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- Il faut bruler l'orgone !
- Détection longue distance et dissuasion nucléaire, radars ; les grandes manœuvres ?

 

 

Il faut bruler l'orgone !
En 1957, en plein maccarthysme, disparaissait en prison Wilhelm Reich. Un psychanalyste exalté et contesté, avocat de la libération sexuelle et auteur de découvertes plus étonnantes les unes que les autres. Au centre de toutes, l'orgone. Le retour de l'énergie vitale universelle.
Aux yeux de l’histoire, Wilhelm Reich fut tout d’abord un psychiatre autrichien, brillant et contestataire. Puis par la suite, un illuminé en quête d’une chimère. Reich le scandaleux. Reich l’atypique. Reich le libre penseur et le promoteur de la satisfaction sexuelle. La vie de Reich semble traversé de luttes et de prises de positions apparemment trop en avance pour son temps. Envers et contre tout, il paraît également dévoré d’un souffle de vie, d’une énergie féroce qui tend à confondre le personnage et ses découvertes. Et les violences de son siècle.

UN PSY AVEC DU CARACTERE
Devenu au lendemain de la première guerre mondiale l’un des plus proches collaborateurs de Freud, Reich va - à l’instar de Jung - peu à peu s’éloigner de l’œuvre de maître Sigmund. Psychiatre engagé, volontiers au contact des plus démunis, la pratique et les théories de Reich entrent en effet en conflit avec la stricte thérapie psychanalytique, résolument apolitique. Pour Reich, la libido, l’énergie du corps, ainsi que les émotions que nous éprouvons, doivent circuler et s’exprimer.
Les refouler, c’est les conserver en soi, les laisser s’accumuler dans son corps où elles vont être converties en tensions musculaires. Mâchoire crispée, blocage du dos, raideurs des avant-bras, progressivement une “cuirasse musculaire” s’installe. Plus les émotions de l’amour, puis celles de peur, de colère, de chagrin restent tues, plus la “cuirasse” s’étend et devient perceptible. En posant les bases de “l’analyse caractérielle”, Wilhelm Reich est à l’origine de l’ensemble des thérapies dites aujourd’hui bioénergétiques. Cri primal, bataille de polochons, crises de pleurs, massages ou vibrations sonores. Il faut que ça sorte, que l’énergie bloquée reprenne son mouvement naturel. Ca passe ou ça... En général, ça passe. Telle est la condition sine qua non pour un retour du bienêtre, physique et mental.
Marquant un peu plus sa différence avec la psychanalyse, Reich va rejeter la conception classique de la pulsion de mort pour lui préférer celle de la pulsation biologique. Pour notre médecin psychiatre autrichien, le fonctionnement de l’organisme est régi par une loi très simple, résumée dans la formule suivante : “la tension musculaire produit une charge électrique, suivie d’une décharge électrique qui entraîne une détente musculaire”.
Etre en bonne santé équivaut à - régulièrement - décharger ses tensions émotionnelles. Une capacité du corps inconsciente et naturelle, mais que le refoulement des forces d’amour, l’accumulation de névrose ou de stress va inhiber. Dès lors, le “pouvoir orgastique”, c’est l’aptitude d’un être humain à s’abandonner pleinement à la décharge d’énergie bioélectrique. Ce que Reich appelle “les convulsions du plasma”. Telle est selon lui la fonction de l’orgasme. Paré à libérer les masses de leur asservissement sexuel, de leur incapacité à jouir pleinement de la vie, Reich rejoindra le parti communiste, et, parviendra à créer, à Berlin, la Sexpol. Une association pour la politique sexuelle prolétarienne (!), fédération qui regroupa - entre l’Allemagne et l’Autriche - jusqu’à 40 000 membres.
Une expérience grandeur nature pour agir en faveur de ses conceptions naissantes sur la démocratie du travail et l’économie sexuelle. En effet, aude-là les hommes, c’est la société elle-même, par son organisation sociale, qui fabrique son propre carcan. Et l’impose à l’être humain. Evidemment, prôner une telle psychologie de la libération en pleine montée de l’Allemagne nazie, afficher des positions militantes et progressistes, à trop critiquer le capitalisme et sa relation de cause à effet dans la misère psycho-biologique de tous... Reich se voit à la fois exclu du parti communiste et inscrit sur la liste noire de la Gestapo. A la prise du pouvoir par les nazis, Reich n’a pas d’autre solution que l’exil vers le Danemark. Puis la Suède où il poursuivra ses recherches jusqu’en 1939.

VISA POUR ORGONON
Et l’orgone dans tout ça ? Sa théorie s’ébauche au fil de ses découvertes, entre la Suède et les USA. Reich était convaincu de l’existence d’une bioénergie. C’est d’ailleurs ainsi, en 1919, en comparant la libido à un courant électrique, que Freud lui proposa de rejoindre le rang de ses disciples. Résolu à établir la base biologique à son analyse, il poursuit ses expériences de mesures électriques, et lors de son séjour à Oslo, il établit l’existence de cette énergie neurovégétative. Il constate que le potentiel électrique des muqueuses de la peau et des zones érogènes varie directement en fonction de la sensation perçue, selon qu’elle soit agréable ou désagréable.
Mais, dans notre sang, il découvre aussi autre chose, un germe inconnu et qui semble impliqué dans le développement des cellules vivantes. Une sorte de particule de vie élémentaire, qu’il baptise “bion”. Ce micro-organisme en apparence inédit, présent sur la décomposition des brins d’herbe comme de la limaille de fer, à mi-chemin entre le minéral et le vivant, serait l’ingrédient de base à partir duquel les protozoaires, les bactéries, les virus se développeraient. Cette souche commune lui permet aussi d’expérimenter un nouveau traitement anti-cancer.
En effet, l’observation attentive des bions permettrait de déceler l’apparition d’une maladie bien avant ses effets apparents. C’est à dire, dans le cas d’un cancer, bien avant que la tumeur ne se révèle. Cette découverte des bions - en contradiction complète avec la théorie de Pasteur - va également mettre Reich sur la piste de l’orgone. A la même époque, en 1939, la New School for Social Research, à New York, lui propose un poste de professeur. L’Amérique l’appelle... Reich part la rejoindre. En 1942, il acquiert à Rangeley, dans le Maine, un terrain de 110 hectares qui ne contient qu’une cabane et une grange. Mais qui va rapidement devenir son centre de recherches personnels. Un complexe de plusieurs bâtiments, avec observatoire astronomique, salle de cours, laboratoire, etc., qu’il baptise Orgonon.

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Détection longue distance et dissuasion nucléaire, radars : les grandes manœuvres ?
Le dernier sommet du G8 a été marqué par la colère de la Russie concernant l'accord signé entre les USA, la Pologne et la république Tchèque pour l'implantation au cœur de l'Europe de têtes nucléaires et d'un radar dernier cri de détection de missiles balistiques intercontinentaux. George W. Bush a invoqué la possibilité d'une menace iranienne pour justifier cette implantation. Mais ce n'est qu'un élément du nouveau puzzle géostratégique mis en place par les USA depuis 2001. Retour à la technologie clé du radar longue distance.
Le 13 décembre 2001, nouvelle donne post - 11 septembre oblige, les Etats-Unis notifient leur sortie du traité ABM (Anti Ballistic Missile) de 1972. Le traité avait été signé à l’époque pour limiter la course aux missiles nucléaires intercontinentaux et avait permis d’ouvrir une période que l’on qualifia de “ détente “ entre les deux blocs de la Guerre Froide. Se retirant du traité, les USA mettaient ainsi fin à trente années d’équilibre dans la dissuasion nucléaire au nom de la “ guerre contre la terreur “. Ils prenaient également acte de la recomposition de la région Eurasiatique mais surtout s’autorisaient au redéploiement de leurs forces nucléaires et de leurs systèmes de détection. Un an plus tard, le 16 décembre 2002, George W. Bush signa le plan pour de nouveaux systèmes opérationnels de défense NMD (National Missile Defense) à l’horizon 2004, et évoquait déjà l’intérêt porté sur leurs territoires, auprès des délégations polonaises, tchèque et hongroise lors du sommet de l’OTAN de 2002. La surprise n’était donc pas tout à fait totale pour les experts en dissuasion nucléaire lorsqu’en janvier 2007 les Etats-Unis transmirent la demande officielle d’installation de sites. Malgré les protestations russes “ d’alimenter la course à l’armement “, le 28 mars 2007, la République tchèque donnait son feu vert à l’ouverture de négociations avec les Etats-Unis sur l’installation d’un radar près de Prague.

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