L'agriculture de demain
sera t-elle techno ou écolo ?


Prophétisons que les querelles actuelles des OGM ne sont que les hors d'œuvres d'affrontements à venir, plus virulents encore.


Le monde agricole suit les grandes tendances planétaires. Il vient d'entrer dans un écartèlement qui reflète le clivage actuel de la société. Les jusqu'au-boutistes scientifiques foncent sur les nanotechnologies tandis que les cœurs écolos redécouvrent les promesses de cultures en symbiose avec la Nature. Deux approches définitivement opposées ? Peut être… à moins que la Sciences ne découvre en chemin une nouvelle conscience…


Nanoagriculture, un immense champ de bataille


Les experts pronostiquent l’agriculture comme une grosse gourmande de nanotechnologies. Le marché, colossal, se situerait en seconde position mondiale, sur les talons de celui de l’Energie.

L’Asie, d’ailleurs, s’organise progressivement pour en être le chef de file. Un grand nombre de ses scientifiques revient lui apporter les connaissances acquises au sein de laboratoires de pointe européens et américains. ONG, associations et observateurs spécialisés, ont le microscope braqué sur ces coulisses. Ils estiment que, dans un avenir court, à peine 20 ans, l’impact de la “ nano convergence “ sur l’agriculture et l’alimentation surpassera largement la mutation engendrée par la mécanisation agricole ou la Révolution verte. L’un d’entre eux, l’ETC Group, basé au Canada, est l’auteur d’un rapport complet au titre révélateur “ La ferme atomisée “ dans lequel il donne quelques chiffres pour situer le niveau des enjeux actuels : “marché de détail d’une valeur de 3 billions $, le gagnepain de quelque 2,6 milliards d’agriculteurs et le bien-être de tous ceux et celles d’entre nous qui ont besoin des agriculteurs pour manger chaque jour.... “.

Leur but n’est pas de stigmatiser cette technologie, ni de terroriser gens plus qu’ils ne le sont, de toute manière, via les grands médias. Ils agissent simplement, avec d’autres, pour susciter des débats sérieux et informer le public de ce qui se cache sous son assiette.

Mais qu’y a t-il donc au fait dans les charrettes de ces ingénieurs ? Des nanocatalyseurs destinés à transformer l’huile végétale en carburant, des nanocapteurs pour surveiller la santé ou la soif des plantes, des nanosystèmes capables de jouer au docteur avec les animaux, des nanolaboratoires pour imiter le faiseur de pluie et contrôler le microclimat autour d’une zone déterminée, etc. Les idées tombent déjà averse. Nanomachins, choses ou trucs, le préfixe “ nano “ est autant à la mode d’un côté ... que le “ bio “ l’est de l’autre. Soyons lucides !

Dans une société où l’économie a rang de divinité, toutes les astuces sont permises du moment qu’elles sécurisent et évitent les questions embarrassantes.

Cet article est extrait du numéro 52

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