Poissons docteurs :
on les garde affamés pour
en faire des ogres de la kératine



Jusqu'ici restreints à une seule station hydrothermale en Turquie, les soins dermatologiques par l'action de petits poissons prennent désormais une extension mondiale…


Ils sont là, alignés par dizaines, appuyés sur le rebord en escalier de ce bassin d’eau tiède… Aucun ne nage, leurs mouvements sont réduits au minimum : ce sont les patient(e)s d’une thérapie qu’on ne connait pas en France, l’ichtyothérapie (ichtyos : poissons).

Ces personnes sont toutes atteintes de maladies chroniques de la peau, généralement le psoriasis, mais on trouve aussi des ulcères, ou des chéloïdes (cicatrisations débordantes). Ils sont trois types de poissons, qui pour soigner ces gens se partagent la tâche : le lenciscus cephalus, le cyprion mancrotremus et le garra rufa, que l’on désigne sous le nom de “poissons médecins”.

Les premiers sont des “déchireurs”, qui attaquent l’épiderme par les bords des lésions, les seconds des “perceurs” et les troisièmes, des “polisseurs”, qui fignolent le travail des deux premiers. Tous appartiennent à la famille des carpes et leur réputation fait désormais le tour de la planète… Car c’est à Sivas, en Turquie, dans une eau sulfureuse à 36 °, qu’on la voracité de ces petites bébètes (en l’entretenant d’ailleurs par un jeûne périodique, car elles sont vite rassasiées et leur efficacité alors diminue…). Pour les patients, les cures sont de 21 jours, à raison de huit heures quotidiennes en contact avec les poissons.

Cet article est extrait du numéro 54

Articles sur le même sujet pouvant vous intéresser :

Cancer : les thétapeutiques alternatives
Régénération : le coup de pouce électronique
Russie, pays précurseur des thérapies neuroélectriques
Soins transcraniens, le cerveau sous influence