Hyperactivité, un syndrome diafoirien...

zéro de conduite pour les enfants ou pour la médecine ?



Un sujet social aigu (incivilités précoces à l'école et ailleurs), des médecins incapables de s'entendre sur le début d'un consensus scientifique, s'apprêtent à prendre en main tous les petits "casse-pieds", à partir de trois ans.


Ce qui était du bon Molière, divertissant et franchement drôle, risque de tourner à la tragédie. Le décor est planté, les acteurs en place. Ne restons pas spectateurs !

“ Votre fils est extrêmement agité, il ne tient pas en place, provoque ses camarades, est incapable de se concentrer sur le cours... pour tout vous dire, il désorganise complètement notre enseignement... Nous ne pourrons le garder à l’Ecole que si vous acceptez qu’on le soigne... !”.

Voilà en substance, ce que des milliers de parents convoqués en haut lieu, ont à écouter, avant d’obtempérer et d’accepter la prise en main du “problème” par le corps médical. Alors ces parents se renseignent et ils s’aperçoivent qu’ils ont en charge un grand malade, puisque la maladie est identifiée : c’est l’hyperactivité infantile...

Encore que ce terme soit déjà ringardisé par une appellation plus moderne : le syndrome TDAH - prononcer téda - pour troubles de déficit de l’Attention avec ou sans Hyper activité. La TDAH serait la première cause de consultation en pédopsychiatrie, avec une prévalence qui varie de 0,4 %... à 16 % en fonction des critères retenus.

Selon qu’il s’agit des parents, des enseignants ou des médecins, le vocabulaire utilisé pour décrire ce syndrome va bien sûr varier, mais on retiendra simplement que ces enfants ne parviennent pas à contrôler leur comportement excessif, sont souvent “ailleurs”, et ne comprennent pas qu’on cherche à les faire rentrer dans le rang. D’où une frustration qui débouche sur l’agressivité, larvée puis lâchée, enfin sur une dépression dangereuse car génératrice de conduites suicidaires.

Il existe toute une grille de symptômes, pour les médecins qui servent à déceler la “maladie”, et pour poser un diagnostic positif, au moins six symptômes doivent être relevés, entrant dans les catégories “inattention” ou “hyper-activité/ impulsivité”, et manifestés depuis au moins six mois. Observer et comptabiliser les symptômes, c’est le stade 1 du parcours médical.

Ensuite, il faut interpréter ces signes, et là... les divergences entre médecins confinent au grand écart. Il y a les tenants de la neurobiologie : tout symptôme repose sur une lésion, ou un disfonctionnement organique. Il faut donc rechercher une anomalie cérébrale, qu’elle soit anatomique ou fonctionnelle.
Depuis le développement de l’IRM, on peut effectivement faire apparaître de nombreuses bizarreries, mal discernables, dans des zones diverses (cortex, systèmes limbiques) du cerveau qui commandent l’humeur, la volonté, l’attention... Pour les neurobiologistes, tout est affaire de molécules. Déficit ou trop plein de dopamine, d’acétylcholine, de sérotonine... Sans doute, mais où, et à quel moment ? La réponse thérapeutique est à sens unique : un symptôme, un remède. Pour un hyperactif on prescrira une amphétamine, pour un dépréssif, on donnera plutôt un inhibiteur de capture de sérotonine... Et on verra vite au résultat si le diagnostic était le bon ! Et en face, il y a les tenants d’une approche psychopathologique : les symptômes résultent d’une souffrance mentale, qui aura des implications somatiques (migraines, démangeaisons) et psychiques (anxiété, dépression).

Pour ces médecins, plutôt psychiatres que neurologues, on doit plutôt rechercher et traiter les problèmes organiques qui accompagnent les symptômes, et cerner les facteurs psychiques (historique familial, environnement scolaire...) pour tenter de redresser la barre. Malheureusement, ces deux thèses médicales sont devenues les étendards de deux camps farouchement opposés autant politiquement que scientifiquement. Il a fallu en prime que sur demande de la Caisse nationale d’Assurance maladie, l’Inserm ait publié une étude d’expertise qui pointe du doigt l’inéluctable dérive des enfants hyperactifs, depuis la maternelle jusqu’à l’échec scolaire et social à l’adolescence. Et le besoin “de santé publique” de traiter ces enfants. Vite et bien... donc avec des thérapies expéditives...Le spectre de la pilule d’Orange Mécanique montrait le bout de son nez.

Et les parents dans tout cela ?


Culpabilisés (quelle part d’hérédité douteuse, quelle influence d’une éducation négligée ?), tiraillés entre des conseils et des méthodes de traitements antagonistes, aussi bien en milieu scolaire que dans le monde médical, ils sont un peu à la dérive, et ont vraiment l’impression que leurs enfants sont de véritables cobayes. Car depuis l’explosion d’Internet, les savoirs, les expériences et les témoignages sont à la portée de chacun... et les atermoiements médicaux contemporains apparaissent au grand jour. De plus, il apparaît que si les médicaments ralentissent les débordements les plus aigus, ils n’entraînent pas d’amélioration notable dans les résultats scolaires ou les relations sociales. Selon un texte final de la conférence de consensus sur le TDAH aux Etats-unis, il était clairement établi que “chez les sujets médicamentés, les psy-chostimulants semblent améliorer la concentration et l’effort, tout en minimisant l’impulsivité et augmentant la docilité pour une courte période initiale d’environ 7 à 18 semaines, pour ensuite, perdre toute efficacité (...) Ce qui est préoccupant, ce sont les constats réguliers selon lesquels malgré l’amélioration des résultats scolaires ou des relations sociales.” Alors, ces médicaments si peu efficaces, qui sont-ils et comment agissent-ils ?


Les médicaments psychostimulants


Ce sont les médicaments utilisés en première intention pour des enfants hyperactifs, sous les noms de Ritaline et Concerta. En fait, ils servent de révélateurs : s’ils semblent avoir un effet, on les garde, sinon... c’est qu’on s’est trompé, on proposera alors des antidépresseurs... Les prescripteurs sont très discrets sur l’origine chimique des psychostimulants, mais il faut bien préciser d’entrée que ces produits sont des amphétamines, quelques soit le bricolage moléculaire qu’on ait pu utiliser. Car des molécules de ce type, il y en a des centaines dont certaines sont thérapeutiques (hyperactivité), d’autres “récréatives” (extasy des rave parties), d’autres encore servent de stimulants aux sportifs... qui semblent avoir toujours une molécule d’avance sur les laboratoires d’analyse.

Cet article est extrait du numéro 44

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