Pourquoi la vie s'est-elle
fixée sur terre ?



Dans le système solaire, la vie organique est un phénomène singulier, de faible ampleur, fragile et improbable, localisé, "posé" sur la planète Terre.

La Vie est une facette de l’énergie universelle. Elle peut être considéré comme une contrainte pouvant se dissiper dans un milieu capable de l’accueillir avec une possibilité d’une restitution conservatrice et n’étant durable que s’il y a échanges, c’est-à-dire une adaptation réciproque. Pourquoi la Vie s’est-elle fixée, structurée, développée et maintenue sur la Terre ?
C’est grâce à l’association de l’Eau, de l’Air, du Soleil et d’un support stable. Mais ce n’est pas suffisant : d’autres planètes ont pu à un moment de leur “histoire” cumuler ces conditions sans être porteuses de vie.

Le visiteur de l'espace pourrait-il deviner que cette planète apparemment sereine ... comprend ...
Dans l’Enfer de l’Environnement Solaire, la Vie a trouvé refuge, au point de rencontre où un savant agencement à réduit les excès. Cette nécessaire différence est le résultat d’une évolution très lente, au rythme d’un ensemble démesuré à la recherche d’un équilibre ; ce rythme s’est imposé à celui de l’évolution de la vie (voir encadré 1).

La Terre est structurée par la superposition de couches concentriques ayant des caractéristiques rhéologiques particulières,séparées par des zones de transition ou des discontinuités. Les couches solides alternent avec les couches “liquides” (de faible viscosité) et tournent avec des vitesses différentes comme les disques d’un embrayage. Le noyau tourne plus vite à raison d’une révolution en plus, tous les 2 400 ans. Ce montage n’est pas fortuit ; il a pour but de répartir, compenser, dissiper et d’amortir les effets des divers processus mécaniques et énergétiques : il permet une rotation sans secousse, une réduction de la densité de 16 à 2,7 et de la température interne de 4 000° à 0 degré depuis le centre de la sphère jusqu’à la surface.
L’Asthénosphère (entre 350 et 100 km de profondeur) est le siège d’un puissant brassage de matière par des mouvements de convection qui peuvent entraîner la déformation de la Lithosphère et établir un équilibre isostatique.

La Lithosphère est la couche superficielle (70 km sous les océans, le double sous les continents) qui subit des déformations et des ruptures dues au déplacement des plaques rigides qui glissent sur le substratum visqueux à la recherche d’un équilibre des masses, selon les variations cinétiques de la rotation terrestre (déplacement des pôles). L’Ecorce terrestre, partie superficielle de la Lithosphère (10 à 70 km) est un empilement de strates de terrains séparées par des surfaces de discontinuités générant des glissements différentiels, provoquant des plissements ou des ruptures qui réduisent la brutalité des contraintes. La multitude des réseaux de discontinuités (failles, fractures, fissures...) qui affectent l’écorce terrestre lui donnent une souplesse par le jeu des microajustements. Dans l’écorce terrestre, la température chute de 1 200 ° à zéro degré soit un gradient géothermique moyen de 1 ° tous les 33 mètres.

L’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre est quelque peu stabilisée par l’influence gravitationnelle de la Lune ; sans elle, la Terre aurait un comportement chaotique nuisible à la vie. Il existe 1620 espèces minérales et la stratigraphie des temps fossilifères (570 millions d’années) différencie 69 étages géologiques : le règne minéral est très dynamique. Plus on s’approche de la surface terrestre, plus la multiplicité et la diversité des conditions sont favorables à l’adaptation de la Vie.


Le Sol est le terme ultime du géoïde solide,
et le terreau de la vie continentale


Les roches affleurantes de la Lithosphère sont soumises à des agressions mécaniques, chimiques et atmosphériques. Elles se fragmentent et forment un manteau de débris meubles ou agrégés, qui devient une terre si les particules fines dominent mais elle n’évolue vers un Sol qu’avec la participation active d’organismes vivants. Un Sol est vivant : il naît, évolue et meurt. La classification pédologique traduit le haut degré de diversification et d’adaptation de la surface terrestre soumise à denombreuses contraintes. L’épaisseur des sols varie de 0 à 160 cm, rarement plus de 2 mètres.
Le sol respire, assimile la matière minérale, synthétise les substances organiques, et cela dans un équilibre dynamique. C’est par le sol que les éléments minéraux sont incorporés dans la matière vivante.


L’Eau, principe de vie

La Terre est la seule planète à posséder de l’eau liquide. L’orbite de la Terre dans sa rotation autour du Soleil, la maintient à une distance adéquate ; la terre a un champ degravité suffisant pour retenir l’eau à sa surface. Les mers et les océans - berceau de la Vie - occupent 70,8 % de la surface terrestre et mobilisent 97,2 % du volume total d’eau de la planète. (1,36 milliards de km3).
Sur les continents, seulement 1 % est utilisable pour le monde vivant dont l’eau représente 70 à 95 % du poids.

L’Océan est un réservoir thermique qui reçoit par radiationautant de chaleur que les continents. Cette chaleur est stockée puis restituée lentement d’un façon décalée par rapport à la restitution terrestre, assurant une régulation thermique dans le maintien de l’équilibre climatique de la planète. Les différences de température et de salinité entre les eaux de surface et des profondeurs, provoquent des échanges et participent à la circulation océanique et à la stratification des eaux. L’Océan intervient d’une façon mécanique dans la régulation de la rotation de la Terre en absorbant les excès de l’attraction Lunaire (marées), en se déformant pour freiner la force des vents (vagues, houles) et en dissipant l’énergie de la force de Coriolis.

La pénétration des radiations solaires et de la lumière, favorise l’activité bio-chimique et la photosynthèse (jusqu’à 100 à 200 m de profondeur). L’eau sous forme de glace occupe 11 % de la surface descontinents ; elle représente le stockage d’eau partiellement douce et l’équivalentd’une remontée des océans de 10 à 15 mètres. L’évaporation pouvant être assimilée à une épuration, les mers et les océans sont des réserves potentielles d’eau douce, mais seulement 1/4 de l’eau évaporée sur les océans se précipite sur les continents.

L’Atmosphère La planète Terre ne se limite pas au géoïde. Elle est noyée ans un “océan aérien” (épaisseur 800 km) protégé des ardeurs duplasma Solaire par la cavité de “ l’Environnement Terrestre “. Tout comme la sphère terrestre, l’atmosphère présente une stratification complexe. Entre 0 et 800 km, le jeu alterné de 8 étages permet d’amener la température de 1 600° (à 800 km) jusqu’à la température de la surface du sol.

Dans la basse atmosphère le gradient moyen est de 6° au km. La masse d’air essentielle se réduit à un film dont l’épaisseur est de 0,23 % celle du rayon terrestre. Les 9/10 de la masse de l’air se trouvent dans les six premiers km de l’atmosphère. Cette couche se laisse traversée par les rayons solaires sans s’échauffer, mais elle retient la chaleur réfléchie par la Terre.

Au contact du sol, les premiers 160 cm sont spécifiques de la Biodiversité, avec une grande variabilité de l’amplitude thermique et de l’humidité relative ; le freinage du vent observé au ras du sol, cesse au-dessus de 8 mètres. Les échanges d’énergies dans la basse atmosphère règlent les phénomènes thermiques, les courants atmosphériques et océaniques, ainsi que les climats.
Entre 15 et 50 km la “ couche d’ozone “ qui a une densité maximum à 25 km, retient la plus grande partie des rayons ultra-violets. Le gaz ozone réuni ne formerait qu’une couche de 3 à 5 cm d’épaisseur. La basse atmosphère apporte l’énergie dosée du soleil, filtre la lumière nécessaire pour la photo-synthèse, fournit les gaz utiles pour le métabolisme des vivants, participe au cycle de l’eau et au cycle - érosionsédimentation (action éolienne, … une hydrosphère en pleine expansion ... pluie-neige-gel) et transporte le pollen.

Au delà de 800 km d’altitude, débute la Cavité de l’Environnement Terrestre “, immense cocon protecteur de la minuscule graine “ Terre “ (la Magnétosphère). Son enveloppe est un bouclier hémisphérique situé à 60 000 km de la Terre (côté Soleil).
La Magnétosphère est une zone de dissipation du plasma solaire ; le vide est semblable à celui créé en laboratoire. Ce plasma très dilué est géré par le champ magnétique terrestre, qui maintient la Cavité creusée dans le plasma solaire. A la périphérie de la Cavité, une couche turbulente et chaude épaisse de 13 600 km et limitée par l’onde de choc sert de transition régulatrice.

Dans la Cavité, des zones particulières contribuent à la propagation et à la répartition des énergies magnétiques et qui sont autant de filtres actifs ou passifs. L’ensemble se déplace autour du Soleil à la vitesse de 106 000 km/h.


Le Soleil, source de l’Energie


L’énergie rayonnante du Soleil est quasiment la source de toute vie sur la Terre. La Vie est tombée du Ciel, avec l’eau et l’Energie Solaire ; il a plus des molécules organiques pendant 500 millions d’années avant l’apparition de formes primitives qui évolueront durant 2,5 milliards d’années pour donner des algues microscopiques et des protozoaires ; ce n’est qu’au début de l’ère Primaire (- 600 millions) que la Vie prend des formes organisées et nombreuses, toutes confinées dans les mers : la Terre était alors âgée de 4 milliards d’années !
Comment se fait-il que l’eau qui est dans mon verre soit totalement immobile et que la Tour Eiffel soit encore debout ?

La planète Terre n’est qu’un minuscule grain de poussière emporté dans des tourbillons vertigineux ; elle tourne sur elle-même à la vitesse de 1 660 km/h (à l’Equateur), gravite dans l’orbite Solaire à 106 000 km/h, avec l’ensemble du Système Solaire, elle s’envole à plus de 777 000 km/h dans la ronde galactique et, dansle souffle du Big Bang, est propulsée à une vitesse voisine de celle de la lumière. (Et cela sans bruit, car nettement au-delà de la vitesse du son).

Cet article est extrait du numéro 33

Articles sur le même sujet pouvant vous intéresser :

L'agriculture de demain sera t-elle techno ou écolo ?
Les jachères apicoles : biodiversité favorable
Des méduses dans les filets
La vie sans l'eau
Sauvons les Dolines
Tombe la neige
Les vallées sèches
Sommaire des articles parus sur Effervesciences.com