Si la grande presse
parle parfois du jeûne, cest pour décrire une impressionnante
grève de la faim dun groupe de militants ou pour salarmer
sur les diètes coercitives imposées par un gourou aux victimes
dune secte.
Cest dire si le jeûne na pas bonne presse !
Et ce nest pas le système médical qui viendra améliorer
cette appréciation. Car la pratique du jeûne nest
pas enseignée dans les Facultés. Comme ce nest pas
non plus, un médicament lucratif (parlez-nous plutôt dun
bon coupe-faim, ou dune bonne anti-lipase, de prescription réservée
aux spécialistes ), le jeûne est largement
critiqué par le corps médical, et considéré
définitivement comme une pratique sans intérêt et
plutôt risquée.
Les arguments avancés reposent essentiellement sur une confusion
entre le jeûne et linanition dune part, entre le jeûne
et le diabète dautre part.
Pour la plupart des médecins, le jeûne est dangereux car il
entraîne une atrophie de lestomac (voire des adhérences
entre ses parois
), une lyse des muqueuses digestives par les sucs
de lestomac, un affaiblissement généralisé, des
dèmes, des troubles psychiques, une acidose métabolique,
un déchaussement des dents
Bigre, un tableau épouvantable qui ne correspond pas aux descriptions
nombreuses des jeûnes pratiqués par des ascètes religieux
ou par des militants en grève de la faim , mais beaucoup
plus aux dénutris de Somalie ou des geôles du goulag
A cette confusion, se superpose une pratique médicale systématique,
celle de prendre des forces pour lutter contre la maladie ,
cest-à-dire dentreprendre une suralimentation pendant
la convalescence voire pendant laffection, linappétence
du patient nétant alors pas considérée comme
un langage naturel du corps.
De fait, la maladie est le résultat dune transformation
du corps face à une situation nouvelle et linappétence
a justement pour fonction de mettre à lécart le
système digestif pour éviter toute interférence
entre les transformations internes en cours délaboration,
et les influences extérieures dordre alimentaire.
Dautant que du point de vue énergétique, la digestion
(stockage, digestion, péristaltisme viscéral, transformation
et stockage) est un phénomène ruineux pour lorganisme,
phénomène obligatoire et judicieux en temps normal, mais
sûrement pas dans un tel moment crucial. Cest comme si,
en plein incendie, on convoquait les pompiers pour leur imposer une
bonne choucroute !
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