. Véritable aimant à populations persécutées dans leurs croyances, la terre de France devient une nouvelle fois terre de refuge, et tout particulièrement l’Ouest. A partir de ce moment, viendront les Hollandais, bien accueillis du fait de leur savoir faire et , accessoirement, grâce à l’Édit de Nantes. Ils se répandront largement dans toutes les provinces du grand Ouest. Spécialistes des questions marines, ils se distinguent dans l’assèchement des marais et la construction des canaux mais aussi , de façon plus inattendue, dans le raffinage du sucre et la vinification. Contrairement à d’autres communautés, ils ont du mal à s’intégrer complètement. Dès 1605, une première vague d’Irlandais déferle à Nantes. Fuyant le double spectre de la misère et des persécutions religieuses, ils arrivent d’emblée en position de “réfugiés”, ce qui les fait plutôt mal accueillir des nantais.
Une seconde déferlante d’irlandais exilés aura lieu bien plus tard, en 1688, dans les bagages de Jacques II, roi d’Angleterre, venu se réfugier lui aussi à la cour de Louis XIV, son cousin. D’abord très renfermée, la communauté irlandaise, en rompant avec son pays d’origine après l’échec de la tentative de reprise du pouvoir anglais du prétendant Stuart d’Écosse, s’ouvre définitivement à son assimilation française à partir de 1745. Mais cette effervescence commerciale et humaine va s’accentuer davantage lorsque Nantes va entrer dans l’histoire de la traite négrière par la grande porte ! Tout commença pour eux sous l’impulsion du prince Henri le Navigateur puisque les Portugais, exploitant une très longue route maritime (toute la côte africaine jusqu’au cap de Bonne- Espérance plus l’Océan Indien) ont besoin de beaucoup de navigateurs aguerris. Ils recrutent donc des nantais, à la réputation méritée, qu’ils chargent d’explorer le littoral occidental de l’Afrique. Entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, ce sont les chiffres impressionnants de 3.829 expéditions négrières, de 450.000 esclaves en transit et de 45% du trafic de la traite négrière qui passeront par son port, véritable plaque tournante. Nantes remportera ainsi la triste palme du premier port négrier de France ! Sous la double explosion de l’affluence des étrangers et de l’intense commerce avec les colonies, la ville se métamorphose. Opulente et cosmopolite, elle s’enrichit à double titre des influences d’armateurs étrangers venus s’y installer et des répercussions de ce commerce négrier d’hommes et de marchandises nouvelles.

Nettoyer le tableau noir de l’esclavage
Primo, le XVè siècle n’a rien inventé ! D’une certaine façon, ce siècle et la réputation contestable que les manuels d’histoire lui ménagent dans la culture générale, sont une imposture. Non seulement, l’esclavagisme est une vieille, très vieille habitude de l’Homme...qui se trouve provisoirement du côté le plus fort mais, accessoirement, il est établi aujourd’hui que les découvertes de Colomb et de tous ces marins découvreurs de l’époque, ne sont que des ersatz des voyages oubliés de l’histoire antique ou même encore plus proche....
Par exemple, intéressez-vous à ces captifs Slaves qui alimentaient massivement le commerce esclavagiste pratiqué entre Venise et l’empire Arabe du sud de la Méditerranée. C’est particulièrement instructif ! Le “Quai des esclaves”, de son vrai nom, la Riva Degli Schiavoni, à Venise est d’ailleurs l’un des vestiges de cette période. Il est inapproprié ici de s’étendre sur un sujet aussi vaste, bien qu’il le mérite à plus d’un titre. Revenons donc à la question africaine. Secundo, la version officielle dela traite négrière est fortement sujette à caution. Elle baigne, en effet, dans une pénombre trouble faite de demi-vérités et d’occultations discrètes grâce au travail d’éducation historique entretenu par les grandes puissances (Europe et Etats-Unis) depuis plusieurs siècles.....et aujourd’hui encore.

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Liberté, égalité, fraternité… mais aussi Sociétés.
Les diverses fermentations politiques, sociales et intellectuelles récupérées, voire "inventées", pour une organisation silencieuse et polymorphe ont trouvé une expression violemment transformatrice dans la Révolution de 1789. La confusion des idées et des motivations est alors un peu comme une brume opaque s'échappant d'une marmite au contenu bizarre, mélange d'un contexte parvenu au stade de l'ébullition…
Liberté, égalité, fraternité… mais aussi Sociétés.

L’étranger et l’esclave dans la littérature des “Lumières”
Dans le foisonnement des idées libertaires qui se répand en France durant, grosso modo, le demi-siècle qui précède la Révolution de 1789, la littérature étrangère y tient une place toute spéciale. Parmi les exemples significatifs, se trouve un héros de roman, Moses Bom Sam, personnage un peu noir (de peau !) qui parvient à déclencher une révolte d’esclaves tout en trouvant, avec le blanc, une solution de compromis. Double exploit s’il en est ! Venu d’Angleterre en 1735, entre les pages de la gazette le “ Pour et Contre “ fondée et écrite par le drôle d’abbé Prévost, cette histoire est une curieuse prophétie (!?) d’évènements à venir. Est-il utile de préciser que l’auteur controversé de Manon Lescaut qui arbore un cœur jésuite et l’habit bénédictin, cet Antoine François Prévost est aussi franc-maçon ? En été 1737, il évoque d’ailleurs ce “langage universel “ si caractéristique et si cher aux “ Fils de la Veuve “ et qui permet à deux francs-maçons de s’identifier comme frères, par delà la séparation arbitraire de la langue et le dédale labyrinthique des Loges disséminées à travers le monde.
Autre abbé, autre histoire ! La 3ème édition de l’ouvrage de l’abbé Raynal: “L’histoire des deux Indes”, ce jésuite et journaliste (il fut un temps directeur du Mercure de France) souleva un tollé encore plus virulent que ses deux précédents tirages, au point de voir ses exemplaires brûlés en place publique sur ordre du Parlement de Paris et obliger son malheureux auteur à fuir ventre à terre à l’étranger. Dans cette histoire philosophique et politique des établissements commerciaux européens répartis dans les deux Indes, l’abbé Raynal traduit sa conviction qu’une révolte ne peut qu’éclater dans les colonies !
Il écrit notamment : “ Deux colonies de nègres fugitifs existent déjà. Ces éclairs annoncent le tonnerre. Il ne manque qu’un chef courageux. Où est-il ? Il surgira, n’en doutons pas. Il viendra et brandira le drapeau sacré de la liberté. “Et pire, il va jusqu’à laisser entendre que cette rébellion peut être victorieuse ! Se base-t-il sur une analyse du contexte volcanique de l’époque...ou bien sur d’autres éléments ? En effet, même si l’écrasante majorité des esclaves acceptait, dans un fatalisme teinté de désespoir, leurs conditions de vie avilissantes et cruelles, certains manifestaient, le plus souvent isolément, des actes de résistance extrême. Soit il s’agissait d’une “évasion” par le suicide, soit de meurtres par l’empoisonnement des colons et de toute leur famille ! Ceux, rares, qui parvenaient à s’enfuir, se cachaient dans les montagnes et les forêts, se regroupant entre eux. On les avait surnommé les “marrons”. Au milieu du 18e siècle, l’un d’entre eux, Macandal, fut le premier à vouloir secouer le joug et chasser les colons. Il avait prévu d’empoisonner l’eau des maisons des “Maîtres blancs” mais, trahi, il fut capturé et brûlé vif en 1758.

Le fantômemaçonniquedes Sociétés secrètes
L’influence des Loges Maçonniques sur les processus révolutionnaires est un spectre blanc qui divise les historiens...et les curieux. Un peu avant 1789 apparaît partout dans les conversations de ces esprits dits des “lumières” un terme au sens mystérieux :
les Sociétés ! Résultat d’un phénomène amorcé en France au moment du déclin de Louis XV, il s’amplifie à partir de 1769, probablement sous l’influence grandissante d’un mouvement d’expansion décidé en Angleterre. Véritable toile d’araignée aux fils transparents mais solides, ces Sociétés (secrètes ou semi-visibles) répondaient, aux premiers niveaux, aux attentes multiples de leurs membres et donnaient une impression de diversité et de pluralité.
Mais, en réalité, seuls leurs adeptes les plus “élevés” entrevoyaient ou connaissaient le lien profond et le but commun qui les unissaient, au delà de leurs préoccupations philosophiques, scientifiques ou caritatives...
De ces Martinistes, Swedenborgiens, Ecossais, Egyptiens, Illuminés ( de Bavière... à ne pas confondre avec les Illuminati qui forment une tout autre organisation !!) et tant, tant d’autres, l’une d’elles, le “Grand Orient”, qui se constitue en France en 1773 après une préparation souterraine d’environ 60 ans, jouera dans ce vaste et cruel spectacle, un rôle très spécial avec, en 1785, pas moins de 800 loges affiliées, réparties entre Paris et la province !
Cette implantation se fit grâce à l’influence de Mirabeau adroitement endetté et donc malléable, qui s’en fit le prosélyte téléguidé auprès du Duc d’Orléans (déjà Grand Maître d’une Loge) et de Talleyrand, maçon lui aussi... Et puis, il y a aussi la “Société des Amis des Noirs “ fondée à Paris le 19 Février 1788.
Constituée de publicistes et de penseurs, disciples des Lumières, le duc de La Rochefoucauld et La- Fayette en faisaient partie, elle s’avère résolument abolitionniste. Il s’agit clairement d’une société politique, ni intellectuelle ni philanthropique, organisée pour obtenir une autre législation. Ce qui est très intéressant et plutôt troublant, est que cette Société se considère elle-même comme un rouage d’un mouvement universel et “internationaliste”, en lien direct avec le mouvement anglais (les loges maçonniques ?) qui a déjà initié cette orientation sociologiquement révolutionnaire !
L’ensemble de ces Sociétés obéissent à une structure pyramidale redoutable dont le fonctionnement est pétri d’ambiguïté. Combattant ou dénonçant les religions, elles obéissent cependant à un code hiérarchique et doctrinal à tel point que l’écrivain Roustan dans son livre “Les philosophes et la société française au 18ème siècle “ les qualifie carrément de “clergé laïc”. D’une certaine façon, on peut d’ailleurs voir dans le fameux “Contrat social “ que Rousseau publiera en 1760, une sorte de “catéchisme” revisité qui façonnera pendant 30 ans une ribambelle de nouveaux apôtres perruqués et poudrés...
Une des plus belles évidences de cette orientation idéologique souterraine réside dans les incohérences fréquentes entre les discours égalitaires passionnés et impulsifs des membres profanes des cercles extérieurs et les actions dictatoriales votées par les appareils collectifs, dirigés habilement par une minorité d’initiés silencieux… Aucun homme un tant soit peu important ou représentatif de cette période n’était éloigné d’une Loge, à la fois protégé et manœuvré par elle. Souvent, les membres se retrouvaient dans plusieurs d’entre elles simultanément...
Se pose ici une question chargée de sous-entendus
L’abolition de l’esclavage at- il été planifié froidement par un courant souterrain aux Loges elles-mêmes, loin des élans humanitaires de quelques individus et surtout des volontés farouhement contraires de ceux qui en bénéficiaient directement ?
Quelques brèves informations au passage… juste pour réfléchir !
- bien avant 1789, la Franc-maçonnerie était déjà très bien implantée dans tout l’Arc Antillais. Hispaniola ne comptait pas moins de 19 Loges …
“... Sur les 23 présidents de la voir ses exemplaires brûlés en place publique sur ordre du Parlement de Paris et obliger so- Les villes de l’Ouest de la France sont des carrefours de la liaison maçonnique avec le commerce négrier. Dans son livre, Olivier Pétré-Grenouilleau écrit : “... Capitaines de navires, marchands et négociants forment 38% des maçons dans les villes concernées... “ et plus loin “... Le phénomène est particulièrement net dans les ports.

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Les turlupins de l'histoire.
Ils ont brodé une histoire plus merveilleuse, avec pour lien magique Rennes le Château, siège de secrets terribles et dangereux…
Les turlupins de l'histoire.
A partir de quelques faits réels, d'épopées historiques, de complicité entrecroisées et souvent divergentes, et il faut le reconnaître d'un talent réel pour la mystification, toute une chaîne d'auteurs se disant historiens ont brodé une histoire évolutive qui peut encore réserver des surprises…
Lorsqu’en octobre 1945, Noël Corbu s’installa le long des remparts de Rennes le Château pour un pique-nique dominical, savait-il qu’il allait bouleverser sa vie, ainsi que celle de centaine d’habitants du villages, et enflammer l’imagination de millions de personnes sensibilisées à “l’Or de Rennes” par des dizaines d’articles, d’opuscules ou d’ouvrages publiées dans le monde entier ? Certes, au su de son passé, on imagine mal que ce pique-nique était fortuit.
Noël Corbu, brillant toucheà- tout, fabricant de nouilles pendant la guerre, romancier à ses heures, s’était installé dans le village voisin de Bugarach, à la Libération. Toujours est-il qu’il connaissait l’instituteur de Rennes le Château... qui lui parla de l’histoire de l’Abbé Saunière... qui n’était pas encore celle de” l’Abbé cousu d’or”...
Voici donc la famille Corbu, le nez au vent, qui vient installer son campement, par hasard, à deux pas d’une certaine Villa Bethania. Pour remplir sa carafe d’eau, Corbu sonne à la porte : il fait alors la connaissance d’une vieille dame, l’ancienne dame de compagnie de l’Abbé Saunière, celle qui à sa mort, à reçu tous ses biens en héritage, mais qui vit maintenant dans un dénuement certain : Marie Denarnaud. La discussion s’engage.
De conviviale, elle devient amicale et les Corbu sont conviés à revenir... De fait, en quelques mois, cette vieille dame solitaire tombe littéralement dans les bras de la famille Corbu, au point, le 26 juillet 1946, de la présenter devant le notaire, comme légataire universelle (de ce fait, elle déshéritait sa famille) contre une pension et des bons soins
Ainsi, notre Corbu peut maintenant consulter toutes les archives de l’Abbé Saunière. D’autant qu’après une équipée marocaine qui tourne mal, Corbu décide de s’installer définitivement à Rennes. Pendant trois ans (Marie Denarnaud meurt en janvier 1953), Corbu dissèque et reclasse tout ce qui traîne dans le domaine, sonde les murs et les planchers et tente de tirer les vers du nez de Marie.
En vain... Mais désormais grisé par ce qu’il considère comme la chance de sa vie, Noël Corbu transforme le domaine en restaurant (“La Tour”), et pour attirer le client dans ce lieu désert, il entame la mise au point d’une légende mirifique, celle de l’Abbé Saunière découvreur d’un trésor. Les visiteurs se pressent à Rennes, plus pour écouter Corbu que pour déguster ses plats. En 1956, “La Dépêche du Midi”, en trois articles, lance un mouvement qui ne s’éteindra plus... Béranger Saunière passe à la postérité.

Histoire de Saunière selon Corbu
Né en 1852, dans un village de l’Aude, et aîné de sept enfants, Béranger Saunière fait des études laborieuses au séminaire. Il est ordonné prêtre en 1879, un an après son frère cadet Alfred dont nous aurons à reparler...
D’abord curé du Clat (1882), un village on ne peut plus tranquille, Saunière est nommé curé de Rennes le Château en 1886. Presbytère quasi en ruine, église très abîmée, c’est une pauvre paroisse, avec un pauvre curé qui “touche” républicainement 75 francs par mois. Un traitement qui lui est en plus suspendu quelques mois plus tard pour un prêche musclé et ouvertement anti-républicain.

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Histoire secrète de l'immigration.
La France au 19éme siècle va vivre un enchaînement accéléré de soubresauts historiques et de bouleversements économiques. Au chaos de la Révolution vont succéder pas moins de 7 revirements gouvernementaux, laissant le peuple essoufflé, déstabilisé et amnésique… cocktail idéal pour que du chaos naisse l'uniformisation !

Le syndrome de la Tour de Babel
Les lendemains de la Révolution ne vont pas exactement chanter mais plutôt parler. Et parler quoi donc ? Mais le français bien sûr car une aberration, que dis-je, une incongruité, est soudain apparue !
A la redéfinition du patrimoine historique de la France, préparée de longue date, s’ajoute en effet, à présent, l’objectif tout aussi ancien d’éradiquer progressivement les autres langues parlées dans la République, comme le breton, le corse, le basque, l’occitan, le flamand, l’allemand, etc. En fait, au moins environ 30 “patois” différents. “...
Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton; l’émigration et la haine de la République parlent allemand... La Contre-révolution parle l’italien et le fanatisme parle basque. Cassons ces instruments de dommage et d’erreurs....” ainsi parlait déjà Barère à une séance du Comité de Salut Public du 27 Janvier 1794, en concertation avec le fameux abbé Grégoire contradictoirement ardent défenseur des droits des juifs et des noirs ( il fréquentait la Loge Maçonnique des Neufs Sœurs ). Le Jacobinisme s’était donné le but herculéen de généraliser le français. Là, comme partout ailleurs, l’idée est une arme à double tranchant. D’un côté humanisme, de l’autre uniformisation.
Le 18ème siècle s’est achevé à la manière d’un drame en trois actes. Le dernier chapitre du volet 1 de ce Hors-Série a laissé tomber le rideau rouge sur l’acte central, sanglant et brutal, qui a pavé la voie à la montée au pouvoir de Bonaparte. Voici maintenant le début du 3ème acte dont le décor flottant va montrer un règne monarchique qui n’en finit pas de mourir sur fond musical scandé de paroles cocardières.
Dans les mentalités vient en effet, peu à peu, se fixer un nouveau mode de pensée dont les contours brumeux sont apparus autour de 1789. C’est ainsi que ce 19ème siècle profondément rural devra ingurgiter la potion industrielle ! Le nivellement de la pensée prend, peu à peu, forme et force. Sous les couleurs mirifiques de prétextes plus grandioses les uns que les autres: égalité, patriotisme, liberté, instruction, etc, j’en passe et de plus beaux (!), les dirigeants visibles ou non manient avec brio le mélange efficace d’autorité et de persuasion, d’interdit et de tolérance. Formulé autrement, le mariage de la carotte et du bâton a malheureusement toujours été réservé à l’âne, ne l’oublions pas ! Le processus de contrôle de l’individualité est une lèpre insidieuse et lente. Il y aura respectivement:
- l’Empire napoléonien
- la 1ère Restauration
- les “100 jours”
- la 2ème Restauration avec Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe
- la 2ème République
- l’Empire de Napoléon III et finalement…
- la 3ème République …Ouf !
Méandres dus aux hasards de l’Histoire, pensez-vous ? Que non pas ! Impossible de détailler ici tous les entr’apercevoir, dans cette succession apparemment arbitraire d’évènements historiques, un fil conducteur solide... ....pour peu que nous soyons capables de prendre suffisamment de hauteur avec nos trompeuses certitudes et nos trop faciles à priori. N’oubliez pas que dans Mariannese cache Ariane.....
Dogme religieux ou moule républicain ? La croix ou le drapeau, cette question est-elle vraiment un choix ? Et si oui, y a-t-il véritablement une différence entre les deux ? Jugez vous-même... “ La France supérieure comme dogme et comme religion” C’est le titre d’un chapitre du petit livre de Michelet: Le Peuple, paru en 1847 ! Car ces Républiques successives vont progressivement donner le ton. Il y aura de nouveaux repères idéologiques, une nouvelle “Histoire de France”, de nouveaux métiers, une nouvelle religion appelée “République”, etc.

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