THERAPIES
- Soins transcraniens : le cerveau sous influence.
- Régénération : le coup de pouce électronique.
- Cancer , les thérapeutiques alternatives.
- On les garde affamés pour en faire des ogres de la
kératine
Les poissons docteurs.
Soins
transcraniens : le cerveau sous influence.
Contre les maladies nerveuses et les troubles psychiques, les hommes se sont
très tôt emparés de la fée électricité.
D'abord plus pour détruire que pour soigner, mais c'est l'intention
qui compte. D'ailleurs, en réduisant la puissance, on s'est aperçu
que l'on pouvait éviter les opérations à crânes
ouverts. Voire même de corriger certains comportements, comme l'alcoolisme
ou la dépression.
Demain, probablement, les dépressions les plus graves pourront être
soignées à coup de champs magnétiques. Cest du
moins ce que laissent entendre les recherches sur la stimulation magnétique
transcrânienne (appelée SMT en abrégé, et TMS en
anglais).
Cette thérapie magnéto-psychiatrique, en stimulant certaines
parties du cerveau supérieur avec un aimant très puissant, posé
sur le front ou sur la tempe, produirait des effets antidépresseurs
notables. Suffisants en tout cas pour se dispenser de lusage des électrochocs,
une technique encore utilisée aujourdhui dans les cas les plus
récalcitrants.
Expérimentée depuis 1985, la SMT suppose lemploi dun
électro-aimant - une double bobine en forme de 8 - capable démettre
un champ magnétique puissant mais très bref, de lordre
du millième de seconde. Limpulsion magnétique traverse
le crâne sans dommages et peut atteindre certaines zones du cerveau,
des aires cérébrales situées à 2 ou 3 centimètres
de profondeur maximum. Dans lencéphale, la répétition
de ces impulsions induit un courant ionique très ciblé, à
lorigine des mini-décharges électriques qui stimulent
les neurones. Conséquence directe des avancées de limagerie
cérébrale, les neurologues savent aujourdhui, avec précision,
où situer laire du langage, les centres moteurs - celles de la
main droite ou de la jambe gauche par exemple - ainsi que les zones impliquées
dans les processus de visualisation, de la concentration intellectuelle, du
toucher ou du goût.
De quoi établir une cartographie du cerveau détaillée,
décomposée en sous-cortex thématique. Et le cas échéant,
y agir de façon ciblée. Les résultats de lInstitut
Technion, à Haïfa, Israël, publiés en 1999, ont confirmé
tout le potentiel de ces stimulations magnétiques, déjà
relevé lors de travaux antérieurs.
Cette expérience de deux semaines, mené au rythme dune
dizaine de stimulations quotidiennes du cortex pré-frontal dun
échantillon de 70 volontaires, sest déroulée en
double aveugle - donc sans équivoque dun point de vue médical.
Car, dune étude à lautre, des zones dombre
persistent, empêchant ladoption du traitement par lestablishment
psychiatrique. Il y a linconnu des effets à long terme de ces
champs magnétiques très puissants.
Mais pas seulement. Intensité du champ, stimulations uniques ou répétées,
forme et localisation des aimants... Chacun y va de sa méthode et publie
ses résultats. Ainsi pour la seule année 2005 une quarantaine
détudes ont été diffusés en Chine, en Allemagne,
en France.
Les indices samoncellent, attestant de lefficacité du principe.
Et puis, porté par le progrès, le dispositif sallège.
Plus besoin dune vingtaine de capteurs disposés en différents
points du cuir chevelu. Dorénavant, un seul, ou à la rigueur
deux, suffisent.
Plus petits, plus discrets. Donc plus simples à mettre en uvre
et encore moins chers à fabriquer. A limage de loutil utilisé
aujourdhui chez les praticiens de la SMTr, où les bobines des
aimants sont coulées dans une sorte de double poêle à
frire que lon applique alors près de la zone à stimuler.
Et le signal ? Essentiel, il faut laffiner, trouver la bonne forme (ondulation
vague ou impulsions bâtons), lintensité
correcte (en milliampère, en microampère...), la fréquence
(faut-il du 10 hertz, du 17 hertz, 75 hertz, 2000 hertz ?), la durée...
La technique du courant de Limoges par exemple, qui associe courant basse
fréquence et modulation à très haute fréquence
(voir plus loin), montre bien linfinité des formules et des dosages
quil reste à explorer. Cette science de la stimulation électromagnétique,
officiellement balbutiante, avance sous nos yeux. Pourtant, ailleurs en Europe
ou aux Etats unis, elle nen est plus à ses débuts.
LA RUSSIE, PAYS PRECURSEUR DES THERAPIES NEUROELECTRIQUES
Jean Pierre Lentin, dans son enquête Ces ondes qui tuent, ces ondes
qui soignent, aborde les nombreux traitements à base de stimulations
électromagnétiques utilisées dans lex-URSS. Des
techniques employées autant pour soigner le corps que lesprit.
A Kiev, en Ukraine, la technique de la microwave resonance therapy (MRT) est
utilisée pour les douleurs et maladies organiques, ainsi que pour les
troubles mentaux et la toxicomanie.
Mise au point par un physicien, la MRT repose sur des microondes spécifiques,
qui stimulent la production dans le cerveau de messagers chimiques comme les
endorphines. On nest pas loin des mécanismes neurochimiques mis
en avant par les tenants de lacupuncture moderne. Ou par
les théoriciens de la stimulation magnétique transcranienne.
Autre technique décrite par Jean Pierre Lentin : lélectro-stimulateur
Bourenko. Il est fabriqué en série depuis 1993. Les hôpitaux
et centres médicaux russes en sont équipés par centaines
car ces appareils permettent de supprimer les effets du manque
ressentie des toxicomanes, des fumeurs et des alcooliques. Cette solution
adaptée aux excès de vodka sert aussi à bon nombre de
problèmes de santé.
Une longue liste rapportée par lauteur : maladies nerveuses,
fatigue chronique, migraines, insomnies, hypertension, douleurs musculaires
ou articulaires, traumatismes, séquelles dopérations,
obésité, incontinence, maladie de peau. Lélectro-stimulateur
Bourenko, à lapparence dune couronne métallique
hérissée de pointes, est reliée à un modulateur
électrique. Posée sur le crâne, les pointes font
contact avec six zones sur le front les tempes et ou locciput, lappareil
envoie du courant électrique, on ressent un léger picotement
et bientôt une douce euphorie.
Extrait d'Effervesciences N°43 Vous pouvez commander ce numéro ICI
Régénération
: le coup de pouce électronique
C'est l'un des grands enseignements du XXéme siècle. L'imposition
de champs électriques qui peut accroître ou diriger le développement
cellulaire du vivant. Assez pour faire repousser les os, les muscles ou la
moelle épinière, à l'tmage des animaux " régénérants",
telle la salamandre; Longtemps confidentielles ou dénigrées,
ces recherches sont enfin reconnues à leur juste valeur.
Juillet 2006. 17 chercheurs dispersés de par le monde dévoilent
comment, à laide de simples champs électriques, ils ont
réussi à stimuler ou à contraire retarder la cicatrisation
déchantillons de cornée ou de peau de souris.
Larticle, publié dans la prestigieuse revue scientifique anglo-saxonne
Nature, expose un véritable travail déquipe. Lexpérience
associe des laboratoires duniversités américaines, japonaise,
autrichienne et britannique, dirigés par les professeurs Josef Penninger,
de lInstitut de Biotechnologies Moléculaires de Vienne, Autriche,
et Min Zhao, de lUniversité dAberdeen, en Ecosse.
Dans cet article, les scientifiques montrent comment des champs électriques
précisément dosés, dune intensité comparable
à ceux naturellement présents dans lorganisme, peuvent
orienter et influencer la prolifération cellulaire durant la cicatrisation
dune plaie. Dans le vivant en effet, toute blessure saccompagne
dun courant électrique minime, dénommé courant
de blessure qui sécoule de la surface par le cur
de la lésion.
Mis en évidence dès 1840 par Emile Du-Bois Reymond, lun
des pères de lélectro- physiologie, ce courant na
été mesuré quau début du 20e siècle.
Ses valeurs se comptent en millionnièmes dampères, ou
en volts par millimètre. Les cosignataires de larticle vont aussi
plus loin, en ciblant et contrôlant à laide de ces champs
supplémentaires lexpression de deux gènes distincts, PI(3)K~
et PTEN, impliqués dans la cicatrisation des tissus. Une démonstration
jamais faite jusque là.
La piste du courant de blessure Les champs électriques naturellement
produits par une blessure jouent un rôle pour guider les cellules durant
la cicatrisation résume le chinois Min Zhao.
Ce courant continu, lié à la différence de potentiel
des ions sodium (-) et potassium (+) brassés à travers les membranes
des cellules épithéliales, débute à 4 oA cm-2
et grimpe graduellement jusquà 10 oA cm-2 avant de revenir se
stabiliser entre 4 et 8 oA cm-2.
Accroître la puissance du champ électrique ambiant augmente la
cicatrisation des tissus de la plaie, jusquà un effet maximum
relevé entre 100 et 200 mVmm-1. Une puissance comparable à celles
relevées chez lanimal ou chez lhomme, de 42 à 100
mVmm-1. En jouant sur la polarité de ces champs (cf schéma),
les chercheurs ont pu, à volonté, provoquer en réponse
un regain ou au contraire un retrait des processus de cicatrisation des tissus.
Puis, dans un second temps, afin délucider les mécanismes
cellulaires expliquant cette effet électricité ,
ils ont pu identifier deux gènes essentiels, lun stimulateur
ou lautre inhibiteur, dont lexpression pouvait être activée
ou non par le signal électrique. ioniques des cellules de la cornée.
Leffet électricité Cest lun des grands enseignements
du 20ème siècle. Limposition de champs électriques
peut accroître ou diriger le développement cellulaire du vivant.
Donc pourquoi pas la repousse ?
Depuis 1920, on sait par exemple que placé sous un champ électrique
de quelques dizaines de ovolts par mm, les neurones se ramifient en direction
du pôle négatif de ce champ, la cathode qui attire les électrons.
Dans les mêmes conditions, les cellules musculaires orientent elles
leur croissance à lhorizontale , en restant perpendiculaires
aux deux pôles électriques. Même choses pour les cellules
osseuses, mais cest un peu plus compliqué. Lactivité
électrique est inséparable de la charpente de notre organisme.
Car notre squelette se révèle tout autant conducteur que générateur
délectricité.
Cette capacité particulière, mise en évidence entre 1939
et 1954 par un orthopédiste japonais, Iwao Yasuda, est due à
la structure de nos os. Un sandwich de lamelles semi-cristallines superposant
des couches de protéines (le collagène) et de sel calcium (lhydroxyapatite).
Tordu, pressé, étiré, cest à dire soumis
à un stress dit mécanique, ce mélange collagèneapatite
du squelette produit dans laxe de los des charges électriques
proportionnelles aux microdéformations subies.
Connu sous le terme de piézoélectricité ,
cet effet est typique des semi-conducteurs utilisés dans lindustrie
électronique, comme les cristaux liquides. En fabriquant son propre
potentiel électrique, le tissu osseux, en bon semi-conducteur biologique,
attire et aligne la dépose des fibres de collagène nécessaires
à la formation du tissu calleux. Lui permettant de compenser et consolider
les zones sollicitées en permanence. Ou, en cas de fracture, de se
reconstituer. Pourquoi dès lors ne pas appliquer ces connaissances
au domaine médical ? Des tests menés sur des chiens et des lapins,
entre les années 60 et 70, ont confirmé les espoirs des pionniers
de la bioélectricité.
Extrait d'Effervesciences N° Vous pouvez commander ce numéro ICI
Cancer
, les thérapeutiques alternatives
Le cancer est une maladie qui échappe aux médecins généralistes,
et même à la plupart des spécialistes. Elle est réservée
aux oncologues, selon des protocoles-consensus appliqués implacablement
sur un terrain de bataille toujours plus meurtri : le patient. Ces protocoles,
aussi judicieux soient-ils, mettent plusieurs années avant d'être
établis; Les malades, eux, n'ont que quelques mois d'espérance.
Alors, ils se renseignent et réagissent
Dans notre numéro précédent, nous avons évoqué
différentes approches de la compréhension du cancer, depuis
la cellule initiale dont le comportement dérive, jusquà
léchappement métastatique. Certes, la maladie a un support
cellulaire, proliférant, envahissant. Mais combien de facteurs, tissulaires
de proximité, hormonaux, psychiques, voire extracorporels, sunissent
pour déclencher et entretenir cet alien mortifère ? Pour contrer
ce drame intérieur multifactoriel,
le système médical a opté pour deux stratégies
quasiexclusives : la chirurgie (lexérèse) et, lautolyse
(les rayons, la chimio et récemment les anticorps monoclonaux). Ces
stratégies, dont les succès statistiques sont amplifiés
par les médias, sont non seulement inefficaces pour 60 % des malades,
mais appliqués au poids ou au mètre carré
de peau, elles causent des dommages collatéraux quon
croyait bêtement propres aux militaires
Les médecins généralistes
ne sont plus que des accompagnants de plus en plus confrontés
à des tragédies humaines et professionnelles : leurs patients,
très malades et médicalement en fin de vie, leur objectent le
manque de résultats des traitements, les effets secondaires intenables
et les informations qui circulent sur internet. Et cest bien souvent
par ce canal citoyen que les médecins découvrent la palette
des thérapeutiques alternatives. Celles-ci peuvent se scinder en deux
catégories :
- Les thérapeutiques sur un acquis scientifique de type moléculaire.
On reste dans lallopathie pure et dure, mais avec des chemins différents.
On y trouvera les traitements à base de vitamine C, lIPT, limmunothérapie
homologue, les traitements du groupe Kurosawa, les inhibiteurs Cox2, etc.
-Les thérapies de type énergétique qui agissent
sur les relations énergétiques et informatives de nos corps
physique, éthérique et astral. Ces thérapies, souvent
qualifiées de sectaristes, sont réalisées discrètement,
le plus souvent à linsu des médecins, en appoint ou non
de directives médicales au patient.
Extrait d'Effervesciences N°52 Vous pouvez commander ce numéro ICI
On
les garde affamés pour en faire des ogres de la kératine
Les poissons docteurs.
Jusqu'ici restreints à une seule station hydrothermale en Turquie,
les soins dermatologiques par l'action de petits poissons prennent désormais
une extension mondiale
Ils sont là, alignés par dizaines, appuyés sur le rebord
en escalier de ce bassin deau tiède
Aucun ne nage, leurs
mouvements sont réduits au minimum : ce sont les patient(e)s dune
thérapie quon ne connait pas en France, lichtyothérapie
(ichtyos : poissons).
Ces personnes sont toutes atteintes de maladies chroniques de la peau, généralement
le psoriasis, mais on trouve aussi des ulcères, ou des chéloïdes
(cicatrisations débordantes). Ils sont trois types de poissons, qui
pour soigner ces gens se partagent la tâche : le lenciscus cephalus,
le cyprion mancrotremus et le garra rufa, que lon désigne sous
le nom de poissons médecins.
Les premiers sont des déchireurs, qui attaquent lépiderme
par les bords des lésions, les seconds des perceurs et
les troisièmes, des polisseurs, qui fignolent le travail
des deux premiers. Tous appartiennent à la famille des carpes et leur
réputation fait désormais le tour de la planète
Car cest à Sivas, en Turquie, dans une eau sulfureuse à
36 °, quon la voracité de ces petites bébètes
(en lentretenant dailleurs par un jeûne périodique,
car elles sont vite rassasiées et leur efficacité alors diminue
).
Pour les patients, les cures sont de 21 jours, à raison de huit heures
quotidiennes en contact avec les poissons.
Extrait d'Effervesciences N°54 Vous pouvez commander ce numéro ICI