TERRE ET CIELS
- Pourquoi la Vie s'est-elle fixée sur
la planète Terre ?
- La vie sans l'eau.
- Les jachères apicoles.
- Des méduses dans les filets.
- Agriculture de demain sera t'elle techno ou écolo ?
- Tombe la neige. Aux origines de la complexité.
- Sauvons les dolines !
- Les vallées sèches.
Pourquoi
la Vie s'est-elle fixée sur la planète Terre ?
Dans le système solaire, la vie organique est un phénomène
singulier, de faible ampleur, fragile et improbable, localisé, "posé"
sur la planète Terre.
La Vie est une facette de lénergie universelle. Elle peut être
considéré comme une contrainte pouvant se dissiper dans un milieu
capable de laccueillir avec une possibilité dune restitution
conservatrice et nétant durable que sil y a échanges,
cest-à-dire une adaptation réciproque. Pourquoi la Vie
sest-elle fixée, structurée, développée
et maintenue sur la Terre ?
Cest grâce à lassociation de lEau, de lAir,
du Soleil et dun support stable. Mais ce nest pas suffisant :
dautres planètes ont pu à un moment de leur histoire
cumuler ces conditions sans être porteuses de vie.
Le visiteur de l'espace pourrait-il deviner que cette planète apparemment
sereine ... comprend ...
Dans lEnfer de lEnvironnement Solaire, la Vie a trouvé
refuge, au point de rencontre où un savant agencement à réduit
les excès. Cette nécessaire différence est le résultat
dune évolution très lente, au rythme dun ensemble
démesuré à la recherche dun équilibre ;
ce rythme sest imposé à celui de lévolution
de la vie (voir encadré 1).
Le support Terre La Terre est structurée par la superposition de couches
concentriques ayant des caractéristiques rhéologiques particulières,séparées
par des zones de transition ou des discontinuités. Les couches solides
alternent avec les couches liquides (de faible viscosité)
et tournent avec des vitesses différentes comme les disques dun
embrayage. Le noyau tourne plus vite à raison dune révolution
en plus, tous les 2 400 ans. Ce montage nest pas fortuit ; il a pour
but de répartir, compenser, dissiper et damortir les effets des
divers processus mécaniques et énergétiques : il permet
une rotation sans secousse, une réduction de la densité de 16
à 2,7 et de la température interne de 4 000° à 0
degré depuis le centre de la sphère jusquà la surface.
LAsthénosphère (entre 350 et 100 km de profondeur) est
le siège dun puissant brassage de matière par des mouvements
de convection qui peuvent entraîner la déformation de la Lithosphère
et établir un équilibre isostatique.
La Lithosphère est la couche superficielle (70 km sous les océans,
le double sous les continents) qui subit des déformations et des ruptures
dues au déplacement des plaques rigides qui glissent sur le substratum
visqueux à la recherche dun équilibre des masses, selon
les variations cinétiques de la rotation terrestre (déplacement
des pôles). LEcorce terrestre, partie superficielle de la Lithosphère
(10 à 70 km) est un empilement de strates de terrains séparées
par des surfaces de discontinuités générant des glissements
différentiels, provoquant des plissements ou des ruptures qui réduisent
la brutalité des contraintes. La multitude des réseaux de discontinuités
(failles, fractures, fissures...) qui affectent lécorce terrestre
lui donnent une souplesse par le jeu des microajustements. Dans lécorce
terrestre, la température chute de 1 200 ° à zéro
degré soit un gradient géothermique moyen de 1 ° tous les
33 mètres.
Linclinaison de laxe de rotation de la Terre est quelque peu stabilisée
par linfluence gravitationnelle de la Lune ; sans elle, la Terre aurait
un comportement chaotique nuisible à la vie (Encadré 2). Il
existe 1620 espèces minérales et la stratigraphie des temps
fossilifères (570 millions dannées) différencie
69 étages géologiques : le règne minéral est très
dynamique. Plus on sapproche de la surface terrestre, plus la multiplicité
et la diversité des conditions sont favorables à ladaptation
de la Vie.
Le Sol est le terme ultime du géoïde solide, et le terreau de
la vie continentale.
Les roches affleurantes de la Lithosphère sont soumises à des
agressions mécaniques, chimiques et atmosphériques. Elles se
fragmentent et forment un manteau de débris meubles ou agrégés,
qui devient une terre si les particules fines dominent mais elle névolue
vers un Sol quavec la participation active dorganismes vivants.
Un Sol est vivant : il naît, évolue et meurt. La classification
pédologique traduit le haut degré de diversification et dadaptation
de la surface terrestre soumise à de
nombreuses contraintes. Lépaisseur des sols varie de 0 à
160 cm, rarement plus de 2 mètres.
Le sol respire, assimile la matière minérale, synthétise
les substances organiques, et cela dans un équilibre dynamique. Cest
par le sol que les éléments minéraux sont incorporés
dans la matière vivante.
LEau, principe de vie
La Terre est la seule planète à posséder de leau
liquide. Lorbite de la Terre dans sa rotation autour du Soleil, la maintient
à une distance adéquate ; la terre a un champ degravité
suffisant pour retenir leau à sa surface. Les mers et les océans
- berceau de la Vie - occupent 70,8 % de la surface terrestre et mobilisent
97,2 % du volume total deau de la planète. (1,36 milliards de
km3).
Sur les continents, seulement 1 % est utilisable pour le monde vivant dont
leau représente 70 à 95 % du poids.
LOcéan est un réservoir thermique qui reçoit par
radiationautant de chaleur que les continents. Cette chaleur est stockée
puis restituée lentement dun façon décalée
par rapport à la restitution terrestre, assurant une régulation
thermique dans le maintien de léquilibre climatique de la planète.
Les différences de température et de salinité entre les
eaux de surface et des profondeurs, provoquent des échanges et participent
à la circulation océanique et à la stratification des
eaux. LOcéan intervient dune façon mécanique
dans la régulation de la rotation de la Terre en absorbant les excès
de lattraction Lunaire (marées), en se déformant pour
freiner la force des vents (vagues, houles) et en dissipant lénergie
de la force de Coriolis.
La pénétration des radiations solaires et de la lumière,
favorise lactivité bio-chimique et la photosynthèse (jusquà
100 à 200 m de profondeur). Leau sous forme de glace occupe 11
% de la surface descontinents ; elle représente le stockage deau
partiellement douce et léquivalentdune remontée
des océans de 10 à 15 mètres. Lévaporation
pouvant être assimilée à une épuration, les mers
et les océans sont des réserves potentielles deau douce,
mais seulement 1/4 de leau évaporée sur les océans
se précipite sur les continents.
LAtmosphère La planète Terre ne se limite pas au géoïde.
Elle est noyée ans un océan aérien (épaisseur
800 km) protégé des ardeurs duplasma Solaire par la cavité
de lEnvironnement Terrestre . Tout comme la sphère
terrestre, latmosphère présente une stratification complexe.
Entre 0 et 800 km, le jeu alterné de 8 étages permet damener
la température de 1 600° (à 800 km) jusquà
la température de la surface du sol.
Dans la basse atmosphère le gradient moyen est de 6° au km. La
masse dair essentielle se réduit à un film dont lépaisseur
est de 0,23 % celle du rayon terrestre. Les 9/10 de la masse de lair
se trouvent dans les six premiers km de latmosphère. Cette couche
se laisse traversée par les rayons solaires sans séchauffer,
mais elle retient la chaleur réfléchie par la Terre.
Au contact du sol, les premiers 160 cm sont spécifiques de la Biodiversité,
avec une grande variabilité de lamplitude thermique et de lhumidité
relative ; le freinage du vent observé au ras du sol, cesse au-dessus
de 8 mètres. Les échanges dénergies dans la basse
atmosphère règlent les phénomènes thermiques,
les courants atmosphériques et océaniques, ainsi que les climats.
Entre 15 et 50 km la couche dozone qui a une densité
maximum à 25 km, retient la plus grande partie des rayons ultra-violets.
Le gaz ozone réuni ne formerait quune couche de 3 à 5
cm dépaisseur. La basse atmosphère apporte lénergie
dosée du soleil, filtre la lumière nécessaire pour la
photo-synthèse, fournit les gaz utiles pour le métabolisme des
vivants, participe au cycle de leau et au cycle - érosionsédimentation
(action éolienne,
une hydrosphère en pleine expansion
... pluie-neige-gel) et transporte le pollen.
Au delà de 800 km daltitude, débute la Cavité de
lEnvironnement Terrestre , immense cocon protecteur de la minuscule
graine Terre (la Magnétosphère). Son enveloppe
est un bouclier hémisphérique situé à 60 000 km
de la Terre (côté Soleil).
La Magnétosphère est une zone de dissipation du plasma solaire
; le vide est semblable à celui créé en laboratoire.
Ce plasma très dilué est géré par le champ magnétique
terrestre, qui maintient la Cavité creusée dans le plasma solaire.
A la périphérie de la Cavité, une couche turbulente et
chaude épaisse de 13 600 km et limitée par londe de choc
sert de transition régulatrice.
Dans la Cavité, des zones particulières contribuent à
la propagation et à la répartition des énergies magnétiques
et qui sont autant de filtres actifs ou passifs. Lensemble se déplace
autour du Soleil à la vitesse de 106 000 km/h.
Le Soleil, source de lEnergie
Lénergie rayonnante du Soleil est quasiment la source de toute
vie sur la Terre.
La Vie est tombée du Ciel, avec leau et lEnergie Solaire
; il a plus des molécules organiques pendant 500 millions dannées
avant lapparition de formes primitives qui évolueront durant
2,5 milliards dannées pour donner des algues microscopiques et
des protozoaires ; ce nest quau début de lère
Primaire (- 600 millions) que la Vie prend des formes organisées et
nombreuses, toutes confinées dans les mers : la Terre était
alors âgée de 4 milliards dannées !
Comment se fait-il que leau qui est dans mon verre soit totalement immobile
et que la Tour Eiffel soit encore debout ?
La planète Terre nest quun minuscule grain de poussière
emporté dans des tourbillons vertigineux ; elle tourne sur elle-même
à la vitesse de 1 660 km/h (à lEquateur), gravite dans
lorbite Solaire à 106 000 km/h, avec lensemble du Système
Solaire, elle senvole à plus de 777 000 km/h dans la ronde galactique
et, dansle souffle du Big Bang, est propulsée à une vitesse
voisine de celle de la lumière. (Et cela sans bruit, car nettement
au-delà de la vitesse du son).
Extrait d'Effervesciences N°33 Vous pouvez commander ce numéro ICI
La
vie sans l'eau.
Des possibilités théoriques aux adaptations pratiques
Sil est une évidence bien ancrée à lesprit
des biologistes de la planète, et largement diffusée dans le
grand public, cest que leau est indispensable à la vie.
Cependant, une des difficultés de la biologie résulte justement
dans létonnante plasticité du vivant qui tient en échec
toute tentative de généralisation hâtive au fil des milliards
dannées dévolution des organismes et nous impose
dapprocher de manière circonspecte les évidences qui pourraient
résulter dune vision biaisée, car excessivement anthropocentrique,
du monde vivant.
Nous allons voir que leau, loin dêtre indispensable, a probablement
constitué un obstacle redoutable à lapparition de la vie,
et que sa large utilisation et son caractère indispensable pour les
organismes terrestres ne résultent peut-être que dune histoire
évolutive sétant déroulée sur une planète
où ce liquide était surabondant.
Les arcanes de la théorie Indispensable et mystérieux solvant
Si lon excepte les molécules situées dans la membrane
lipidique des cellules, la plupart des polymères biologiques sont en
solution dans ce liquide aussi commun quétrange, leau.
Si lon se réfère à sa formule chimique, leau
devrait bouillir autour de 0°C et ne se solidifier quautour de -100°C.
Pourquoi se comporte-telle autrement ?
Chaque molécule deau a tendance à saccrocher faiblement
par tous les moyens à ses voisines. A température ambiante (20°C),
elle change plusieurs milliers de fois de partenaires par seconde, mais lensemble
des forces générées par toutes les molécules qui
frétillent ensemble permet à ces dernières de rester
jointives : leau reste liquide à température ordinaire
parce quelle est cohérente.
Cette agitation moléculaire est si complexe quà lheure
actuelle la structure précise de leau à létat
liquide est mal connue : la complexité peut se cacher parmi les substances
les plus courantes ! Leau assure plusieurs rôles pour les êtres
vivants terrestres :
- cest un solvant (cest même LE solvant universel)
qui permet aux petites molécules de diffuser dans le cytoplasme des
cellules, qui assure la mobilité moléculaire permettant lexistence
dun métabolisme se déroulant, aux températures
terrestres, à une vitesse convenable (ne nous y trompons pas : cest
justement le métabolisme qui sest adapté à leau
et à la gamme de température où elle reste liquide, et
non cette molécule et cette gamme de température qui se trouvait
prédestinée à la vie).
- Cest une molécule très réactive (ce que nous
avons tendance, vivant à son contact comme à celui du redoutable
oxygène, à oublier), qui intervient dans les réactions
de destruction (hydrolyses) des polymères, les grandes molécules
du vivant, mais aussi comme accepteur délectrons dans des mécanismes
aussi fondamentaux que celui de la photosynthèse.
- Cest un liquide possédant une grande chaleur lattente (il faut
beaucoup dénergie pour le vaporiser), ce qui explique son utilisation
par les êtres vivants pluricellulaires pour le contrôle de leur
température : lévaporation deau provoque le refroidissement
de la surface sur laquelle elle est posée (toutes les plantes vertes
et les sportifs en sueur vous le confirmeront).
Mystère à lorigine
Leau pose un problème de taille aux êtres vivants : elle
a tendance à participer à des réactions chimiques qui,
physiquement, sorientent vers la destruction des grandes molécules
caractéristiques du vivant. Comment, dès lors, ces molécules
ont elles pu apparaître sur la Terre primitive, comment la vie a-t-elle
pu prendre son essor dans un milieu ou leau constituait bien plus un
obstacle (à la fois comme réactif chimique et comme diluant
des produits obtenus) quun élément indispensable ?
Cette difficulté en est venue à discréditer lhypothèse,
toujours populaire, de la soupe primitive au profit de celle prenant
en compte les côtés de la soupière: il apparaît
que lorigine de la vie a nécessité la présence
de milieux (roches, cristaux, glaces...) dans lesquels leau liquide
était rare, voire même absente (1) !
Leau à létat solide, très répandue
dans notre système solaire, en vient même à constituer
une alternative intéressante à son pendant liquide pour la formation
des premières molécules prébiotiques. Les molécules
deau y adoptent une douzaine de configurations différentes, ce
qui permet une grande variété de comportement de ce solide et
fournit ainsi des environnements variés pour les molécules quil
peut emprisonner. Ces dernières, entre autres, pourront ainsi conserver,
même dans le froid milieu interstellaire une certaine mobilité,
ce qui facilite parfois les réactions chimiques à basse température.
Ce comportement surprenant a été vérifié par S.
Miller, qui a obtenu à partir dune solution de cyanure dammonium
oubliée 27 ans dans un congélateur à -80°C , une
synthèse des bases puriques et pyrimidiques entrant dans la composition
de lARN (2). Si leau liquide est maintenant indispensable à
la vie terrestre, il faut bien considérer quelle lest devenu
: à lorigine, sa présence a plutôt constitué
une gène.
Sur Terre, les êtres vivants se sont adaptés très vite,
très tôt, à la présence massive deau liquide,
et cest pourquoi les formes de vies actuelles en sont si dépendantes...
Mais une autre histoire auraitelle été possible sur un monde
ou les conditions physiques auraient permis à dautres éléments
dêtre présents à létat liquide ? Dautres
candidats pour assurer la mobilité moléculaire Certains biochimistes
ont cherché à vérifier si lutilisation de leau
liquide par les organismes terrestres était inévitable ou contingente
: est-il possible, ailleurs dans lunivers, quune autre molécule
assure les mêmes rôles, permettant ainsi lémergence
du vivant dans des conditions physiques qui ne sont pas celles de lessentiel
de notre biosphère ?
Il faudrait que sa structure moléculaire soit voisine de celle de leau
liquide et quelle soit aussi commune que cette dernière, tout
en restant liquide à basse ou à très haute température.
Limportance de létat liquide vient de ce quil permet
à un organisme de rester cohérent (contrairement au gaz) sans
rester pour autant figé (solides).Deux molécules ont été
pressenties comme candidates pour le rôle ambigu de remplaçantes
de leau liquide :
- lammoniac NH3 pour les basses températures
- les solutions à base de sulfures pour les hautes températures.
Il va de soi que ces solvants éventuels ne permettent sans doute pas
lexistence dune vie basée sur des édifices moléculaires
riches en carbone : ceux-ci sont soit trop rigides, soit trop fragiles. Dès
lors, un autre monde est-il possible ?
Dautres chimies pour la vie
Si leau liquide est indispensable aux formes de vies liées au
carbone, cet élément lui- même est-il le seul qui soit
à même de conduire à une chimie du vivant ? Le carbone
présente des caractéristiques qui font de lui lindispensable
(?) squelette des molécules des êtres vivants terrestres
: il est capable de prêter 4 électrons à dautres
atomes et peut ainsi se lier à 4 voisins pour former des édifices
moléculaires dune étonnante variété, allant
du simple méthane CH4 aux milliers datomes constituant une protéine
ou lADN.
Extrait d'Effervesciences N°35 Vous pouvez commander ce numéro ICI
Les
jachères apicoles
Recréer une biodiversité favorables aux abeilles.
Des milliers d'hectares figés, laids, stériles, "mis en
jachères" par décision politique. Des ruches improductives,
hébergeant des abeilles faméliques par manque de végétaux
pollifères
Oui, il faut créer des jachères apicoles.
Cest la récente hécatombe des abeilles en 2002 et 2003
(il semble quun mieux apparaisse depuis cette année), quon
a pris conscience de limportance des abeilles pour lensemble de
léquilibre naturel. De même que lorsque le sage montre
la Lune, le crétin ne voit que le doigt, nous ne prenions en compte
que la production de miel...Négligé, lacte essentiel de
pollinisation, donc de survie de toutes les espèces végétales.
Devant un tel danger potentiel, lopprobre était lancé
sur les responsables putatifs : les fournisseurs de pesticides nouvellement
utilisés pour conserver et traiter les semences. Lun de ces laboratoires,
BASF, a décidé en 2004 de lancer une étude qui laisse
envisager une cause majeure à cette hécatombe : tout simplement
la raréfaction de la production florale, et ceci à cause de
la spécialisation de lagriculture.
Le mouvement de concentration sest accéléré et
les petites exploitations de 25 hectares de polyculture sont devenu des grosses
unités de 80/150 hectares de monoculture par assolements. Ainsi, telle
année de production de tournesol, seul ce type de fleur sera disponible
sur des centaines dhectares alentour, et uniquement (selon latitudealtitude)
en juillet et août... Or, il faut revenir sur le bol alimentaire des
abeilles : celles-ci, lors de leurs pérégrinations florales,
prélèvent deux productions de la fleur, le nectar et le pollen.
Le nectar, constitué de glucides, sera ultérieurement transformé
en miel.
Le pollen, nettement plus riche et plus complexe, contient également
protéines et lipides. Il servira de nourriture pour tout lessaim,
avec des besoins de 20 à 30 kg par colonie et par an. En particulier
lors de la phase larvaire, lapport en pollen conditionne le développement
anatomique et physiologique de chaque abeille, et donc de la capacité
productive de lessaim.
Le Professeur Jacobs (université Belge de Gand) a montré que
les périodes avec déficit en pollen, entraînent un arrêt
temporaire de la production en ufs de la reine, donc une diminution,
à venir de la population. Si le déficit nest pas brutal,
mais continu, la reine nest pas touchée, mais les larves sont
dénutries, et les jeunes abeilles meurent en masse.
Ces constatations en laboratoire correspondent à ce quobservent
les apiculteurs depuis quatre ans. Alors, il fallait réaliser une étude
grandeur nature, avec des colonies équivalentes dans des ruches semblables,
les unes en situation classique (environnement : cultures de tournesol),
les autres avec du tournesol, mais aussi des fleurs de jachère (sur
24 hectares) justement pour cet essai. Cet essai, démarré en
mai 2005, est déjà suivi par 25 autres en 2006 sur tout le territoire.
Il a déjà permis de sélectionner les types de plantes
mellifères les plus adaptées : le trèfle blanc, la moutarde,
le sainfoin, le bleuet, le colza, ainsi que des arbustes tels que laubépine,
le prunellier, le saule et le châtaignier. Ces fleurs ont aussi lavantage
de produire du pollen de mai à septembre, cest à dire
cinq mois dans lannée, contre deux mois pour les monocultures.
Des
milliers dhectares à ensemencer
La notion de jachère existe depuis que lagriculture est apparue
Laisser reposer un sol, cest lassurance de meilleures récoltes
à venir. Mais avec les surproductions agricoles survenues dans les
années 90, les agriculteurs se sont vu imposer de laisser 10 % de leurs
terres en jachère, et encore plus depuis la nouvelle Pac europénne.
Mais désormais, on fixe des objectifs particuliers à ces jachères
: dans telle zone, ce sera une jachère cynégétique destinée
à accueillir des gibiers, dans telle zone se sera un parcours de randonnée,
en bordure de rivière (bandes enherbées) on plantera
des espèces qui retiennent les engrais et les phytosanitaires des parcelles
voisines etc. Et la Pac a tout prévu : le type de végétaux
pour chacune de ces utilisation
et bien sûr le financement correspondant.
Létude de BASF montre que les jachères apicoles pourraient
venir accompagner les précédentes. Dans un premier temps, le
laboratoire offre gratuitement les semences aux agriculteurs. Dans un second
temps, ce sera aux producteurs eux-mêmes de gérer ces jachères
apicoles, en particulier dans des régions ou la biodiversité
a été mise à mal (en Rhône-Alpes, 63 % des surfaces
sont des sources potentielles de pollen pour les abeilles, en Vendée
ce chiffre tombe à 30 %. Plus de pollen pendant cinq mois au lieu de
deux dans lannée, en utilisant des parcelles sacrifiées
à la technicité agricole
cest le nouvel espoir de
nombreux.
Depuis trois ans, suite aux accusations lancées par les apiculteurs
contre le Gaucho et le Régent, deux larvicidesinsecticides employés
non pas sur les parties aériennes des végétaux, mais
sur les semences (diffusion en terre de quelques centimètres autour
de la plantule...), LAFSSA conduit une étude multifactorielle
pour déterminer les causes des troubles des abeilles en France.
Car bizarrement, il semble quil sagisse dune particularité
française, alors que les deux molécules (fipronil et imidaclopride),
son utilisée, semble-til sans dégâts, dans toute
lEurope.
Un fait :cest depuis lutilisation de ces molécules que
les problèmes ont été constatés.
Des mesures :bien que ces molécules aient été retirées
du marché depuis 2002, on trouve encore 52 % des échantillons
de pollen contaminé à faible dose (delordrede1microgramme/kgà
comparer aux X x 100 microgrammes/kg dorganophosphorés
)pour
lutter contre lacarien VARROA qui décime les ruchers depuis 20
ans). Cause à effet ? Cest probable.
Extrait d'Effervesciences N°44 Vous pouvez commander ce numéro ICI
Des
méduses dans les filets
De mémoire de pêcheurs, on n'a jamais vu autant de méduses
dans toutes les eaux du globe. Ces organismes simplissimes ont su s'adapter
et s'accaparent de nombreuses zones de pêche, remplissant les filets
de masse gélatineuses.
Cest facile dêtre une méduse : composée de
98 % deau, on se laisse emporter par les courants, et on ne dépense
une énergie métabolique que pour se nourrir et se reproduire.
Aucune autre perte énergétique. Alors si le biotope saméliore,
si lalimentation devient pléthorique, la méduse qui na,
en tant quadulte, aucun prédateur, devient la biomasse prédominante.
Cest déjà le cas dans des mers fermées, et sur
la côte pacifique du Japon.
Pour les pêcheurs japonais, cest devenu le problème numéro
1, car la méduse est à la fois un prédateur des alevins
de poissons, et (contrairement aux gros carnassiers de type thon, qui constituent
de belle prises) un réel poids mort dans lexercice de la pêche.La
pire des méduses, pour les pêcheurs japonais, cest la méduse
dEchizen, une masse gélatineuse de plus de 2 mètres denvergure,
avec un poids moyen de 200 kg. Elle était bien connue dans les eaux
de la mer de Chine, et référencée dans la grande famille
des CYNEAS.
Mais depuis 2002, cest chaque année une prolifération
toujours plus importante, en particulier au moment de la pêche au saumon,
et les filets, engorgés par les méduses ne peuvent même
pas être remontés dans les chalutiers. Les quelques prises intéressantes
de poissons sont écrasées parfois contaminées par les
toxines des tentacules, donc invendables. On connaît le cycle de ces
cynéas. Elles naissent et grandissent en mer de Chine orientale, puis
se laissent emporter par les courants vers le nord. Alors pourquoi cette surpopulation,
et ce drame-écolo- /économique ?
Si on connaît bien leur cycle, on connaît mal leur biologie individuelle
: ce nest pas bien facile délever en laboratoiredes monstres
de 200 kg !
Aussi lexplication a nécessité une enquête internationale,
et le verdict est tombé... cest bien encore lHomme le responsable.
Et à au moins deux titres. Dabord en amont, dans la zone de croissance
des bébés méduses, les fleuves, les fleuves ont déversé
quantité de nutriments organiques (effluents urbains), mais aussi des
tonnes dengrais emportés par des terres par ruissellement ont
finalement enrichi leau de mer en nitrates et phosphates, et ils y ont
contribué au développement du phytoplancton, ces minuscules
algues qui sont le repas immédiat du zooplancton... qui lui même
est consommé par les méduses.
Extrait d'Effervesciences N°45 Vous pouvez commander ce numéro ICI
Agriculture
de demain sera t'elle techno ou écolo ?
Prophétisons que les querelles actuelles des OGM ne sont que les hors
d'uvres d'affrontements à venir, plus virulents encore.
Le monde agricole suit les grandes tendances planétaires. Il vient
d'entrer dans un écartèlement qui reflète le clivage
actuel de la société. Les jusqu'au-boutistes scientifiques foncent
sur les nanotechnologies tandis que les curs écolos redécouvrent
les promesses de cultures en symbiose avec la Nature. Deux approches définitivement
opposées ? Peut être
à moins que la Sciences ne
découvre en chemin une nouvelle conscience
Nanoagriculture, un immense champ de bataille Les experts pronostiquent lagriculture
comme une grosse gourmande de nanotechnologies. Le marché, colossal,
se situerait en seconde position mondiale, sur les talons de celui de lEnergie.
LAsie, dailleurs, sorganise progressivement pour en être
le chef de file. Un grand nombre de ses scientifiques revient lui apporter
les connaissances acquises au sein de laboratoires de pointe européens
et américains. ONG, associations et observateurs spécialisés,
ont le microscope braqué sur ces coulisses. Ils estiment que, dans
un avenir court, à peine 20 ans, limpact de la nano convergence
sur lagriculture et lalimentation surpassera largement
la mutation engendrée par la mécanisation agricole ou la Révolution
verte. Lun dentre eux, lETC Group, basé au Canada,
est lauteur dun rapport complet au titre révélateur
La ferme atomisée dans lequel il donne quelques chiffres
pour situer le niveau des enjeux actuels : ...marché de détail
dune valeur de 3 billions $, le gagnepain de quelque 2,6 milliards dagriculteurs
et le bien-être de tous ceux et celles dentre nous qui ont besoin
des agriculteurs pour manger chaque jour.... .
Leur but nest pas de stigmatiser cette technologie, ni de terroriser
gens plus quils ne le sont, de toute manière, via les grands
médias. Ils agissent simplement, avec dautres, pour susciter
des débats sérieux et informer le public de ce qui se cache
sous son assiette.
Mais quy a til donc au fait dans les charrettes de ces ingénieurs
? Des nanocatalyseurs destinés à transformer lhuile végétale
en carburant, des nanocapteurs pour surveiller la santé ou la soif
des plantes, des nanosystèmes capables de jouer au docteur avec les
animaux, des nanolaboratoires pour imiter le faiseur de pluie et contrôler
le microclimat autour dune zone déterminée, etc. Les idées
tombent déjà averse. Nanomachins, choses ou trucs, le préfixe
nano est autant à la mode dun côté
... que le bio lest de lautre. Soyons lucides !
Dans une société où léconomie a rang de
divinité, toutes les astuces sont permises du moment quelles
sécurisent et évitent les questions embarrassantes.
Extrait d'Effervesciences N°52 Vous pouvez commander ce numéro ICI
Tombe
la neige.
Aux origines de
la complexité. "Les cristaux de neige sont des hiéroglyphes
envoyés par le ciel" (Ulkichiro Nakaya).
La neige est sans doute la plus ludique des formes que peut prendre l'eau.
Toutefois, sa formation et ses caractéristiques font appel à
de nombreuses considérations physiques, voire phylosophiques, qui peuvent
apparaître moins trivialement amusantes mais n'en possèdent pas
moins un profond intérêt.
Aux origines de la forme Les flocons de neiges sont connus pour leur symétrie
et leur variété. Dès 1550 Olaus Magnus, à Upsalla,
réalisa les premières esquisses des cristaux de neige, dont
la légende veut quils forment de magnifiques étoiles hexagonales
sans quil en existe deux identiques. Voyons de plus près si ces
affirmations sont exactes, ou ne sont que le fruit dune connaissance
imparfaite et de généralisations hâtives.
A priori, la formation de la neige est une question deau et de froid.
Ainsi un canon à neige pulvérise de leau mélangée
à de lair comprimé au travers de petites buses. Comme
le sait tout utilisateur de déodorant, la détente dun
gaz abaisse sa température, et lair sortant des buses se refroidit
brusquement, gelant les microscopiques gouttelettes deau quil
transporte. Toutefois, un coup dil au microscope (et les sensations
au toucher, le tassement...) nous montrent que cette neige nest
pas semblable à celle qui vient du ciel: les cristaux y sont remplacés
par des petites billes, des mini glaçons (noyaux glaciogènes)
sphériques. Comment se forment donc les populations de cristaux qui
composent la vraie neige ?
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Sauvons
les dolines !
Autrefois lieux de cultures vivrières, ou point d'eau recherchés
par le bétail, les dolines des régions calcaires tendent à
disparaître, pillées de leur murets de pierre, ou comblées
de détritus divers et recouverts. Les paysages y perdent ces éléments
d'identification, mais aussi des points d'eau indispensables à la faune
sauvage.
Les sols calcaires sétendent en France sur la partie sud du territoire,
du Jura au Périgord, en passant par la Provence et le
Languedoc. Les eaux souterraines modèlent les terrains calcaires dune
façon bien particulière : les eaux de pluies dont sont issues
les eaux souterraines sont naturellement acides et dissolvent le calcaire
en circulant dans les fractures de la roche, créant tout un réseau
de cavernes. Ces terrains calcaires sont appelés des terrains karstiques
(du mot karst, terrains calcaires de Yougoslavie). Lévolution
des terrains karstiques est la suivante.
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Les
vallées sèches.
Les conditions martiennes, se retrouvent sur certaines zones de la Terre,
en particulier en Antarctique : les vallées sèches.
On voit l'Antarctique comme un continent couvert de neige et de glace
mais au cur des montagnes du Pôle Sud, s'étend une zone
très particulière, qui évoque les étendues stériles
(?) de Mars
au point qu'on y a testé les sondes Viking.
Il existe sur Terre trois territoires extrêmes, à priori dénués
de toute activité biologique... Il sagit du désert dAtacama,
au Chili (le plus sec), et du désert thibétain de Tokesun (le
plus chaud), et des vallées séches de lAntarctique (le
plus froid). Récemment intégré aux territoires protégés
(tourisme interdit, expéditions scientifiques très contrôlées...),
le désert de Ross a été découvert en 1902 par
lexplorateur Scott. Une sacré surprise pour son équipe,
qui venait de traverser des étendues recouvertes de neige et de glace,
à des températures frisant les - 50 °... et au détour
dun col, les voilà surplombant une vallée rocailleuse,
au sol suffisament chaud pour que la neige ny tienne pas, mais fonde
pour donner naissance à un lacis de petits ruisseaux... Lair
est tellement sec, que régulièrement, ces explorateurs rencontrent
des animaux momifiés (phoques, oiseaux) figés depuis des milliers
dannées. Les traces de pas de ces explorateurs ont dailleurs
été retrouvées, parfaitement conservées. Pourquoi
cette sécheresse, pourquoi cette douceur qui fait fondre les quelques
dépôts neigeux qui ségarent dans ces vallées.
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